O.Cortyl (Celio): "Ne pas tomber dans le piège d’une marque employeur autocentrée"

Leader du marché du prêt-à-porter en France, Celio cherche sans cesse de nouveaux talents. L’occasion de revenir avec Olivier Cortyl, le directeur du développement RH, sur la nouvelle campagne employeur du groupe.

Leader du marché du prêt-à-porter en France, Celio cherche sans cesse de nouveaux talents. L’occasion de revenir avec Olivier Cortyl, le directeur du développement RH, sur la nouvelle campagne employeur du groupe.

Décideurs. Celio possède une marque commerciale forte. Ne craigniez-vous pas la redondance en développant une marque employeur ? 

Olivier Cortyl. Je ne crois pas et ce d’autant plus que Celio n’en possédait pas jusqu’ici. Or, notre structure embauche beaucoup comme en témoignent les 400 recrutements en CDI et les 2 000 CDD rien que pour l’année 2019. Ces besoins se concentrent principalement sur les métiers de la vente pour lesquels la personnalité, l’énergie et l’enthousiasme des personnes s’avèrent plus importants que le niveau de diplôme. D’où la nécessité de créer une marque employeur digne de ce nom ! Nous avons été particulièrement attentifs à ce qu’elle ne vienne pas phagocyter la marque commerciale tout en construisant un tout cohérent. Ainsi, en les articulant l’une avec l’autre, la marque employeur soutient l’image de la marque commerciale. Elle n’en brouille pas les traits.

À quels enjeux votre nouvelle campagne employeur cherche-t-elle à s’affronter ?

Je ne surprendrais personne en évoquant d’abord un objectif d’attractivité. En clamant haut et fort que tous les talents sont les bienvenus chez nous, cette campagne agit comme un levier. Non seulement pour contrer les phénomènes d’autocensure mais aussi pour rendre les candidatures plus qualitatives et plus ciblées en termes de soft skills. Nous souhaitions également renforcer le sentiment d’appartenance au sein des équipes. La marque employeur se doit de refléter l’expérience unique que nous offrons à tous les collaborateurs du groupe. C’est d’eux dont nous parlons à travers la marque Celio. 

"Qui mieux que les collaborateurs pour pointer ce qui fait l’originalité de l’esprit Celio ?"

D’où votre volonté de les impliquer dans sa conception ?

Qui, mieux que les collaborateurs pour pointer ce qui fait l’originalité de l’esprit Celio ? Nous avons donc mené un atelier d’intelligence collective avec une vingtaine de collaborateurs représentant l’étendue des métiers, des niveaux hiérarchiques, des pays dans lesquels le groupe est présent. Il nous semblait tout aussi essentiel d’ouvrir ce processus collaboratif au-delà des murs de l’entreprise pour ne pas tomber dans le piège d’une marque employeur autocentrée. Le regard extérieur des clients et prestataires qui ont participé au travail de réflexion s’est avéré en ce sens particulièrement précieux.

Quelle promesse RH véhicule le slogan C*possible ? 

En tant qu’employeur, nous œuvrons chaque jour à prendre en compte les aspirations des collaborateurs, à recueillir leurs idées, à les consulter. Nous les accompagnons et les encourageons à devenir acteurs de leur propre histoire. Tout n’est peut-être pas possible chez Celio. Mais, dès l’instant, où les personnes montrent de l’enthousiasme et font preuve d’initiatives, il y a fort à parier que le champ des possibles s’élargisse devant elles. Par exemple, rien ne s’oppose à ce qu’un apprenti accède rapidement à un poste de manager de magasin. Ces possibilités s’illustrent autant dans les parcours de carrière que dans les anecdotes du quotidien qui font la particularité de Celio. C’est pourquoi nous tenions à ce qu’elles soient consignées dans des stories diffusées sur les réseaux sociaux. Soixante-dix collaborateurs du siège, des magasins et de la logistique ont ainsi partagé les émotions d’un moment particulier ou d’une expérience réelle vécus chez Celio.  

"Rien ne s’oppose à ce qu’un apprenti accède rapidement à un poste de manager de magasin"

Quelles premières retombées observez-vous ?

Je manque encore de data pour mesurer l’impact réel de cette campagne sur la qualité des candidatures reçues. En revanche, l’intérêt pour Celio a clairement progressé. Par rapport à l’an dernier, nous avons reçu 70% de plus de CV sur les offres publiées. En entretien, les candidats mentionnent spontanément la marque employeur, ce qui laisse à penser qu’ils comptent sans doute parmi les nouveaux abonnés gagnés sur les réseaux sociaux. Mais, ma plus grande satisfaction se situe ailleurs. Je ne peux m’empêcher de sourire quand je surprends, au détour d’un couloir, un "c’est possible". C’est devenu bien plus qu’un slogan : un mantra capable d’ouvrir les chakras. 

Propos recueillis par Marianne Fougère

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