McDermott Paris : une croissance à grande vitesse

C’était il y a dix ans : la firme américaine originaire de Chicago McDermott Will & Emery s’installait dans la capitale française avec l’objectif de conquérir le marché des cabinets d’avocats d’affaires. Aujourd’hui, celui que l’on appelle plus simplement McDermott frôle la barre des 100 professionnels grâce à un développement constant, à son repositionnement stratégique sur le transactionnel opéré il y a quelques mois et à une politique réfléchie en faveur du bien-être au travail.

© Charly Hel

Les associés de McDermott Will & Emery Paris en août 2021.

C’était il y a dix ans : la firme américaine originaire de Chicago McDermott Will & Emery s’installait dans la capitale française avec l’objectif de conquérir le marché des cabinets d’avocats d’affaires. Aujourd’hui, celui que l’on appelle plus simplement McDermott frôle la barre des 100 professionnels grâce à un développement constant, à son repositionnement stratégique sur le transactionnel opéré il y a quelques mois et à une politique réfléchie en faveur du bien-être au travail.

Légende de la photo : Les associés de McDermott Will & Emery Paris en août 2021. Au second rang : Nicolas Lafont, Bertrand Delafaye, Anthony Paronneau, Henri Pieyre de Mandiargues, Pierre-Arnoux Mayoly, Timothée Gagnepain, Diana Hund, Guillaume Kellner, Sabine Naugès, Fabrice Piollet, Nicolas Faguer et David Revcolevschi. Au premier rang : Romain Perray, Laura Morelli, Jilali Maazouz, Anne-France Moreau, Jacques Buhart, Grégoire Andrieux, Emmanuelle Trombe, Antoine Vergnat, Alexis Werl et Laurent Ayache.

Difficile de se rendre compte à quel point l’équipe parisienne de McDermott a changé depuis dix-huit mois. Il y a eu la crise sanitaire bien sûr, et l’adaptation nécessaire d’un prestataire de services juridiques à des conditions de travail inédites. Mais pas uniquement. "Depuis début 2020, nous avons repositionné le cabinet sur nos principales spécialités, le corporate/M&A couplé à une dimension réglementaire importante", réagit Grégoire Andrieux, toujours à la tête de l’équipe depuis que Jacques Buhart lui a laissé les rênes de l’enseigne en septembre 2019. Le jeune quadra ne manque pas d’ambition pour faire de l’enseigne américaine une marque incontournable en France. Pour cela, il mise à la fois sur une offre juridique haut de gamme à destination des entreprises, des fonds d’investissement et de leurs dirigeants, sur le développement d’un esprit collectif de conquête et du bien-être au travail. De quoi faire tirer un bilan encourageant des dix premières années d’existence du cabinet et de tracer les lignes directrices pour les dix prochaines.

Grandir ensemble intelligemment

Depuis quelques mois, l’équipe d’associés a été partiellement renouvelée, à la faveur d’une intensification du transactionnel. Plusieurs départs comme ceux de Lionel Lesur en antitrust, de Carole Degonse, experte des management packages, d’Aymeric Discours (parti pour un changement de carrière) en contentieux des affaires ou encore d’un des associés cofondateurs du bureau de Paris, Thibaud Forbin, pour DS Avocats, sont pour la firme l’occasion d’intégrer en son sein des  jeunes associés désireux de développer leur activité dans un environnement à la fois tourné vers les opérations de fusions-acquisitions et vers les secteurs régulés.

Les recrutements ont permis à McDermott d’accentuer son intervention sur les deals M&A

En février 2020, le spécialiste des fusions-acquisitions David Revcolevschi est le premier à quitter Paul Hastings pour McDermott. Sa connaissance des marchés de capitaux complète l’activité de Bertrand Delafaye en lien avec l’important département santé/pharma dirigé par Emmanuelle Trombe. Le nouvel associé sera suivi moins d’un an plus tard par le patron de la pratique parisienne M&A de la firme américaine Guillaume Kellner dont l’activité sur des secteurs comme la santé et les infrastructures fait également écho au positionnement de McDermott. La structure a étendu ses filets hors du transactionnel avec l’arrivée de Nicolas Faguer, lui aussi en provenance de chez Paul Hastings, afin d’approfondir son intervention lors de litiges corporate complexes (contentieux haut de bilan ou post-acquisition). "Depuis que j’ai rejoint le cabinet en 2012, nous sommes nombreux à venir de chez Weil Gotshal ", se souvient Sabine Naugès, pour laquelle il est plus facile de grandir ensemble intelligemment lorsqu’on se connaît bien. C’est le cas aujourd’hui avec des avocats également en provenance de la même maison.

