Les transports urbains à l’heure du déconfinement

Si le bilan de la première semaine post-confinement est jugé « globalement satisfaisant » dans les transports publics franciliens, les équipes municipales et régionales tentent de mettre à profit le déconfinement pour mieux harmoniser les déplacements métropolitains.

© Mairie de Paris

Si le bilan de la première semaine post-confinement est jugé « globalement satisfaisant » dans les transports publics franciliens, les équipes municipales et régionales tentent de mettre à profit le déconfinement pour mieux harmoniser les déplacements métropolitains.

Alors que la France s’est officiellement déconfinée le 11 mai, l’épineuse question des transports occupait tous les esprits. Les images de voyageurs entassés dans des rames de métro, de RER, et sur les quais de la Gare du Nord dès le premier jour de déconfinement ayant douché les maigres espoirs de voir les distanciations sociales respectées dans les transports en commun, c’est sur les transports individuels que reposent l’essentiel des déplacements post-confinement au sein de nos métropoles. En période normale, 43 millions de déplacements sont effectuée en Île-de-France chaque jour, parmi lesquels 9,4 millions via les en transports en commun. La première semaine cruciale passée, Île-de-France Mobilités a constaté une montée progressive du nombre de voyageurs, passant de 500 000 par jour pendant le confinement à 700 000 lundi 11 mai et 850 000 en fin de semaine, soit 17 % de l’affluence normale en moyenne. Pour ceux dont l’activité professionnelle ne s’accommode pas du télétravail la question se pose de nouveau.

Retour de la voiture : la hantise des mairies

Toujours reine des déplacements péri-urbains, la voiture individuelle est pourtant devenue la bête noire à chasser des centres villes depuis plusieurs années. Présentant l’avantage de garantir au mieux les distanciations sociales nécessaires aux semaines post-onfinement et plébiscitée par 68 % des français pour le déconfinement selon un sondage Opinionway en mai 2020, son retour en grâce n’aura pourtant pas lieu. En cause, la peur des embouteillages et de la pollution. Si les études d’Airparif pendant le confinement ont montré que les émissions de CO2 et de dioxyde d’azote avaient singulièrement baissé, il n’en va pas de même pour la pollution aux particules, aux multiples origines, qui n’a que peu évolué malgré un trafic routier au plus bas. Mais alors que les maires en place dans la plupart des grandes villes doivent encore affronter le second tour des élections, ceux-ci redoutent sans doute une déferlante automobile dans des centres-villes où réside un électorat désormais hostile à ce qui fut autrefois un symbole de liberté et de réussite.

La petite reine : grande gagnante

C’est donc sur le vélo que se portent les espoirs des villes pour tenter de limiter l’engorgement des réseaux de transport en commun. Très en vogue depuis plusieurs années et récemment mise à contribution lors des grèves de décembre 2019, la bicyclette est mise au centre des politiques de déconfinement des villes. La région Île-de-France a débloqué 300 millions d’euros pour accélérer la mise en place de son « RER Vélo », qui comptera à terme 600 kilomètres de voies cyclables sécurisées à travers la région. La ville de Paris a quant à elle mis en place un plan dit « d’urbanisme tactique » en installant un grand nombre d’aménagements temporaires, faciles et peu coûteux à mettre en place afin de faciliter au maximum la pratique du vélo dans un Paris fraîchement déconfiné. Sur le périmètre du Grand Paris, ce sont près de 30 kilomètres de nouvelles voies cyclables qui ont ainsi été fraîchement créés. Pour rappel, avant crise, la voirie francilienne était partagée 17,2 millions de piétons, 130 000 usagers à trottinette, 180 000 en taxis et VTC, 420 000 en deux-roues motorisés, 840 000 à vélo, 3,9 millions de voyageurs en bus et 14,8 millions d’automobilistes. Si le succès de ces installations provisioires est au rendez-vous, la sortie de confinement pourrait même représenter « une opportunité historique, un changement de paradigme, pour faire en quelques mois ce qui, en temps normal, aurait pris des années ou n’aurait jamais peut-être pu être envisagé » selon Dominique Riou, chargé d’études au département mobilité transport de L’Institut Paris Région. Contre 400 000 cyclistes quotidiens habituellement, la région espère ainsi doubler leur nombre post-confinement, tandis que les réparateurs franciliens ont affiché complet grâce au « chèque vélo » mis en place par la Région. Privés d’arrivée du Tour de France sur les Champs Elysées en juillet, les régionaux de l’étape sont tout de même priés d'investir la capitale.

Boris Beltran

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