Marc Thiercelin entre terre et mer

Vous l’avez peut-être suivi lors de l’une des nombreuses courses auxquelles il a participé, du Vendée Globe à la Transat Jacques-Vabre. Marin confirmé, conférencier et enseignant, Marc Thiercelin se lance aujourd’hui dans une nouvelle aventure : créer un trimaran capable de « voler » sur l’eau, et étendre ses usages pour le partager avec le plus grand nombre.

Vous l’avez peut-être suivi lors de l’une des nombreuses courses auxquelles il a participé, du Vendée Globe à la Transat Jacques-Vabre. Marin confirmé, conférencier et enseignant, Marc Thiercelin se lance aujourd’hui dans une nouvelle aventure : créer un trimaran capable de « voler » sur l’eau, et étendre ses usages pour le partager avec le plus grand nombre.

Un monstre marin de 18 tonnes, 32 mètres de long et plus de 20 mètres de large, dont le mât pointe à 40 mètres… et qui vole. « Le trimaran ultime », résume Marc Thiercelin. Le navigateur, qui a parcouru plus de 700 000 kilomètres sur les océans, s’est lancé dans la conception d’un bateau de course exceptionnel, qui ne serait plus réservé aux seules mains calleuses des skippers confirmés. « Je veux transformer le modèle pour y inviter un plus grand nombre d’acteurs : entreprises, passionnés, chercheurs, ingénieurs », explique-t-il. Pour trouver cet équilibre, il mise sur 150 jours par an de compétition et 100 jours de prestations diverses, destinées, par exemple, aux entreprises désireuses de proposer un team building original, aux particuliers en quête de frissons océaniques ou, encore, aux chercheurs et ingénieurs. Les gamers sont aussi une cible pour Marc Thiercelin, qui mise sur le potentiel du e-sailing et que des succès comme celui de Virtual Regatta ne démentent pas.

Marins augmentés

Pour attirer ces utilisateurs, le trimaran qu’a imaginé le skipper est un concentré de technologie. Équipé de foils qui lui permettent de « voler » jusqu’à dix mètres au-dessus des vagues, le navire sera équipé d’un système d’intelligence artificielle embarqué, pour gérer le vol, l’altitude et la vitesse. Les marins seront quant à eux les hôtes d’exosquelettes. « Le but est d’abord de collecter des données sur l’effort physique, la récupération et la traumatologie. » Pour permettre, par la suite, une application à divers domaines comme le handicap, voire l’armée. « Je veux garder l’idée que tout ce que l’on fait sur ce bateau puisse avoir une incidence sur ce qui se pratique à terre », précise l’entrepreneur.

Investisseurs acteurs

Et pour que le projet voie le jour, le financement a été lui aussi repensé. « Le bateau peut être considéré comme un actif, au même titre qu’un immeuble, une vigne ou une voiture de collection », affirme Marc Thiercelin. Trois types de financeurs sont donc parties prenantes du projet : les investisseurs qui financent l’actif, avec un rendement espéré à 8 %, les entreprises qui achètent des prestations, et les sponsors qui sont dédiés à la compétition. « Cela crée un cercle vertueux et répartit le risque. »

Deux scénarios se dessinent concernant l’actif, qui pourrait être au choix un maxitrimaran de 2011 à réhabiliter (Oman Air Majan), ou le rachat d’un bateau (Macif ou Idec), pour un budget similaire d’environ 5,4 millions d’euros. Environ deux tiers du financement seront assurés en dette bancaire et par Bpifrance, le tiers restant étant réservé à des investisseurs, pour un ticket d’entrée de 100 000 euros. Douze mois seront nécessaires pour la réhabilitation, et l’horizon de détention est fixé à cinq ans, avec un prix de revente estimé à 4 millions d’euros. Amarré à Marseille, le trimaran a vocation à être un ambassadeur de la région, en associant à son bord skippers et entrepreneurs du sud de la France. Un projet complet porté par un véritable passionné du grand bleu.

Camille Prigent (@camille_prigent)

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