LexisNexis : Grâce à l’intelligence juridique, les avocats pourront prendre une longueur d’avance

LexisNexis : Grâce à l’intelligence juridique, les avocats pourront prendre une longueur d’avance
Sophie Coin-Deleau, directrice de l'activité avocats, et Florian Perrot, directeur de l'activité logiciels, de LexisNexis

Acteur majeur de la legaltech, LexisNexis accompagne la transformation de la pratique des avocats avec ses logiciels de gestion Saas Lexis Poly et sa plateforme d’information juridique et d’analytics Lexis 360 Intelligence. L’entreprise s’appuie sur l’alliance de l’expertise éditoriale et des meilleures technologies afin de proposer des outils de productivité et d’aide à la décision très performants, tout en garantissant une sécurité juridique unique.

Décideurs. Quel regard portez-vous sur l’activité des cabinets d’avocats, deux ans après le début de la crise sanitaire ?

Sophie Coin-Deleau. L’année 2021 a été celle de la consolidation de nouvelles habitudes de travail et du rebond économique. Passée la sidération provoquée par l’irruption de la crise sanitaire, la paralysie partielle de l’activité notamment judiciaire, les avocats, à l’instar des autres acteurs économiques, se sont organisés pour s’adapter à ce nouveau monde.

Le développement de l’usage des outils digitaux a permis la poursuite des interactions avec leurs clients. Une étude menée par LexisNexis entre septembre et octobre 2021 a ainsi montré la stabilisation de l’usage de la visioconférence à un niveau élevé par rapport à 2020 (68 % contre 67 %) et la poursuite du développement de la signature électronique (50 % contre 40 %).

En revanche, de façon plus surprenante, le recours aux outils permettant de développer l’activité et la productivité du cabinet semble avoir peu progressé. Le niveau d’équipement en logiciels de gestion d’activité reste stable à près de 50 %, tout comme celui en solutions de scan de documents ou de dictée vocale aux alentours de 25 % et 12 % pour une solution de gestion de la relation client dite CRM.

Enfin, si l’on observe l’usage des technologies avancées, nous n’en sommes qu’aux balbutiements avec moins de 10 % de taux d’équipement en solutions de jurimétrie, ou d’analyse de documents. Il est vrai que dans ces domaines, l’offre n’a pas encore atteint sa maturité.

L’incertitude sur l’avenir, le besoin de reconstruire une trésorerie impactée par la crise ont peut-être encouragé un réflexe attentiste chez certains. Avec la sortie de crise qui semble se profiler, 2022 devrait marquer une évolution sensible des investissements pour l’ensemble des cabinets.

La pratique des avocats a été profondément modifiée avec notamment la pérennisation du travail à distance. Que proposez-vous pour répondre à ces nouveaux besoins ?

Florian Perrot. En effet, les modes de travail ont été profondément, et durablement, modifiés au profit d’une plus grande flexibilité d’organisation et mobilité. Le Saas est parfaitement adapté à ces usages, et nous avons pu constater un attrait croissant des avocats pour ce type de solutions. Les avocats et leurs collaborateurs bénéficient d’un accès rapide à leurs dossiers, sans les inconvénients liés aux technologies plus anciennes (TSE, Citrix) qui génèrent souvent des problèmes de connexion et des lenteurs.

Il subsiste parfois encore une appréhension, heureusement minoritaire, en matière de sécurité des données et craintes liées au piratage. En réalité, le risque est bien moindre avec une solution SaaS conforme aux standards de sécurité du marché en matière de stockage des données qu’avec un hébergement local dans les serveurs du cabinet. Parmi les autres avantages importants de ce modèle, les applications étant mises à jour automatiquement, les opérations de maintenance n’incombent plus de fait aux avocats.

Enfin, le mode SaaS est un avantage financier puisque cette solution est plus avantageuse fiscalement que des investissements. Avec Lexis PolyOffice, nous apportons aux avocats une solution SaaS de gestion complète qui centralise toutes les données pour collaborer facilement, piloter les agendas du cabinet, rattacher des éléments liés aux dossiers (pièces, emails…) en quelques clics. Le logiciel offre également un suivi de l’avancement des tâches grâce à la gestion collaborative, outil de pilotage précieux pour vérifier l’état d’avancement des dossiers en cours.

"Notre ambition a toujours été et reste d’accompagner les avocats, dans la diversité de leur pratique, en les dotant des solutions d’intelligence juridique les plus performantes pour répondre à leurs besoins."

La collaboration avec le client de l’avocat est également facilitée par la possibilité d’ouvrir un espace dédié et entièrement sécurisé pour le partage de documents, et d’éviter les échanges de mail chronophages. Cette solution d’extranet permet d’éviter de recourir à des plateformes d’échanges, parfois peu transparentes sur leurs modalités de stockage des données. En matière de rédaction contractuelle, le logiciel propose des modèles fiables et robotisés. Il dispose d’une bible d’actes de plus de 9 000 modèles mise à jour par des juristes. Depuis 2021, cette base de modèle est mise à jour en flux, et non plus trimestriellement, ce qui est plébiscité par nos utilisateurs.

