Marie-Anne Barbat-Layani (FBF) : "La sécurité financière  est assurée "

Forte de 383 adhérents, la Fédération bancaire française (FBF) définit les positions, propositions ou préoccupations de la profession vis-à-vis des pouvoirs publics et des autorités de régulation.

Forte de 383 adhérents, la Fédération bancaire française (FBF) définit les positions, propositions ou préoccupations de la profession vis-à-vis des pouvoirs publics et des autorités de régulation.

Décideurs. Comment se portent les banques françaises??

Marie-Anne Barbat-Layani. Bien. C’est une bonne nouvelle, et on n’en a pas tant que ça sur l’économie française. Les banques constituent, selon l’OCDE, l’un des six principaux atouts économiques de notre pays. Le secteur bancaire français compte 378 établissements de crédit. En 2014,
la contribution des banques à la valeur ajoutée totale en France est de 2,7 %. Les résultats de la revue de la qualité des actifs des banques et des tests de résistance, organisés par la BCE et publiés en octobre?2014, ont montré la solidité des établissements français. Confirmant les travaux de la Cour des comptes, la BCE vient de rappeler que la France est le pays de la zone euro dans lequel la crise bancaire n’a pas pesé sur les finances publiques. Elles en sortent renforcées. Pour les seuls établissements français, cela représente cent milliards de fonds propres supplémentaires et un ratio « Tier 1 » porté de 6 % à 12 %.

 

Décideurs. Quels sont les défis que doivent relever les banques??

M.-A. B.-L. L’équation est complexe. D’abord, l’environnement économique est incertain et la croissance faible sur le marché domestique. à cela se rajoute un environnement de taux historiquement bas qui pèse sur les revenus et les marges de nos établissements, notamment dans les activités de banque de détail qui représentent 67 % des revenus des banques françaises. Bien sûr, une révolution digitale qui accélère l’innovation est donc à la fois une grande opportunité et un défi. Il faut faire évoluer les modèles pour les adapter au changement des usages des clients. Il faut investir toujours plus dans la sécurité, et faire face à la concurrence de nouveaux acteurs qui, souvent, supportent moins de contraintes réglementaires que les banques.

 

Décideurs. La réglementation est-elle suffisante??

M.-A. B.-L. Une incertitude réglementaire majeure pèse sur tout le secteur bancaire avec la finalisation de Bâle IV. En dépit des annonces faites par le G20 et le Comité de Bâle de ne pas augmenter à nouveau « significativement » les exigences en fonds propres, toutes les banques européennes restent très inquiètes. Nous sommes encore dans l’ignorance de ce que sera le calibrage final. Aucune étude d’impact n’a encore été faite alors que les décisions doivent être prises en septembre. Ces nouvelles exigences doivent tenir compte des spécificités du modèle européen de financement de l’économie, assuré à 80 % par le crédit bancaire. Les décisions prudentielles ont aussi un impact majeur sur les marchés, leur liquidité et leur volatilité.

 

Les décisions prudentielles ont aussi un impact majeur sur les marchés.

 

Décideurs. Les banques françaises sont-elles à l’abri d’une crise systémique??

M.-A. B.-L. La sécurité financière est aujourd’hui assurée. De nouvelles exigences en matière de réserves disponibles au sein des établissements pour faire face à des difficultés ont été fixées. C’est la mise en œuvre du concept de renflouement interne, complété dans la zone euro par un mécanisme et un fonds de résolution unique. Ce fonds sera à terme doté de 55 milliards d’euros. Les banques françaises y contribuent à hauteur de quinze milliards. Désormais, toutes les garanties sont réunies pour que les fonds publics ne soient plus mis à contribution pour soutenir le secteur bancaire en cas de difficultés.

 

Décideurs. Quel rôle doivent jouer les banques pour relancer l’économie??

M.-A. B.-L. Les banques françaises sont aujourd’hui en pleine capacité de financer l’économie?: les taux d’accès au crédit sont très élevés. Mais la demande reste basse, c’est le problème majeur à court terme. Et au-delà, si la demande reprend, il faut éviter un « squeeze » prudentiel. Il y a donc un enjeu de bonne articulation, à nos yeux indispensable, entre politique monétaire et politique prudentielle. On ne peut pas continuer à serrer la vis prudentielle alors que le niveau de sécurité du système bancaire est jugé satisfaisant.

 

Propos recueillis par Vincent Paes

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