Mayer Brown à la conquête du monde

En quelques années, Mayer Brown s’est imposé sur les places financières internationales. Présent en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, le cabinet d’avocats s’affiche comme l’un des plus puissants au monde. Rencontre avec Jean-Philippe Lambert, managing partner de Paris et membre du comité de direction mondial d’une firme que rien n’arrête.

En quelques années, Mayer Brown s’est imposé sur les places financières internationales. Présent en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, le cabinet d’avocats s’affiche comme l’un des plus puissants au monde. Rencontre avec Jean-Philippe Lambert, managing partner de Paris et membre du comité de direction mondial d’une firme que rien n’arrête.

S’adapter aux enjeux économiques des grandes entreprises guide la stratégie de Mayer Brown. Que ce soit à Paris, New York ou Hong Kong, « le cabinet se distingue par son approche pro active en anticipant les besoins de sa clientèle. Nous établissons des liens privilégiés avec nos clients et mettons en place les outils nécessaires à une meilleure connaissance de leur environnement et de leurs problématiques », confie Jean-Philippe Lambert, rencontré dans les bureaux de l’avenue Hoche qu’il dirige depuis la fondation de Lambert & Lee, devenu Mayer Brown en 2001. L’homme de 53 ans a toujours construit une position avant-gardiste qui lui permet aujourd’hui de déployer davantage ses prestations en Asie. « Mayer Brown s’est rapproché du cabinet Jingtian & Gongcheng, membre du Red Circle », corrobore l’avocat. Et l’ouverture récente d’un bureau à Tokyo dirigé par Rupert Burrows de confirmer ce mouvement de fond. « Le chiffre d’affaires généré par la clientèle asiatique, notamment japonaise, est colossal, ajoute Jean-Philippe Lambert. Par ailleurs, nos bureaux en Chine et nos liens avec notre correspondant chinois nous amènent à traiter de nombreux dossiers d’investissements étrangers en Chine ou d’investissements d’entreprises chinoises à l’étranger. »

Affaires d’envergure

Outre cette implantation asiatique, Mayer Brown s’empare de dossiers particulièrement délicats. L’un des derniers en date : le canal de Panama, en 2017. Dans cette affaire d’arbitrage, opposant l’Autorité du canal de Panama (l’ACP, l’agence du gouvernement du Panama responsable de l’opération et de la gestion du canal de Panama) au consortium Groupe unis pour le canal (GUPC) dirigé par l’Europe, Mayer Brown a obtenu gain de cause auprès du tribunal arbitral : l’ACP n’a pas eu à s’acquitter des 192 millions de dollars que réclamait le GUPC. Une belle victoire dans la mesure où le chantier destiné à élargir le canal pour le passage de porte-conteneurs représente l’un des projets d’infrastructure les plus importants de ce siècle.

« Le cabinet met un point d’honneur à être proactif en anticipant autant que possible les besoins de sa clientèle » Jean-Philippe Lambert

Autre affaire d’envergure dans laquelle le cabinet est intervenu : la constitution du Grape Hospitality par le fonds d’investissement Eurazeo. Mayer Brown a conseillé ce dernier lors de l’acquisition de 85 hôtels en France et en Europe appartenant au groupe Accor. Une transaction épineuse dont le montant était particulièrement élevé.

Par ailleurs, il faut savoir que « Mayer Brown dispose d’un département contentieux hors du commun, qui l’amène à traiter de nombreux dossiers devant la Cour suprême des États-Unis, détaille le managing partner. Nos valeurs nous conduisent à mener des combats pour le bien commun dans des domaines très divers. Citons, par exemple, Andy Pincus, associé de la firme aux États-Unis, qui a pris la défense de nombreux groupes de la Silicon Valley s’opposant aux décrets anti-immigration de l’administration Trump. »

Stratégie internationale

À Paris comme ailleurs, Mayer Brown n’est pas le seul cabinet international. Sa stratégie pour rivaliser avec ses concurrents et s’implanter aux quatre coins du Globe ? Le choix d’intégrer les meilleures équipes déjà réputées localement. « Notre choix de renforcer notre plateforme internationale par d’autres équipes s’oriente en fonction, d’une part, de leur compétence et de leur reconnaissance avant tout locale et, d’autre part, de leur capacité d’intégration au sein de notre structure, explique Jean-Philippe Lambert. Nos bureaux font partie d’une seule et même firme, ce qui ne nous empêche pas de nous adapter aux contraintes locales, notamment en termes d’honoraires. »

Cette façon de pénétrer les marchés étrangers a permis au cabinet de se doter d’un réseau fortement internationalisé. Plus exactement, c’est en s’alliant à Tauil & Chequer Advogados que Mayer Brown s’installe au Brésil en 2009 (son objectif est de renforcer ses interventions en Afrique via le Brésil). De même pour le marché européen que Mayer Brown ne délaisse pas : « En Allemagne, Mayer Brown a repris un cabinet fortement implanté localement, rappelle l’avocat, ce qui nous a permis de nous adapter plus rapidement au marché allemand, qui est plutôt difficile d’accès. »

Bien que membre du comité de direction mondial de la firme, Jean-Philippe Lambert n’oublie pas son équipe parisienne : « La culture internationale du cabinet ne s’adresse pas qu’aux clients étrangers. Elle est parfaitement transposable aux dossiers ₺franco-français₺ que nous traitons ». Une offre globale qui touche aussi bien une clientèle locale qu’internationale.

Développement perpétuel

Historiquement, Mayer Brown a concentré sa pratique sur les transactions et le contentieux, notamment l’arbitrage international. Le cabinet développe de nouveau cette pratique « qui représente une part croissante du chiffre d’affaires global », précise l’avocat. Pour preuve, un bureau dédié à la matière a ouvert à Dubaï en juin 2016.

Sans s’éloigner de son ADN, la firme est en quête perpétuelle de renouvellement et veille à construire de nouvelles expertises juridiques. « Nous harmonisons et consolidons en permanence l’offre de Mayer Brown, conclut la managing partner. Cela ne nous dispense pas de nous développer dans des domaines, tels que les nouvelles technologies, afin de servir au mieux les intérêts de géants du digital que nous comptons parmi nos clients globaux. » Une stratégie des petits pas qui assure à Mayer Brown d’aller plus loin que le plus offensif de ses concurrents.

 

Marine Calvo

 

Les principales étapes de la globalisation de Mayer Brown

1996 Fondation du cabinet français Lambert & Lee à Paris

2001 Fusion de Lambert et Lee et Mayer Brown

2008 Fusion de Mayer Brown et de JSM : les pratiques de Mayer Brown (comprenant trois entités distinctes : Mayer Brown LLP, Mayer Brown International LLP et JSM) sont connues sous le nom de Mayer Brown JSM en Asie.

2009 Association avec le cabinet d’avocats brésilien Tauil & Checker Advogados.

2015 Association de Mayer Brown JSM avec le cabinet d’avocats chinois PRC Jingtian & Gongcheng.

 

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