Les réseaux sociaux dorénavant inspectés par les douanes américaines

Les douanes américaines demandaient déjà de nombreuses informations personnelles aux individus souhaitant entrer sur son territoire. Fin 2016, elles ont décidé d’aller encore plus loin en s'attaquant cette fois-ci aux réseaux sociaux.

Les douanes américaines demandaient déjà de nombreuses informations personnelles aux individus souhaitant entrer sur son territoire. Fin 2016, elles ont décidé d’aller encore plus loin en s'attaquant cette fois-ci aux réseaux sociaux.

Le système électronique d’autorisation de voyage (ESTA) permet aux voyageurs de se rendre aux États-Unis en vacances ou en voyage d’affaires pour une durée maximale de quatre-vingt-dix jours. Ce service concerne les citoyens de trente-huit pays exemptés de visa, dont la France, et demande de renseigner des informations telles que ses nom et prénom, date de naissance et coordonnées, ainsi que son emploi. Pour finaliser sa demande, il suffit de s’acquitter de la somme de quatorze dollars.

 

Demande du gouvernement Obama

Depuis le 20 décembre 2016, les personnes désirant se rendre sur le sol américain sont également invitées à renseigner leurs noms d’utilisateurs sur les réseaux sociaux. Cela fait suite à une demande du gouvernement Obama datant de juin 2016 qui invoquait alors la protection du territoire national contre la menace terroriste. Cette nouvelle ligne du formulaire ESTA reste cependant facultative. Ne pas répondre à cette demande ne constituerait pas une raison suffisante pour refuser l’entrée sur le territoire, du moins pour le moment. Les réseaux sociaux concernés sont entre autres Facebook, Twitter, Instagram, Google+ ou encore LinkedIn. Le nom d’utilisateur est ainsi demandé mais en aucun cas le mot de passe qui lui est associé. Seules les informations publiques seront accessibles par les autorités.

 

Inquiétude des associations de défense des droits et des libertés

L’utilisation faite de ces données n’a cependant jamais été évoquée : on ne connaît en effet ni la finalité, ni la durée de conservation de ces informations qui relèvent de la vie privée. Ayant déjà essuyé de nombreuses critiques à la suite des révélations d’Edward Snowden en 2013, les services de renseignement américains pourraient bénéficier de cette collecte d’informations et étendre ses activités controversées. Cette situation inquiète les associations de défense des droits et des libertés qui ont décidé de monter au créneau. Pour le Center for Democracy and Technology, dont la mission est de promouvoir un Internet ouvert, innovant et libre, les autorités vont ainsi collecter des « informations très sensibles sur les opinions, les croyances, l’appartenance à une communauté », bien qu’elles soient volontairement transmises par les personnes. De son côté, l’Internet Association, organisation représentant les plus grandes compagnies américaines de l’Internet dont Facebook et Google, assure que cette nouvelle demande aura un effet sur la liberté d’expression en ligne et le respect de la vie privée des visiteurs étrangers dans le pays, voire même sur l’utilisation des réseaux sociaux. En France, la Cnil ne voit également pas cette demande d’un très bon œil et évoque d’ailleurs dans les colonnes du Figaro une « réelle menace pour le droit à la vie privée ».


Margaux Savarit-Cornali

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