Oliver Wild, le nouveau visage de l’Amrae

Oliver Wild, le nouveau visage de l’Amrae

© Amrae

Olivier Wild, le nouveau président de l'Amrae

L’association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae) s’est trouvé un nouveau président en la personne d’Oliver Wild. L’homme d’expérience a été élu ce lundi 6 juillet 2020 par le conseil d’administration de l’Amrae pour un mandat de trois ans.

C’est désormais officiel : Oliver Wild, Chief Risk Insurance and Internal control coordination officer de Veolia, succède à Brigitte Bouquot à la tête de l’Amrae et devient à quarante-quatre ans le plus jeune président de l’Association. Reconnu pour sa maîtrise de la gestion des risques et de l’assurance, le franco-anglais a su convaincre le conseil d’administration de lui donner sa confiance pour poursuivre les missions de l’association parmi lesquelles l’accompagnement des entreprises dans la mise en place d’une stratégie globale de gestion des risques.

L’expérience australienne

En 2000, Oliver Wild quitte la France pour l’Australie et intègre la Macquarie University de Sydney. Son objectif ? Devenir gestionnaire de projets pour pouvoir « discuter tant avec des biologistes marins que des développeurs urbains » sur de nombreuses thématiques liés à l’environnement, un tour d’horizon très intéressant. Une fois son master en développement durable en poche, il commence sa carrière professionnelle en tant qu’auditeur au sein du pôle conseil de KPMG à Sydney où il avait déjà effectué un stage quelques années auparavant. Il est alors en charge de développer le service d’audit développement durable du cabinet de conseil international, une mission passionnante mais peu évidente dans un monde de l’audit principalement tourné vers l’audit financier. « Ce fut une belle expérience, explique-t-il. J’ai apprécié la diversité des clients ainsi que le côté très terrain et stratégique des missions. » À son arrivée, seules deux personnes travaillaient sur le sujet du développement durable. Neuf ans plus tard, pas moins de quarante collaborateurs composaient l’équipe. « Nous étions comme une start-up dans un cabinet », ajoute-t-il.

En 2009, Oliver Wild décide de revenir en France à la suite de la naissance de son fils. « J’avais promis à ma femme que nous resterions deux ans en Australie et finalement, dix ans se sont écoulés ! ». Bien intégré, le jeune père de famille n’a pas vécu cette période comme un expatrié et a été marqué par la qualité de vie qu’offre le pays d’Oz : « surfer au petit matin ou aller au bureau en bateau », précise-t-il.

Un nouveau départ pour une nouvelle vie

De retour en France, Oliver Wild bascule du monde du conseil à celui de l’entreprise en frappant à la porte de Veolia qu’il rejoint en avril 2009 au sein de l’audit interne. « Je voulais travailler dans un groupe à dimension internationale, soucieux du développement durable ». Centralisée à Paris, son équipe couvrait toutes les activités de l’entreprise, une parfaite entrée en matière pour l’homme de conseil. « C’était pour moi le meilleur moyen de comprendre les activités de Veolia », indique-t-il. Oliver Wild passe alors beaucoup de temps sur le terrain et se crée un réseau, passage obligé pour bien saisir les risques auxquels sont confrontés les opérationnels et les maîtriser. Fort de cette expérience, il accède en 2013 au titre de directeur des risques et assurances. Une association gagnante selon lui : « Le risk manager dispose d’une excellente compréhension des risques. C’est la personne la mieux placée pour discuter avec les assureurs des risques que l’entreprise veut couvrir et avoir des polices adaptées ». Mais les missions d’Oliver Wild ne s’arrêtent pas là. Le francilien d’origine, qui est alors l’un des plus jeunes risk managers du CAC40, est également en charge de la coordination du contrôle interne : il met en place un plan d’action visant à maîtriser le risque et à assurer la qualité et la cohérence des missions de contrôle interne, allant des risques financiers aux risques achats. 

D’adhérent à président

Oliver Wild adhère à l’Amrae en 2013 lorsqu’il prend la direction des risques et des assurances de Veolia : « C’est le forum où l’on peut échanger sur les deux sujets avec l’ensemble des acteurs du secteur, nous explique-t-il. Nous avons toujours à apprendre des autres ». Ce qu’il apprécie dans l’association ? Les réflexions qu’elle mène sur les risques et enjeux de demain dans un large périmètre allant du social à l’économie et à la politique, mais également sa gouvernance collégiale. Trois ans plus tard, il devient administrateur de l’Association avant d’en devenir le président le 6 juillet 2020.

Candidat idéal grâce à sa maîtrise tant de la cartographie des risques que de l’assurance, l’homme de quarante-quatre ans a su rassurer les administrateurs sur son niveau d’engagement quant à la fonction. Oliver Wild a également obtenu l’accord de Veolia, condition sine qua non, pour assumer cette nouvelle casquette et a pris le temps d’en discuter avec ses équipes pour qu’elles le soutiennent dans cette mission. « Je souhaite que mes collaborateurs y voient une valeur ajoutée », précise le jeune président.

Continuité et innovation

Oliver Wild ne compte pas présenter une feuille de route révolutionnaire mais prône une continuité des missions engagées sous le mandat de Brigitte Bouquot et des objectifs fondamentaux de l’Amrae qui font son succès. « Nous sommes très proches du terrain. Nous comprenons les défis associés au monde du risk management, la vie de l’entreprise et le marché des assurances. Nous pouvons apporter des réponses et accompagner les adhérents dans leurs défis », précise-t-il. Depuis quelques années, notamment grâce à la pugnacité de Brigitte Bouquot, l’Amrae est devenu un interlocuteur incontournable auprès des institutions pour porter la parole des entreprises. Une mission que souhaite bien évidemment poursuivre Oliver Wild afin que l’association reste force de proposition dans un débat public parfois bancal et poursuive son engagement auprès des PME pour leur donner les clés d’une bonne gestion des risques et les rendre résilientes. « C’est tout le tissu économique qui doit être résilient », indique-t-il.

Le franco-anglais souhaite par ailleurs faire preuve d’innovation en créant la « Maison de l’Amrae », un lieu au sein duquel tous les adhérents pourront interagir tout au long de l’année. « Nous souhaitons développer des interactions plus fréquentes entre les adhérents pour qu’ils puissent s’entraider plus que jamais, ainsi qu’améliorer la qualité du dialogue entre adhérents et partenaires », nous explique Oliver Wild. Cela permettra notamment aux assureurs et aux risk managers de mieux comprendre leurs contraintes respectives. « Il faut se donner le moyen de ses ambitions », ajoute le nouveau président. « Nous cherchons de nouveaux locaux afin de disposer d’un espace suffisamment grand nous permettant d’accueillir plus régulièrement nos adhérents, tant dans le cadre de formations que d’échanges informels ». L’Amrae devrait donc avoir un nouveau siège dans les mois à venir. Une belle perspective pour l’Association qui compte toujours plus de membres dans une période où les risques fleurissent, en témoigne la crise sanitaire du Covid-19.

Les prochaines rencontres auront lieu à Deauville du 3 au 5 février 2021 et pour thème "La sagesse du risque pour une immunité collective". L'édition 2020 avait rassemblé plus de 3 000 participants. 

Margaux Savarit-Cornali

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