P. Malatier (K&P Finance) : "La notion de valeur refuge tend à évoluer"

La baisse des marchés financiers inquiète de nombreux épargnants. Comment les conseillers en gestion de patrimoine les conseillent-ils ? Philippe Malatier, fondateur et associé de K&P Finance, nous explique comment son cabinet accompagne ses clients dans cette période mouvementée.
Philippe Malatier

La baisse des marchés financiers inquiète de nombreux épargnants. Comment les conseillers en gestion de patrimoine les conseillent-ils ? Philippe Malatier, fondateur et associé de K&P Finance, nous explique comment son cabinet accompagne ses clients dans cette période mouvementée.

Décideurs. Comment avez-vous communiqué auprès de vos clients après la chute des marchés ?

Philippe Malatier. Nous avons fait preuve de réactivité. Nous avons organisé un premier mailing à nos clients pour leur expliquer la situation et adopter une position rassurante. Bien sûr les marchés ont baissé mais l’impact sur les contrats de nos clients correspondait à leur profil de risque. Nous avons également envoyé une newsletter pour leur préciser notre plan de continuité d’activité. Toutes nos équipes étaient ainsi en télétravail, à leur disposition pour répondre aux questions. De manière générale, nos clients n’ont pas une appétence très forte pour les marchés financiers. Nos portefeuilles sont donc très largement investis sur des placements sans risques ou à faible volatilité.

Comment bien conseiller ses clients dans le contexte épidémique et économique actuel ?

La priorité est de respecter le profil de risque des clients, être le plus en adéquation possible avec leurs objectifs patrimoniaux. L’allocation d’actifs proposée doit pouvoir s’adapter à n’importe quel environnement de marché. Ces périodes de forts mouvements nous rappellent également les vertus de la diversification. Un portefeuille diversifié apporte, en effet, une meilleure maîtrise de la volatilité. La notion de valeur refuge tend aussi à évoluer. Nos convictions vont s’orienter vers les marchés à forte valeur ajoutée et le secteur de la technologie. Depuis le début de l’année, le Nasdaq a d’ailleurs très bien résisté. Il est quasiment devenu une valeur refuge. Les grandes entreprises américaines offrent un modèle plus résilient sur le long terme et mieux adapté aux évolutions de la société. Nous privilégions, à ce titre, le style de gestion « growth », centré sur les entreprises de croissance, plutôt que le style « value » qui cible des titres décotés. À notre sens, ce n’est pas parce qu’une valeur est basse qu’elle va remonter. Le marché offre une prime aux entreprises qui parviennent à créer de la croissance.

"Ces périodes de forts mouvements nous rappellent les vertus de la diversification"

Qu’en est-il pour les produits structurés et les fonds investis en immobilier ?

La période offre un bon point d’entrée sur les structurés. Ces produits ont clairement un intérêt pour nos clients. Concernant les fonds immobiliers, je suis plus mesuré. Il ne faut pas y aller la fleur au fusil. Ces placements ne sont pas exempts de risque. Que se passerait-il en cas de vague de retrait ? L’effet domino pouvant être provoqué serait très dommageable pour les épargnants.

Les rendements des fonds en euros ne cessent de chuter. Quelle place ont-ils dans les portefeuilles de vos clients ?

Ils ont encore leur rôle à jouer. Les fonds en euros permettent de protéger l’épargne des clients les plus prudents ou de limiter la volatilité au sein des allocations. Un rôle qui ne peut pas être dévolu aux produits structurés malgré leurs barrières de protection ou aux fonds immobiliers. 60 % de nos portefeuilles sont investis sur des fonds en euros. Des positions qui matérialisent les aspirations et le profil de risque de nos clients. Le métier de CGP est d’écouter son client. Si la période est aussi propice à augmenter son exposition aux unités de comptes, il faut savoir le faire en prenant en compte le profil de risque de nos clients.

AF

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