M.Brogli (DPO Consulting) : "Les directions juridiques devraient être au centre des réflexions stratégiques de l’entreprise"

Positionné sur le segment de la mise en conformité des entreprises au RGPD, le cabinet de conseil DPO Consulting a profité de la crise sanitaire pour parfaire son outil de protection des données personnelles, un sujet central durant cette période de recours au travail à distance. Marine Brogli, présidente groupe de DPO Consulting, nous livre sa vision du marché de la legaltech à l’heure de la reprise d’activité.

Positionné sur le segment de la mise en conformité des entreprises au RGPD, le cabinet de conseil DPO Consulting a profité de la crise sanitaire pour parfaire son outil de protection des données personnelles, un sujet central durant cette période de recours au travail à distance. Marine Brogli, présidente groupe de DPO Consulting, nous livre sa vision du marché de la legaltech à l’heure de la reprise d’activité.

Décideurs Juridiques. Pensez-vous que la legaltech sortira renforcée de la crise sanitaire?

Marine Brogli. Nécessairement. La crise sanitaire est en train de contraindre les entreprises à se réorganiser : tout outil ou plateforme qui permettra d’automatiser certaines tâches ou de faciliter le travail des juristes sera le bienvenu. En revanche, cette crise risque d’accélérer les processus habituels de contraction de marché, et certaines legaltechs trop fragiles ou trop dépendantes de grandes entreprises n’y résisteront pas.

Pensez-vous que de nouveaux budgets seront débloqués par les directions juridiques pour leur ­digitalisation ?

Je pense en effet que les dirigeants vont repositionner de nombreux budgets sur la digitalisation de leurs processus internes. En revanche, les directions juridiques sont souvent les moins dotées sur le plan budgétaire, et la crise sanitaire ne devrait pas améliorer la situation. Je crains que tout budget qu’elles récupéreront pour leur digitalisation ne se fasse au détriment de l’embauche d’un nouveau collaborateur ou d’un nouveau stagiaire. Ce qui est dommage car elles devraient aujourd’hui être au centre des réflexions stratégiques de l’entreprise, le risque réglementaire étant finalement celui qui a le plus d’impact tant d’un point de vue réputationnel que financier.

Avez-vous utilisé la période de confinement pour travailler sur de nouveaux ­produits ?

Tout à fait, nous avons profité de cette période pour repenser complètement notre application myDPO et la rendre encore plus accessible, y compris à des non-­spécialistes du RGPD. Nous avons beaucoup travaillé avec nos clients utilisateurs de cette solution pendant le confinement. Désormais, n’importe quel collaborateur d’une direction juridique peut gérer lui-même facilement sa conformité de bout en bout, en relation avec tous ses clients internes directement depuis la plateforme. L’utilisateur peut lui-même se former, se tenir au courant des dernières actualités sur le sujet grâce à notre partenariat avec Lexis Nexis et visualiser en temps réel la criticité des données traitées pour l’entreprise.

Le segment de la compliance digitale a explosé depuis les nouvelles réglementations Sapin 2 et RGPD. Comment évoluera le marché ?

Le marché aura plutôt tendance à se stabiliser. Aujourd’hui, de nombreux acteurs, souvent peu spécialistes du sujet, se lancent sur le segment de la compliance digitale, attirés par des profits financiers rapides. Certains, qui ne maîtrisaient qu’une partie du sujet, commencent à s’associer et c’est une bonne chose. Les clients avaient jusqu’ici assez peu de recul sur ce que ces acteurs devaient proposer comme services ou produits, mais il semblerait que le ciel s’éclaircisse. En tant que premier DPO de France, nous suivons le marché avec attention et nous nous réjouissons de voir une concurrence plus sérieuse arriver peu à peu.

Pensez-vous que l’Europe verra naître un géant européen ?

À titre personnel, je le souhaite, mais pas nécessairement sur le segment de la legaltech dans la mesure où les réglementations sont encore trop disparates d’un État à l’autre. Je pense que nous avons davantage nos chances sur le secteur de la e-santé.

Propos reccueillis par Marine Calvo

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