P. de Passorio (Adyen) : "Nous sommes les seuls à gérer toute la chaîne de valeur du paiement"

Fondée en 2006, la plateforme Adyen permet de gérer tous les règlements en ligne ou en magasin dans le monde. En 2018, la fintech néerlandaise s’introduisait en Bourse et pèse aujourd’hui plus de 65 milliards d’euros, soit une valorisation multipliée par neuf en moins de trois ans. Philippe de Passorio, Managing Director France et Italie d’Adyen, revient sur les raisons de ce succès.

Fondée en 2006, la plateforme Adyen permet de gérer tous les règlements en ligne ou en magasin dans le monde. En 2018, la fintech néerlandaise s’introduisait en Bourse et pèse aujourd’hui plus de 65 milliards d’euros, soit une valorisation multipliée par neuf en moins de trois ans. Philippe de Passorio, Managing Director France et Italie d’Adyen, revient sur les raisons de ce succès.

Décideurs. Comment expliquez-vous ces belles performances en Bourse ?

Philippe de Passorio. L’industrie du paiement, construite il y a près de 40 ans, a considérablement évolué et tous les grands leaders du e-commerce tels que e-Bay, Leboncoin ou encore Uber avaient besoin d’une solution adaptée, fiable et facile d’utilisation et qui ne soit pas la combinaison de plusieurs plateformes, pour être à même de réaliser un paiement. L’écosystème en la matière étant par ailleurs très régulé, un e-commerçant qui a une envergure mondiale va devoir signer au total plus d’une centaine de contrats différents avec des prestataires pour être en mesure de récupérer l’argent des futurs e-shoppers. Il devra également réaliser une centaine d’intégrations techniques pour pouvoir processer des paiements.

"100% de nos investissements R&D concerne l’innovation car nous n’avons ni dette technique à gérer, ni de maintenance spécifique à réaliser"

Adyen est arrivé en 2006 sur ce marché avec un concept très simple de "paiement-as-a-plateform" après avoir réalisé en amont tout ce travail d’intégration et de régulation avec les régulateurs locaux, permettant ainsi aux clients de gagner un temps précieux et se concentrer sur leur business. Notre autre grande force : 100% de nos investissements R&D concerne l’innovation car nous n’avons ni dette technique à gérer, ni de maintenance spécifique à réaliser. Nous devons simplement faire évoluer notre produit donc innover sans cesse pour être capable de répondre aux besoins du client.

Qui sont vos principaux concurrents ?

Nous avons quelques concurrents locaux sur des branches particulières du paiement – notamment l’e-commerce –, mais nous n’avons pas de concurrent direct qui possède la même stratégie d’omnicanal avec cette envergure internationale, et qui soit capable, comme la plateforme d’Adyen, de gérer toute la chaîne de valeur du paiement aussi bien en ligne qu’en magasin. Et ce, de telle sorte que nous serons toujours moins chers que la somme de tous les prestataires indispensables à la construction de ce processus.

"Nous serons toujours moins chers que la somme de tous les prestataires indispensables à la construction du processus de paiement"

Nous sommes aussi beaucoup plus agiles et leur permettons de rapidement se lancer à l’international, de respecter les nouvelles réglementations telles que la DSP2 [Directive européenne sur les services de paiement publiée au Journal Officiel UE L 319 du 5 décembre 2007, Ndlr], mais aussi d’adopter les dernières tendances de paiement, comme WeChat, Apple Pay ou Pay By Link. Par ailleurs, selon une étude réalisée par l’institut Forrester, notre plateforme permet d’augmenter la conversion de 1,43% (voir étude ici : https://www.adyen.com/fr_FR/croissance/livres-blancs/rapport-de-forrester-sur-le-traitement-offert-par-adyen), car elle est plus efficace.

Qui sont vos clients en France ?

Nous avons plus de 350 clients en France. Parmi eux Deezer, Leboncoin, Kapten (ex-Chauffeur privé), Etam, Zadig & Voltaire, Rossignol, ShowroomPrivé, Vestiaire Collective ou encore Backmarket. Ces deux derniers clients sont des places de marché qui constituent un relais de croissance pour Adyen et une évolution naturelle de l’activité.

Avez-vous internalisé les développements informatiques ?

Nous sommes 100% propriétaires de la technologie et comme nous gérons l’ensemble de la chaîne, nous sommes extrêmement agiles et rapides pour répondre en direct aux clients en cas de problème. Notre plateforme est la même pour tous les commerçants, c’est un produit standard, c’est aussi ce qui nous permet d’être très agiles.

Vous avez lancé une offre de carte de paiement. Quelles sont vos ambitions ?

Notre mission consiste à répondre aux vrais besoins du commerçant. Raison pour laquelle nous avons développé une offre d’émetteur de cartes de paiements, "Adyen Issuing". Nous n’avons pas l’ambition de vendre cette carte dans l’univers du retail, comme le font aujourd’hui les banques, mais de répondre aux besoins business de nos clients existants.

Cette offre encore récente [lancée en novembre 2019, NDLR] est destinée à proposer un service supplémentaire aux clients qui le souhaitent. Elle leur permettra d'utiliser les cartes dans de nombreux cas d'usage, dont, notamment celui d'effectuer des pay-outs sur des cartes en marque blanche auprès des marketplaces, et qui pourront être utilisées partout par leurs clients finaux.

Propos recueillis par Anne-Sophie David

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