M. Lattes (White Star Capital) : « Quitter Rothschild n’a pas été une décision facile »

Au tableau des transferts de l'année, nous trouvons la signature de Matthieu Lattes chez White Star Capital en provenance de Rothschild & Co. Cet expert des nouvelles technologies, ancien entrepreneur, rejoint le fonds de capital-innovation nord-américain en tant qu'associé pour l'aider à financer les plus belles pépites de la place.

Au tableau des transferts de l'année, nous trouvons la signature de Matthieu Lattes chez White Star Capital en provenance de Rothschild & Co. Cet expert des nouvelles technologies, ancien entrepreneur, rejoint le fonds de capital-innovation nord-américain en tant qu'associé pour l'aider à financer les plus belles pépites de la place.

 

Décideurs. Pourquoi avoir décidé de quitter Rothschild & Co, une structure qui ne cesse de se développer au profit des start-up depuis l'arrivée de Virginie Lazès?

Matthieu Lattes. Nous avons lancé l’activité « Tech » chez Rothschild avec Virginie début 2016, et nous avons été extrêmement actifs tant en levée de fonds qu’en M&A. En deux ans, l’équipe a atteint quinze personnes à Paris et l’initiative a d’ailleurs été reproduite à Londres récemment. J’ai donc vécu des années palpitantes en matière de développement de projet, et quitter la banque n’a pas été une décision facile. Mais la proposition de White Star Capital, rejoindre un fonds de VC international de premier plan qui connaît une croissance impressionnante, sur le point de clore un fonds de 180 millions de dollars (soit près de 3 fois la taille du précédent fonds, levé moins de 4 ans avant), avec le challenge de rejoindre le partnership pour développer l’activité en France et en Europe continentale, est une opportunité qui fait réfléchir pour qui s’intéresse au venture. Je l’ai saisie !

Vous passez du statut de banquier conseil à celui d'investisseur. Qu'est-ce que cela va changer dans votre approche des dossiers? 

Mon parcours m’a permis de naviguer depuis quinze ans entre l’entrepreneuriat et la finance : j’ai tour à tour été banquier d’affaires avec une dominante dans le secteur de la « Tech », entrepreneur dans le même secteur, leveur de fonds pour les startups et également business angel. J’ai donc l’impression de boucler la boucle en passant du côté VC (venture capitalist, NDLR), avec la satisfaction complémentaire de m’engager dans une aventure auprès d’une équipe et d’entrepreneurs pour qui le long terme prime. Pour le reste, l’approche des dossiers est la même : il s’agit toujours, au début, de se forger une conviction sur le potentiel d’une start-up tout en tentant de convaincre les meilleurs entrepreneurs que l’on est le bon partenaire pour les accompagner ! 

White Star Capital met l'accent sur les technologies analysant les données pour délivrer de meilleurs produits et services (Freshly, Butternut Box...). Est-ce que vous vous inscrivez dans cette dynamique ou allez-vous apporter quelque chose de différent au VC?

White Star Capital investit dans des start-up technologiques qui ont développé un modèle validé commercialement dans un pays au moins, visent un marché international et ont l’ambition d'en faire des champions mondiaux. Nous nous intéressons plus particulièrement à trois verticales : la disruption de l’industrie financière (néo-banques, Insurtech...), les nouveaux commerces - souvent très data-driven comme ceux que vous citez - mais aussi les technologies au service du retail, et enfin les technologies basées sur des capteurs et algorithmes, comme les modèles de l’Internet des objets à destination industrielle (« Industrial IoT »).

Les VC sont de plus en plus nombreux aux premiers tours de table des jeunes sociétés. Comment White Star Capital compte-t-il tirer son épingle du jeu? 

Nous avons une proposition de valeur unique. Les VC qui disposent, dans un même fonds, d’une vraie équipe locale dans cinq pays différents sur trois continents (US, UK, Canada, Japon et France) ne sont pas nombreux ! L’équipe a ainsi démontré ces dernières années une vraie capacité à aider ses start-up à s’internationaliser. Quelques cas récents très concrets : recruter un country manager à New York, trouver ses premiers contrats au Japon avec de grands donneurs d’ordre dont nous sommes proches, ou des locaux à Londres.

On sait que le late-stage souffre parfois d'un manque d'appétit des investisseurs? Comptez-vous accompagner vos pépites lors des différents tours de financement?

Aujourd’hui, nous déployons un fonds de 180 millions de dollars avec un accent sur les séries A et B. Nous investissons des tickets initiaux de 3 à 7 millions de dollars, le plus souvent aux côtés d’un fonds local, mais nous sommes en mesure de réinvestir lors des tours suivants pour accompagner le développement de nos start-up. Au total, nous pouvons injecter de 12 à 15 millions de dollars par société, et même davantage en faisant participer nos investisseurs. Nous envisageons également de lever prochainement un fonds « Growth » qui nous permettra à la fois d’investir dans les tours suivants des startups que nous connaissons, et d’être capable de rentrer dans des dossiers plus matures qui ne sont pas aujourd’hui dans notre « scope ».

 

@ Firmin Sylla

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