Nathalie Debeir : « L’IPO est une vraie réussite franco-chinoise »

Pour la première fois en octobre 2015, un groupe international d’origine française a fait son entrée à la Bourse de Shanghai : Bluestar Adisseo Company. Depuis, il a réorganisé sa gouvernance ainsi que ses procédures conformément au droit chinois. Sa secrétaire générale, Nathalie Debeir, revient pour Décideurs Magazine sur l’opération.

Pour la première fois en octobre 2015, un groupe international d’origine française a fait son entrée à la Bourse de Shanghai : Bluestar Adisseo Company. Depuis, il a réorganisé sa gouvernance ainsi que ses procédures conformément au droit chinois. Sa secrétaire générale, Nathalie Debeir, revient pour Décideurs Magazine sur l’opération.

Décideurs. Pourquoi cette introduction à la Bourse de Shanghai??

Nathalie Debeir. Nous avons décidé d’entrer à la Bourse de Shanghai pour asseoir notre stratégie de développement et nous donner plus de visibilité. Une opération préparée très en amont et qui, aujourd’hui, est bouclée puisque nous avons ouvert notre capital à hauteur de 100?% aux investisseurs chinois, dont 10?% aux investisseurs minoritaires.

 

Cela a-t-il impliqué une adaptation à la culture locale??

Adisseo est plongé dans la culture chinoise en raison de son histoire. D’abord constitué par les activités nutrition animale de Rhône Poulenc-Aventis rachetées par un fonds britannique en 2002, Adisseo a été cédé à Bluestar/Chemchina en 2006 qui détient aujourd’hui 90?% du capital. Avec 25?000 salariés et un chiffre d’affaires de sept milliards d’euros, Bluestar nous a donné accès à une plate-forme unique de financement et de soutien. Nous avons construit une usine en Chine, à Nanjing. Notre activité est soutenue dans toute la région, si l’on inclut aussi notre filiale commerciale chinoise.

 

« Nous devons rentrer dans les cases des processus chinois, ce qui n’est pas toujours évident »

 

Est-ce que cela signifie que cette opération a été facile??

Pas vraiment, du fait des différences de pratiques et de cultures, et dans la mesure où toute la documentation était en chinois étant donné que les entreprises étrangères sont peu nombreuses à la Bourse de Shanghai.

 

Quel a été le rôle de la direction juridique??

La direction juridique d’Adisseo est au centre de la stratégie du groupe puisque, en qualité de secrétaire générale, j’étais en charge de cette opération au sein de notre comité de direction. Nos juristes ont été impliqués dans cette opération en lien avec l’équipe finance. J’ai été ravie d’avoir pu suivre cette opportunité unique, en lien quasi quotidien avec notre président Jean-Marc Dublanc.

Pour entrer plus en détail, nous avons utilisé une structure de notre actionnaire Bluestar grâce au mécanisme du «?major asset restructuring?» pour réaliser un échange d’actifs (exchange in/out d’actifs) et injecter Adisseo localement. C’est la raison pour laquelle nous avons été assistés par un cabinet d’avocats local, Jun He, tandis que White & Case nous a conseillés en matière de marchés de capitaux, Sodali pour la gouvernance, et Oxygen +?a détaché une juriste en droit boursier dans nos locaux. Les opinions juridiques et le prospectus ont été réalisés en lien avec les autorités de régulation locales (China Securities Regulatory Commission et Shanghai Stock Exchange).

 

Maintenant que vous êtes coté, que vous reste-t-il à faire??

Nos comptes étant déjà au format Chinese Gaap, nous devons documenter les procédures de contrôle telles que les Chinese Sox ou les règles de confidentialité en interne, et surtout piloter au mieux notre gouvernance. De manière générale, il y a peu de différences avec les règles des autres places de marché. Nous tenons compte de certaines particularités comme l’obligation pour le secrétaire du conseil de passer un examen et d’être en charge d’une partie de la communication financière. À ce titre, les règles qui l’entourent sont contraignantes puisqu’elles passent par plus d’une centaine de formulaires, tous en chinois, nous obligeant d’une certaine manière à «?rentrer dans les cases?», ce qui n’est pas toujours évident. Par exemple, une des difficultés est l’obligation de publier dans les deux jours tout incident qui pourrait avoir un impact significatif sur nos résultats. À distance, avec le décalage horaire, les difficultés de la langue et de la pratique, nous avons dû mettre en place une procédure spécifique. C’est finalement une opération sans précédent, riche et complexe, avec des spécificités locales chinoises, au terme de laquelle nous avons tous les moyens de financer nos projets de développement où qu’ils soient.

 

Propos recueillis par Pascale D’Amore

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