Michel Wolfovski (Club Med) : "Notre refinancement comprend une dimension RSE"

La croissance de Club Med ne s’arrête plus depuis son entrée dans le giron du Chinois Fosun, comme en témoignent les résultats financiers en hausse. Michel Wolfovski, directeur général et directeur financier, revient sur la stratégie du groupe et la relation avec son premier actionnaire.

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Michel Wolfovski, directeur général, directeur financier, Club Med

La croissance de Club Med ne s’arrête plus depuis son entrée dans le giron du Chinois Fosun, comme en témoignent les résultats financiers en hausse. Michel Wolfovski, directeur général et directeur financier, revient sur la stratégie du groupe et la relation avec son premier actionnaire.

Décideurs. Vous êtes à la fois directeur général et directeur financier de Club Med. Quelles sont les missions dont vous avez la charge ?

Michel Wolfovski. En tant que directeur général, j’ai la responsabilité de l’audit, de la supervision des activités opérationnelles et commerciales nord et sud-américaines et des opérations – les resorts – européennes, en lien avec chaque directeur général de ces zones. La direction financière, quant à elle, regroupe l’ensemble des fonctions habituelles mais aussi le secrétariat général et les achats.

Le groupe accélère l’ouverture de nouveaux clubs. Quel rôle jouez-vous dans l’exécution de cette politique de croissance ?

L’ouverture d’un nouveau resort fait partie des choix les plus importants étant donné l’importance du montant des investissements et de la durée d’engagement. Chaque projet de développement s’accompagne d’un business case très complet avec le respect d’objectifs de rendement, de profitabilité, de taux d’effort immobiliers, etc. Il appartient à la direction financière de veiller à l’exhaustivité et à l’exactitude de ces dossiers d’engagement, et je dois argumenter sur ces sujets majeurs de développement pour le groupe.

Les résultats du premier semestre affichent une progression de la rentabilité. À quoi l’attribuez-vous ?

Nos résultats s’améliorent d’année en année depuis quelque temps maintenant. La première raison réside dans l’application de notre stratégie. Nous menons une politique de montée en gamme, d’internationalisation de notre clientèle et de nos resorts dans le but de mieux répartir nos risques commerciaux et opérationnels, et d’accélération sur le digital pour nos clients et nos collaborateurs dans les resorts et les différents bureaux dans le monde. Tout cela a nécessité du temps et nous sommes passés d’un tiers de notre capacité en haut de gamme à 85 % en 2019.

Club Med a connu un historique d’actionnariat mouvementé : de la Bourse de Paris à celle de Hong Kong, en passant par un retrait de cote de 2015 à 2018. Quelles évolutions pour la DAF ?

La période récente a en effet été très animée pour la direction financière car, en plus des tâches récurrentes, il a fallu faire face aux travaux générés pour mener à bien l’introduction de Fosun Tourism Group à la Bourse de Hong Kong. Nous avons dû gérer un changement de calendrier fiscal, avec une clôture annuelle décalée du 31 octobre au 31 décembre, et le passage à l’IFRS 16 qui a des conséquences significatives pour le Club Med. Nous avons pu nous appuyer sur nos systèmes financiers complètement intégrés mais surtout sur une équipe dynamique, engagée et très compétente.

Club Med est désormais dans le giron du groupe chinois Fosun. Comment gérez-vous cette situation au sein de la direction financière ?

Depuis juin 2010, date à laquelle Fosun est entré dans le capital du Club Med, nous avons toujours travaillé avec le groupe en totale confiance et transparence. Nos collègues de chez Fosun sont pragmatiques et les échanges avec eux en sont facilités. J’ai d’ailleurs été nommé global partner finance de Fosun en 2017. Comme toute entreprise vis-à-vis de son actionnaire, nous devons faire approuver nos budgets et nous produisons une consolidation mensuelle, que nous leur envoyons.

Nous sommes passés d’un tiers de notre capacité en haut de gamme à 85 % en 2019 

Club Med a récemment annoncé le refinancement de sa dette. Dans quel but ? Quelles en sont les spécificités ?

Lors de la prise de contrôle par Fosun en 2015, nous nous étions endettés à hauteur de 400 millions d’euros. Les conditions du marché nous avaient permis de renégocier un certain nombre de paramètres dont le coût de cette dette. Notre situation financière s’étant améliorée depuis, nous avons mis en place de nouvelles lignes de crédit aux conditions et garanties favorables. De surcroît, notre refinancement comprend une dimension RSE. Ce dernier prévoit en effet un ajustement du coût du crédit selon quatre indicateurs de performance en matière de développement durable, à savoir la certification de l’écoconstruction des nouveaux resorts, la certification de tourisme durable Green Globe, la suppression progressive du plastique jetable et le soutien à l'agroécologie locale.

Depuis toujours, Club Med s'appuie sur des valeurs et des pratiques respectueuses de l’environnement et des populations qui nous accueillent. Il nous est donc apparu important d’intégrer ces critères mesurables et concrets, qui couvrent des enjeux essentiels de notre activité en matière de développement durable, de la construction à la gestion quotidienne des resorts.

La société mère de Club Med, Fosun Tourism Group, est cotée à la Bourse de Hong Kong depuis décembre 2018. Quelles conséquences pour la DAF ? Quelles relations entretenez-vous avec vos investisseurs ?

Lors de notre sortie de la Bourse parisienne en 2015, j’ai tenu à conserver les bonnes pratiques liées à la cotation et nous maintenons la même rigueur que lorsque nous étions cotés à Paris avec, par exemple, un comité d’audit présidé par un administrateur indépendant. En ce qui concerne les chiffres, nous rapportons à Fosun une consolidation selon les Hong Kong IFRS (HKRS), ce qui nécessite quelques retraitements par rapport à nos comptes consolidés. Bien que le Club Med ne soit pas directement coté en Bourse à Hong Kong, Henri Giscard d’Estaing et moi participons à certains road shows pour expliquer l’activité de Fosun Tourism Group et celle du Club Med en particulier.

Dans le cadre de la fondation d’entreprise Club Med, la direction financière propose-t-elle à ses collaborateurs des missions de mécénat de compétence ?

Club Med fait partie des premières entreprises à avoir créé, en 1978, sa propre fondation. Cette dernière concentre aujourd’hui son engagement sur l’amélioration des conditions de vie d’enfants vulnérables et la protection de la nature autour des resorts. Elle s’appuie sur des partenaires locaux pour lesquels nous mobilisons les ressources du Club Med que sont le temps et les compétences de l’ensemble des collaborateurs mais aussi les infrastructures des resorts.

Quels sont les projets que vous menez en ce moment ?

Calendrier oblige, cette fin d’année est particulièrement dense avec la construction des budgets, de plans, la préparation de la clôture annuelle. La direction des achats mène des appels d’offres très importants et nous sommes, avec l’ensemble des membres du comité de direction générale, en train de travailler sur le futur du Club Med, à moyen et à long termes.

Propos recueillis par Anne-Gabrielle Mangeret

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