P. Couesnon (AbbVie) : "L’égalité professionnelle ne constitue plus un enjeu en tant que tel"

Distinguée au palmarès Best Workplaces for Women® 2020, AbbVie possède un index 2019 de l’égalité professionnelle femme-homme de 92/100. Patrick Couesnon, le DRH France, donne les ingrédients d’une recette gagnante car permettant de lier innovation et inclusion.

Distinguée au palmarès Best Workplaces for Women® 2020, AbbVie possède un index 2019 de l’égalité professionnelle femme-homme de 92/100. Patrick Couesnon, le DRH France, donne les ingrédients d’une recette gagnante car permettant de lier innovation et inclusion.

Décideurs. Quelle est la place des femmes chez AbbVie ?

Patrick Couesnon. Centrale ! Plus de sept collaborateurs sur dix sont en effet des collaboratrices, comme dans la majorité des entreprises de l’industrie pharmaceutique. Néanmoins, chez nous, les femmes occupent des postes-clés. 62% d’entre elles exercent une fonction de manager et notre comité de direction reflète l’exigence de parité puisqu’il compte 56% de femmes parmi ses membres. Ces bons chiffres, cohérents pour l’acteur du soin que nous sommes, témoignent surtout de notre engagement en faveur de l’inclusion en général, de l’égalité femme-homme en particulier. Un engagement salué en interne mais pas seulement. Si 93% des collaborateurs considèrent AbbVie comme une entreprise inclusive, celle-ci figure aux palmarès Great Place To Work® et, depuis cette année, Best Workplaces for Women®. Cette distinction nous a été accordée sur la base de plusieurs critères dont l’index de l’égalité professionnelle qui, en ce qui nous concerne, se situe au-dessus de la moyenne, à 92%. 

Concrètement, comment parvient-on à atteindre un score de 92/100 ?

Dès lors que l’on s’attache à traiter chacun de façon égale, avec dignité et respect, les choses se font assez naturellement. Nous avons tout particulièrement œuvré à favoriser la flexibilité et faciliter le quotidien des collaboratrices. Crèches, service de conciergerie, salle avec des frigidaires pour permettre aux jeunes mères de tirer leur lait : autant de dispositifs qui visent précisément à alléger des charges parentales qui leur échoient encore trop souvent. Mais, si notre index a connu une augmentation par rapport à 2018, c’est parce qu’il nous tient à cœur d’améliorer en continu notre politique RH. Ainsi, à leur retour de congé maternité, les femmes voient désormais leur salaire systématiquement revalorisé. Le sujet de l’égalité professionnelle fait donc l’objet d’une surveillance de tous les instants, mais il ne constitue plus un enjeu en tant que tel. Chez AbbVie, l’égalité est une réalité. 

"Notre comité de direction compte 56% de femmes parmi ses membres"

Mais la crise que nous traversons n’a-t-elle pas justement montré combien cette égalité était fragile ? Comment rester vigilant ? 

Les lois, index et autres dispositions réglementaires garantissent que les efforts pour l’égalité ne se relâchent pas. Néanmoins, je crois qu’ils ne doivent pas prendre le dessus sur la culture. Cet arsenal normatif aide à asseoir la culture de l’égalité, mais sans s’y substituer. Notre culture de l’innovation nous protège de l’amnésie. En effet, la richesse de notre collectif puise sa source dans la diversité des expériences et des collaborateurs. C’est grâce à cette intelligence collective et à cette ouverture à l’autre qu’AbbVie se démarque comme une entreprise innovante, capable de se transformer et de s’adapter, quel que soit le contexte. Seule une culture de l’inclusion de tous les talents dans leur diversité, sans distinction de genre, rend possible la créativité et l’innovation. 

Quels autres points de vue AbbVie devrait-elle davantage embrasser ?

AbbVie gagnerait à recruter davantage de personnes en situation de handicap. Nous répondons certes à l’obligation légale qui fixe à 6% le taux d’emploi de personnes handicapées dans les entreprises de 20 salariés et plus, mais nous devons aller plus loin. Cela suppose, bien sûr, de faire le nécessaire pour que nos entreprises représentent pour elles un lieu accueillant où travailler et s’épanouir et non un terrain miné et semé d’embûches. Mais, au-delà de cet aspect matériel, je suis convaincu qu’AbbVie a beaucoup à apprendre des personnes en situation de handicap. Combattantes du quotidien, elles font preuve de motivation exemplaire. Leur résilience et leur engagement les rapprochent des sportifs de haut niveau, ce qui à terme peut se transformer en avantage compétitif. L’embauche de travailleurs handicapés s’inscrit surtout parfaitement dans la culture de l’innovation d’AbbVie. Braver les préjugés et les idées reçues, sortir des schémas classiques : un détail pour les personnes en situation de handicap mais une nécessité pour toute entreprise qui souhaite se développer. 

Propos recueillis par Marianne Fougère

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