O.Lajous (BPI Group) : « La gouvernance responsable »

Olivier Lajous, Amiral et ancien DRH de la marine nationale, maîtrise les problématiques de management et de leadership. C'est désormais en qualité de président du cabinet de conseil RH BPI Group que le dirigeant nous éclaire sur « la gouvernance responsable »

Olivier Lajous, Amiral et ancien DRH de la marine nationale, maîtrise les problématiques de management et de leadership. C'est désormais en qualité de président du cabinet de conseil RH BPI Group que le dirigeant nous éclaire sur « la gouvernance responsable »

Sur l'auteur : 63 ans, diplômé de l’École de Guerre, Olivier Lajous débute sa carrière comme matelot du service national et la termine comme Amiral. Il navigue 17 ans, commande 3 navires et participe à la résolution de nombreux conflits armés entre 1980 et 2003 (Afghanistan, Iran-Irak, Liban, Libye-Tchad, Yémen-Érythrée). Olivier Lajous est nommé en 1999 directeur de la communication de la Marine Nationale, puis rejoint la Direction du Centre d’Enseignement Supérieur de la Marine en 2007. Une année plus tard, il devient conseiller militaire au Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales. En 2009, Olivier Lajous est nommé DRH à la Marine Nationale. Elu DRH de l’année en 2012, il crée son cabinet de conseil en 2013. Depuis Juin 2018, il est Président de BPI group. Par ailleurs, Olivier Lajous est l’auteur de nombreux ouvrages dont notamment : L’art de diriger ? (l’Harmattan), l’Art du temps (l’Harmattan), l’Art de l’équilibre (l’Harmattan)

Il y a deux mots magiques dans ce titre : la gouvernance et la responsabilité.

Gouverner, c’est tout à la fois prévoir, guider et gérer une organisation, ou encore manœuvrer un navire.  Ma vie de marin m’a permis de manœuvrer de nombreux navires, de guider leurs équipages, de m’engager à leur service.  Gouverner, c’est servir le bien commun, l’intérêt général, c’est faire travailler ensemble des hommes et des femmes qui peinent parfois à coopérer, c’est encourager la liberté et la solidarité, c’est agir pour le futur, c’est sans cesse rechercher le bon équilibre entre mouvement et questionnement, action et réflexion, trouver le bon rythme pour adapter les organisations à la réalité des marchés et de l’environnement dans lequel on se situe. « On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre, il faut lui faire descendre l’escalier marche à marche » écrit Mark Twain. Conduire le changement demande de la patience, invite à l’écoute et au partage des émotions, car bien plus que la capacité à résoudre des équations complexes, l’art de gouverner est un rendez-vous avec nos émotions. Les équipes que nous gouvernons sont sensibles, émotionnelles. L’entreprise, avant d’être une organisation commerciale, juridique et technique est une aventure humaine faite d’émotions, de joies, de passions et de peurs.

Être responsable, c’est agir en assumant et mesurant les conséquences de nos actes, de nos choix, de nos décisions et de nos paroles. Dans « Terre des Hommes » Antoine de Saint Exupéry reprend un proverbe africain et indien qui dit : « je n’hérite pas de la terre de mes parents, je l’emprunte à mes enfants ». J’aime ce proverbe car il permet de comprendre que le temps n’est pas linéaire, obéissant au triptyque passé, présent et futur communément admis, mais résolument circulaire. Le temps en effet ne cesse de s’écouler et, si le passé est de fait derrière nous, le futur l’est aussi. Comment ne pas comprendre que ce que nous faisons ici et maintenant, au temps présent, engage l’avenir et en détermine les grandes caractéristiques. C’est le réchauffement climatique lié à nos activités, le trou dans la couche d’ozone, la pollution des océans, la surexploitation des terres émergées (seulement 30% de notre planète), l’évolution des comportements liées à nos inventions, machines, robots, intelligence artificielle, applications numériques, etc. Le futur s’écrit au présent. Voilà qui doit nous rendre particulièrement responsables. Voilà qui doit guider nos choix de gouvernance.

A vrai dire, les deux notions sont indissociables. Gouverner sans être responsable n’a pas de sens. Ce qui légitime une gouvernance, c’est son sens de la responsabilité. On parle à juste titre de la responsabilité sociale et environnementale des organisations, de la responsabilité pénales des actes et paroles de chacun d’entre nous, et tout particulièrement de celles des dirigeants qui doivent guider les organisations dont ils/elles ont la charge.

« Le futur s’écrit au présent. Voilà qui doit nous rendre particulièrement responsables. Voilà qui doit guider nos choix de gouvernance. »

Les trois clés majeures de la gouvernance responsable sont la confiance, c’est-à-dire le pari d’une relation équilibrée entre deux individus, l’humour, subtil mélange d’humilité et d’amour qui nous permet de nous souvenir que la vie est agile et fragile, qu’elle est une chance unique si on sait l’aimer, et la liberté solidaire, celle qui à l’image du genou de notre corps, articulation de mobilité donc de liberté, invite les «je» au service du «nous», relie l’individuel et le coopératif. Mettre les «je» en mouvement au service d’un «nous» porteur de sens, respectueux de chacun et porteur de progrès social, oser le pari de la confiance et celui de l’humour, tels sont les principaux défis d’une gouvernance responsable.

BPI Group

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