Olivier Goy (Lendix) : « Une entreprise a une réponse sous 48 heures »

Créée en 2014, Lendix, dirigée par Olivier Goy, ne cesse de se développer. Preuve en est, la Banque européenne d’investissement compte depuis peu parmi ses prêteurs, en ayant injecté 18,5 millions d’euros dans la plateforme. Une success-story qui fait de Lendix la seule fintech française dans le Top 50 du classement KPMG H2 ventures, pour la deuxième année consécutive.
Olivier Goy, fondateur de Lendix

Créée en 2014, Lendix, dirigée par Olivier Goy, ne cesse de se développer. Preuve en est, la Banque européenne d’investissement compte depuis peu parmi ses prêteurs, en ayant injecté 18,5 millions d’euros dans la plateforme. Une success-story qui fait de Lendix la seule fintech française dans le Top 50 du classement KPMG H2 ventures, pour la deuxième année consécutive.

L’arrivée de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) marque un vrai tournant dans votre développement. Cela modifie-t-il votre mode de fonctionnement ?

Non, cela nous permet seulement de changer de dimension et de gagner en crédibilité. En termes de crowlending, la BEI n’a pas eu d’impact sur notre fonctionnement : à savoir 30 % d’investisseurs particuliers (nous avons passé la barre des 10 000 actifs) et 70 % d’institutionnels. Donc sur chaque projet il a toujours des particuliers. La BEI a décidé d’investir dans des plateformes de prêt et nous sommes la première qu’elle ait choisie à ce jour en Europe continentale. Nous avons également levé auprès de Bpifrance, Groupama, CNP Assurances et Matmut. Au total, nous avons recueilli 90 millions d’euros et nous aurons prêté la totalité d’ici la fin de l’année à des PME qui cherchent à emprunter entre 30 000 à trois millions d’euros avec un prêt moyen d’environ 350 000 euros.

Comment vous démarquez-vous par rapport aux banques ?

Nous avons deux valeurs ajoutées certaines. Tout d’abord, la vitesse de prise de décision. Chez Lendix, une entreprise a une réponse en 48 heures et l’argent en trois jours. Là où dans le circuit bancaire traditionnel ça peut prendre un ou deux mois, voire beaucoup plus. C’est grâce à la technologie que l’on peut proposer un service aussi rapide, il y a toute une série d’étapes automatiques qui se déroulent en trente secondes et qui nous fournit une analyse crédit. Les banques ne pourraient pas travailler ainsi car elles ont un système ancien à entretenir. Alors que les fintechs, elles, ont l’opportunité de partir de zéro et de développer des technologies sans "héritage". La deuxième chose, c’est que nous avons des conditions d’accès plus clémentes : aucune caution, aucune garantie ni assurance ne sont demandées. En contrepartie nous avons des taux plus élevés. En réalité nos offres sont complémentaires. Dès que vous voulez financer de l’immatériel, une machine qui ne serait pas en France mais à l’étranger par exemple ou un besoin en fonds de roulement, les banques ont moins d’appétit. Souvent les entreprises sont financées par les banques pour une grande partie de leurs besoins et se complètent avec nous.

Lendix cherche-t-elle à organiser un nouveau tour de table ?

Pas pour le moment. Nous en avions fait un pour l’ouverture de bureaux en Espagne et en Italie. Aujourd’hui, Lendix est pleinement opérationnelle dans les trois pays. D’ailleurs nous sommes la première plate-forme en Europe continentale. L’objectif n’étant pas de s’arrêter là, quand nous voudrons ouvrir d’autres pays, nous ferons une nouvelle levée de fonds.

Quelles sont vos ambitions ?

Énormes ! Il faut savoir que nous sommes sur un marché de prêts aux PME qui pèse près de 80 milliards d’euros par an en France. Nous pensons que les plateformes peuvent à terme viser 10 % à 15 % de ce marché. Le point intéressant par rapport à ça, c’est que nous avons, avec Funding Circle, leader anglais dans ce secteur, qui s’est lancé en 2010, un bon benchmark. Nous nous comparons avec ce qu’ils ont produit. Depuis notre création, on s’aperçoit que nous les battons tous les mois. Sachant, qu’actuellement, ils font deux milliards de prêts par an en Angleterre, ça donne une idée du potentiel de notre marché. 

« Des banques nous apportent même des dossiers sur lesquels elles ne sont pas en mesure de répondre. »

Quelles sont vos relations avec les banques ?

Il y a trois ans, nous étions un peu dans une relation de méfiance, aujourd’hui nous sommes plus dans la recherche de partenariats. Des banques nous apportent même des dossiers sur lesquels elles ne sont pas en mesure de répondre.

Que pensez-vous de l’état des fintechs en France ?

Je pense que l’état des fintechs s’améliore de jours en jours, il y en a de plus en plus et de plus en plus fortes ! Il y a deux baromètres pour évaluer cet état. D’abord la création de l’association France Fintech dont je suis un des vice-présidents, qui rassemble les principales fintechs françaises. On y voit le dynamisme des nouveaux membres. Et également le classement KPMG H2 Ventures, sorti il y a quinze jours à peine. Bien sur les grands vainqueurs au niveau mondial sont les Chinois qui ont fait une percée fulgurante. Ce qui est intéressant d’observer, c’est que le nombre de fintech françaises présentes dans le classement a doublé depuis l’année dernière et deuxièmement, que Lendix à l’honneur d’être la seule fintech française du Top 50 !

 

Propos recueillis par Vincent Paes et Morgane Al Mardini

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