Créé en 1972, le groupe Hervé s’est développé et diversifié par acquisitions successives dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et du numérique. Son activité se répartit sur près de soixante sites en France, en Suisse, au Maroc et en Belgique. Historique, le groupe est aussi atypique dans son management et sa vision du management concertatif.

Pouvez-vous nous présenter votre activité et son versant renouvelable ?
De l’audit énergétique, à la collecte de données de consommation, au traitement et à la restitution intuitive de celles-ci, à la télé surveillance énergétique, le groupe Hervé propose une offre globale de la performance énergétique. Nous développons les énergies renouvelables avec la conviction que celles-ci devront de plus en plus être associées à des solutions de stockage et être conçues sous le format BIM qui va constituer rapidement un changement naturel de nos pratiques. 


Quelle coïncidence ou synergies – de pensée, de pratiques- établissez-vous entre les énergies renouvelables et votre modèle de management singulier ?
Le management concertatif que nous pratiquons depuis quarante-cinq ans table sur la seule énergie indéfiniment renouvelable : la liberté, cette inusable envie d’être responsable et acteur de sa vie. L’éco-responsabilité ne se limite pas à l’écologie et signifie aussi d’être économiquement responsable. Les acteurs économiques du Groupe Hervé, que nous appelons des « intra-entrepreneurs », font l’expérience de l’autonomie parce que c’est la seule voie durable, pour eux en tant qu’individus, comme pour le collectif auquel ils contribuent. Sans autonomie individuelle, il n’est pas de motivation durable, ni donc d’entreprise pérenne. On ne bâtit rien de durable sur la frustration.  Mais la liberté, dans le mode de management concertatif n’aurait pas d’attrait si elle ne se doublait de l’expérience de la fraternité. Ce qui donne de l’énergie à nos intra-entrepreneurs, c’est l’envie de contribuer à un collectif qui les incite à donner le meilleur d’eux-mêmes ! 

 

Comment faîtes-vous coïncider cette exigence humaniste avec celle de la rentabilité économique ? 

On ne répond bien à une demande locale, celle d’un client, qu’en intégrant la contrainte écologique, globale. Le client participe à un écosystème complexe et les solutions innovantes que nous lui proposons doivent en tenir compte. Autrement dit, les intra-entrepreneurs d’Hervé Thermique cherchent à offrir plus et mieux que ce qui est explicitement demandé, en intégrant souvent une dimension plus large. Ce que je constate, c’est que lorsque la liberté individuelle se trouve stimulée par la puissance d’une fraternité réellement vécue au sein d’une équipe de travail (toujours constituée de dix à vingt personnes), alors l’égalité ne tarde pas à émerger spontanément.   

Une entreprise n’est pas un îlot. Sa responsabilité est de refuser d’être régie par des formes plus ou moins douces de despotisme, de dirigisme et de centralisme

Quelle est votre définition  d’une entreprise responsable en 2017 et d'une entreprise engagée sur son territoire ?
La responsabilité est à la fois collective et individuelle, écologique aussi bien qu’économique et politique. Une entreprise n’est pas un îlot. Sa responsabilité est de refuser d’être régie par des formes plus ou moins douces de despotisme, de dirigisme et de centralisme. En contribuant à former des individus responsables, elle formera aussi des citoyens éclairés. 


Propos recueillis par Laetitia Sellam 
 

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter du Magazine Décideurs, merci de renseigner votre mail

GUIDE ET CLASSEMENTS

> Guide 2024