Faciliter la tâche des avocats

Ces recrutements permettent à McDermott d’accentuer son intervention sur les deals M&A. Car si l’enseigne reste très présente aux côtés de fonds comme Ardian, Qualium Investissement, CapZa ou encore Eurazeo PME, l’équipe corporate affiche une liste d’une centaine de dossiers de fusions-acquisitions ces dix-huit derniers mois. Les noms des clients, confidentiels, appartiennent à des secteurs d’activité variés : la biotechnologie, la pharmaceutique et la télémédecine, les logiciels informatiques, la publicité en ligne, le textile, l’industrie nucléaire, l’édition et la presse, le luxe, l’agroalimentaire, la grande distribution, la construction immobilière… Impossible dorénavant de limiter McDermott au private equity. Le ton est donné.

Une fois par mois, chacun répond à un questionnaire d’évaluation de son propre bonheur au travail

Par ailleurs, la firme est extrêmement vigilante quant à la stabilité et la satisfaction de ses équipes en veillant à inclure dans son fonctionnement les notions de diversité et de bien-être au travail. La logique est simple : les avocats s’investissent beaucoup dans leur métier, ils exercent une profession qui peut empiéter sur leur vie privée. Il est donc absolument nécessaire que leur structure d’exercice leur facilite la tâche et leur donne des conditions de travail favorables à leur épanouissement et au maintien du collectif.

30 % des associés sont des femmes

Cet état d’esprit joue en faveur du cabinet lorsqu’il faut rassurer les dirigeants inquiets, comme cela a été le cas lors du déclenchement de la crise sanitaire. "Notre capacité à travailler en équipe de manière fluide nous fait gagner beaucoup de temps, explique Timothée Gagnepain. Durant les premières semaines de confinement, dès qu’un de mes associés me demandait d’intervenir auprès d’un de ses clients préoccupés en raison du contexte, il nous suffisait d’un appel pour intervenir et donner quelques recommandations." Le spécialiste du restructuring qui a rejoint le cabinet en mai 2018 était, avec son équipe, en première ligne durant l’année 2020 auprès des clients qui, malgré le contexte, n’ont pas cessé de recourir à leur avocat. Le cabinet avait déjà légèrement augmenté son chiffre d’affaires entre 2019 et 2020. "Nous nous attendons à une croissance à deux chiffres entre 2020 et 2021", renchérit Grégoire Andrieux.

Concrètement, pour les équipes, cela se traduit par une organisation ayant pour maîtres-mots flexibilité et échange. D’ailleurs, une fois par mois, chacun répond à un questionnaire d’évaluation de son propre bonheur au travail, d’où est tiré un classement entre les différents bureaux de la firme. Rien de mieux qu’un peu de compétition pour se hisser vers le haut. L’élan a été impulsé par le nouveau managing partner, Ira Coleman, arrivé à ce poste en 2016. Celui qui a fait poser sur le bureau de chaque femme de la firme un symbole qui représente le dépassement du plafond de verre a fait de la diversité son cheval de bataille. Les scores affichés à ce jour sont encourageants : 30 % des associés sont des femmes (à Paris elles sont 5 sur 18) et 3 des 22 bureaux sont dirigés par des femmes (ils se situent aux États-Unis). Côté temps de travail, il n’est pas question pour McDermott de mettre en place une politique stricte de planning entre présence au cabinet et travail à distance. "L’obligation d’être au bureau n’existe pas chez nous, tout en respectant les contraintes du travail en équipe et le traitement des dossiers, explique Sabine Naugès. Nous exerçons une profession libérale, il n’est pas question de figer des règles inadaptées à notre métier." C’est au contraire au cabinet de s’adapter, et ce, sans bloquer sa croissance. Par exemple, il est possible de convenir d'un temps partiel pour les collaborateurs, cela se fait à hauteur de 30 % des effectifs aux États-Unis. "Je suis convaincu que nos collaborateurs nous choisissent aussi pour notre capacité à moderniser notre mode de fonctionnement sur un modèle plus horizontal, à l’image d’une start-up. La rigueur est bien sûr requise, mais dans des conditions de travail très flexibles", retrace Timothée Gagnepain. Un argument qui devrait faire mouche auprès des plus jeunes avocats.

Pascale D'Amore

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