Luxe et RSE, amours impossibles ?

Si la croissance de l'industrie du luxe ne souffre d'aucune contestation, celle-ci peut-elle encore se faire à la lumière des critères RSE ? Etat des lieux de l'intégration de ces enjeux.

Si la croissance de l'industrie du luxe ne souffre d'aucune contestation, celle-ci peut-elle encore se faire à la lumière des critères RSE ? Etat des lieux de l'intégration de ces enjeux.

La RSE et le luxe n’ont pas toujours fait bon ménage, car traditionnellement, la rareté des matériaux primait sur la soutenabilité de leur exploitation. Pourtant aujourd’hui, les nouveaux clients de l’industrie du luxe – les millenials notamment - sont très attentifs au caractère responsable de ces produits. Certes, les prix élevés peuvent être justifiés par la qualité irréprochable et la singularité des produits (joaillerie, prêt-à-porter, maroquinerie…), mais ces caractéristiques ne sont crédibles aux yeux du consommateur que si l’ensemble de la chaîne de valeur intègre les enjeux RSE. Pour croître, les industriels du secteur se sont pour la plupart développés en externe. D’abord, en diversifiant leurs activités pour limiter leurs risques et, ensuite, en intégrant verticalement leurs fournisseurs. Racheter ces derniers a permis aux maisons de garantir la traçabilité de leurs. Ainsi, la RSE au cœur de la chaîne de valeur ne se limite pas à la maîtrise de la qualité des produits, mais doit s’investir aussi dans la lutte contre le gaspillage. En la matière, la start-up toulousaine Authentic Material, spécialisée dans la revente des déchets de l’industrie du luxe, a d’ailleurs réussi à lever 1,5 million d’euros auprès de BPI France.

Qu’en est-il de la RSE une fois le produit vendu ?

Là aussi, le secteur est en pleine mutation et le commerce d’articles de luxe d’occasion est florissant. En juin 2019, RealReal, plateforme américaine de revente d’accessoires de luxe certifiés, ouvrait 17,6 % (300 000 dollars) de son capital sur le NASDAQ. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le leader mondial est bien français ! Puisque, au même moment, deux ans après une levée de fonds de 58 millions d’euros, Vestiaire Collective récoltait 40 millions d’euros pour financer les investissements liés à sa croissance fulgurante (120 salariés embauchés en 2019). Le luxe et la mode sont d’autant plus concernés par l’économie circulaire qu’il s’agit d’une industrie à fort impact écologique. Le prêt-à-porter, notamment, est un secteur très polluant. L’industrie de la mode serait responsable de 10% des émissions de CO2 et de 20% de la consommation d’eau. Pour y remédier, Vinted, la plateforme européenne de revente de vêtements entre particuliers, a levé, en décembre, 128 millions d’euros, portant sa valorisation à un milliard d’euros, entrant ainsi dans le cercle très fermé des licornes européennes.

Baptiste Delcambre

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