Marseille à la croisée des routes commerciales

Deuxième ville de France en nombre d’habitants, Marseille se développe au sein de la plus grande métropole française, celle d’Aix-­Marseille-Provence qui regroupe 92 communes et 1,3 million d’habitants. Son port et son aéroport en font une destination de choix pour le tourisme comme pour les investisseurs. Et son économie, diversifiée, explique que le barreau d’affaires de la région soit resté traditionnel dans son positionnement.

Deuxième ville de France en nombre d’habitants, Marseille se développe au sein de la plus grande métropole française, celle d’Aix-­Marseille-Provence qui regroupe 92 communes et 1,3 million d’habitants. Son port et son aéroport en font une destination de choix pour le tourisme comme pour les investisseurs. Et son économie, diversifiée, explique que le barreau d’affaires de la région soit resté traditionnel dans son positionnement.

Les Bouches-du-Rhône ont depuis toujours développé leur économie autour du commerce et de l’industrie. Aujourd’hui, le secteur tertiaire marchand représente 51,6 % de l’activité du département et l’industrie 8,9 %, un pourcentage moins important certes mais qui se maintient par la présence de grandes entreprises industrielles : CMA-CGM, leader mondial du transport maritime en conteneurs, Monaco Marine qui opère dans les chantiers navals, la Comex spécialisée en ingénierie sous-marine. De nouvelles filières se sont installées ces dernières années dans la région dans des domaines comme la santé, l’aéronautique, le numérique ou l’énergie.

Une économie locale riche et diversifiée

Dans une volonté de moderniser son économie, Marseille mise essentiellement sur deux grandes voies de développement : les activités touristiques et le secteur numérique. Le tourisme marseillais a toujours été une manne budgétaire pour la ville. Il génère 1,5 milliard d’euros par an, soit 7 % de ce que rapporte l’économie locale, et 16 000 emplois directs en dépendent. Le secteur numérique est quant à lui encore naissant mais très prometteur. Avec 40 000 emplois dans les Bouches-du-Rhône, 7 000 entreprises et 8 milliards de chiffre d’affaires, la filière pèse déjà autant que le tourisme et l’industrie portuaire. Le territoire marseillais regroupe des entreprises phares comme Oxatis, Voyage-privé, Allopneus, Jaguar Networks, Wiko, Avis-vérifiés, ainsi qu’une myriade de start-up. D’autres éléments structurels encouragent ce secteur : Marseille est un hub mondial qui relie l’Europe du Sud à l’Afrique, le Proche-Orient et l’Asie avec plus de 20 000 kilomètres de câbles sous-marins.

L’ensemble des connexions internet de ces pays transitent par la cité phocéenne et en font un véritable point de rencontre pour les entreprises du numérique qui s’y installent. La région soutient ce mouvement d’implantation en développant des pôles de compétitivité que l’arrivée du numérique renforce à son tour. Onze de ces pôles sont situés dans la région, dont quatre sur le territoire de la métropole Aix-Marseille :Eurobiomed dans la biologie médicale, Pegase dans l’aéronautique, Optitec dans l’optique et Risques dans la gestion des risques. Ces pôles ont un impact important sur l’économie locale : ils représentent plus de 100 000 emplois, 1 000 entreprises adhérentes, 4 000 chercheurs dans le secteur public et plus de 500 projets labellisés et financés par l’État. Avec un budget de plus d’1,5 milliard d’euros, la recherche et le développement permettent le renouvellement industriel et économique local.

"Les grandes enseignes françaises y sont rares, mis à part Capstan, Racine, Bignon Lebray et Adamas"

 

La région marseillaise est dès lors attractive pour les investisseurs étrangers. En 2019, elle concentrait 7 % des montants investis en France depuis l’international avec une augmentation de 41 % par rapport à l’année 2018. La région réunit 2 100 entreprises à capitaux étrangers, chaque année plus nombreuses dans le secteur du numérique (34 %), celui de l’art de vivre (19 %), du maritime et de la logistique (15 %).

Des spécialités juridiques variées et locales

Il existe très peu de cabinets d’avocats d’affaires à Marseille, les grandes enseignes françaises y sont rares, mis à part Capstan, Racine, Bignon Lebray et Adamas. Les boutiques d’avocats qui existent sont celles d’avocats isolés ou de quelques entrepreneurs préférant privilégier le travail en silo. Leur stratégie n’est pas de grandir à tout prix mais de traiter leurs dossiers de manière traditionnelle, c’est-à-dire en délivrant un service de proximité, plutôt généraliste selon les besoins de leur clientèle.

Quatrième barreau de France avec 2 183 avocats, Marseille a connu une croissance de 42,8 % en dix ans. Composé à 55,3 % de femmes pour une moyenne d’âge inférieure à 40 ans, le barreau marseillais est éclectique et polyvalent. Les spécialités les plus présentes à Marseille reflètent le fait que c’est la gestion quotidienne de la vie économique locale qui intéresse le plus les entreprises. On retrouve le droit des affaires, le droit fiscal et douanier, le droit immobilier, des étrangers, maritime et, évidemment, le droit des nouvelles technologies, en recrudescence. Un certain nombre de cabinets de petite taille ont développé leur savoir-faire dans ce domaine (SSG Avocats, AD&PR, BxA…). La tradition des grands pénalistes perdure par ailleurs, dans l’héritage de Paul Lombard décédé en 2017, comme le prouve la présence à Marseille d’un bureau du cabinet Témime depuis 2016.

QUELQUES CABINETS D'AVOCATS PARMI LES MEILLEURS

Louise Tydgadt

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