Toutes les évolutions apportées au cours de l’année à notre solution logicielle sont validées avec nos clients lors de sessions de travail individuelles et webinaires qui rassemblent parfois plusieurs centaines d’utilisateurs. Nous faisons en sorte de traiter les besoins prioritaires, qu’il s’agisse de "quick wins" sur l’optimisation du parcours utilisateur ou de la mise en place de fonctionnalités nouvelles. En 2021, Lexis PolyOffice a connu de nombreuses améliorations ergonomiques, et également l’ajout de fonctionnalités métier puissantes comme le nouveau module de gestion des assemblées générales, l’enrichissement du module des statistiques…

Enfin, Lexis PolyOffice est une solution logicielle qui se veut ouverte aux autres applications métier utilisées par les avocats, en s’interfaçant via des API. Cela laisse le choix au cabinet d’utiliser ses propres outils ou les solutions de nos partenaires comme Docusign® notamment en matière de signature électronique

S. C.-D. La généralisation du télétravail a également induit des changements concernant la recherche et consultation d’information juridique. Certains cabinets ont repensé l’organisation de leurs locaux et de leur documentation, en limitant le recours au papier ; l’accès à la documentation en ligne, déjà très majoritaire, est devenu essentiel pour l’ensemble des avocats, afin de retrouver le contenu juridique indispensable à la construction de l’argumentaire juridique au bureau, à domicile, comme en déplacement.

Lexis 360 permet ainsi aux avocats d’accéder en ligne à l’ensemble des sources juridiques augmentées, ainsi qu’à la doctrine de référence dans l’ensemble des matières du droit. Début 2021, nous avons déployé la nouvelle version, Lexis 360 Intelligence, à l’ensemble de nos utilisateurs. Toute l’année, nous avons poursuivi les développements en tenant compte des retours de nos clients. L’année 2022 va être celle de la bascule par défaut sur cette nouvelle interface, avec bien sûr une période de transition pendant laquelle il sera toujours possible de revenir sur l’ancienne version.

L’open data des décisions de justice a commencé à être déployé fin 2021. Quels sont selon vous les principaux enjeux pour les avocats et les pistes pour y faire face ?

S. C.-D. Nous venons en effet de franchir la toute première étape de l’open data des décisions de justice avec la mise à disposition, fin septembre dernier, des décisions de conseil d’État et de cassation. C’est un petit pas mais il est très symbolique, car cela faisait plus de cinq ans qu’on l’attendait. Ce qui va changer la donne, c’est surtout l’ouverture des décisions de première instance. Cela va commencer dès juin 2022 avec les décisions de tribunal administratif, puis les décisions de conseils de prudhommes en juin 2023, mais c’est surtout avec l’ouverture des décisions en pénal et civil à horizon 2025 que le volume va être considérable. À moyen terme, pas loin de 4 millions de décisions voire davantage seront déversées annuellement. Seule une infime minorité présentera un intérêt pour l’avocat. L’enjeu principal de l’open data est donc pour l’avocat de s’assurer qu’il pourra accéder, au sein de cette masse de décisions, à celles qui lui seront utiles pour construire sa stratégie juridique dans un dossier particulier.

"Toutes les évolutions apportées au cours de l’année à notre solution logicielle sont validées avec nos clients lors de sessions de travail individuelles et webinaires qui rassemblent parfois plusieurs centaines d’utilisateurs."

Dans ce contexte, l’avocat pourra s’appuyer sur trois moyens cumulatifs pour optimiser l’exploitation de cette donnée et en extraire la substantifique moelle.

Les solutions d’aide à la décision, fondées sur l’alliance d’intelligence artificielle et d’expertise juridique, permettant de rapprocher les décisions similaires sur un cas donné, de cartographier les décisions par entreprise ou de projeter une représentation graphique des décisions en les ordonnant selon leur degré de pertinence donneront toute la valeur à ce flux d’informations. Ce sont des pistes que nous explorons déjà dans Lexis 360 Intelligence, avec les fonctionnalités "décisions similaires", la "page entreprise" et la "vue graphique de la jurisprudence". La jurimétrie, ou encore l’analyse statistique des données issues de la jurisprudence, permettra également d’apporter une aide précieuse aux avocats notamment – mais pas exclusivement – dans le domaine du contentieux indemnitaire.

Enfin, la doctrine tiendra bien évidemment une place centrale dans l’analyse et la mise en perspective de ces données, pour saisir la portée d’un contentieux émergent par exemple.

Parlons un peu d’avenir. Quelle stratégie déployez-vous pour accompagner la transformation de la pratique des avocats ?

F. P. Côté logiciel, notre activité se renforce avec la création d’une entité dédiée. Nous souhaitons apporter une solution SaaS adaptée aux besoins de l’ensemble des avocats, qu’ils aient une activité juridique ou judiciaire dominante, tout en respectant les spécificités propres à chaque cabinet. Dans cette perspective, nous débutons 2022 avec une évolution majeure des dossiers judiciaires.

En outre, nous allons poursuivre le développement de nouvelles fonctionnalités métier, en propre et en partenariat, en étroite collaboration avec nos utilisateurs.

S. C.-D. Notre ambition a toujours été et reste d’accompagner les avocats, dans la diversité de leur pratique, en les dotant des solutions d’intelligence juridique les plus performantes pour répondre à leurs besoins.

C’est pour cela que nous faisons constamment évoluer nos produits pour nous adapter aux nouveaux usages et missions des avocats, en co-création avec nos clients. Lexis 360 Intelligence, qui allie la puissance d’un moteur de recherche ultra-performant à une expérience utilisateur unique, des fonctionnalités avancées d’analyse de la donnée juridique et la doctrine LexisNexis, est une illustration de cette approche. Début 2022 cette plateforme évolutive intégrera notamment un nouveau service d’analyse de documents, Lexis Explore. Ce service va permettre d’identifier et de retrouver les sources et la doctrine liées ; il apportera ainsi une aide à la décision, une sécurité juridique et un gain de temps substantiel à l’avocat.

L’acquisition récente de Closd, start-up créée par d’anciens avocats, spécialisée dans la gestion de projets juridiques complexes, prolonge également notre offre et ouvre des perspectives pour de nouveaux cas d’usage fondés sur l’intégration de nos différentes lignes de produits.

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