OMS, les grandes dates de l'organisation

Au premier plan depuis le début de la crise sanitaire actuelle, l’Organisation mondiale de la santé a connu différents succès et controverses au cours de ses 72 années d’existence. Retour sur quelques dates clés de l’institution.

Au premier plan depuis le début de la crise sanitaire actuelle, l’Organisation mondiale de la santé a connu différents succès et controverses au cours de ses 72 années d’existence. Retour sur quelques dates clés de l’institution.

1851

Cette année-là eut lieu la première conférence sanitaire internationale. Douze pays, dont la France et le Royaume-Uni, se réunirent à Paris pour coordonner la lutte contre les maladies sous l’angle international. Quatorze conférences de ce type se déroulèrent jusqu’en 1938 mais débouchèrent sur peu de réalisations concrètes.

La première organisation sanitaire intergouvernementale fut le Bureau sanitaire panaméricain, créé en 1902, qui regroupa les États du continent américain. En juin 1949, cette organisation devint le bureau régional de l’OMS, tout en gardant son identité au sein de l’institution. Suivit la création de l’Office international d’hygiène publique (OIHP) à Paris en 1907 qui peut être considéré comme le prédécesseur de l’OMS. 

1945

La fin de la Seconde Guerre mondiale engendra la création de l’Organisation des Nations Unies en octobre 1945. En juin de l’année suivante, une conférence sanitaire internationale eut lieu à New York qui mit au point la Constitution de l’OMS. Celle-ci adopta aussi un arrangement pour le transfert des tâches de l’OIHP et créa une commission intérimaire chargée des travaux préparatoires.

1948

Le 7 avril 1948, l’OMS, agence rattachée à l’ONU, prit officiellement forme. Elle compta 61 États membres contre 196 aujourd’hui. Et la Journée mondiale de la Santé est désormais célébrée chaque année à la date d’anniversaire de la création.

1958

Dix ans après son lancement et sous l’impulsion de l’Union soviétique, l’OMS développa un programme pour combattre la variole. Celui-ci déboucha sur l’éradication de la maladie en 1980 alors qu’elle causait encore la mort de 2 millions de personnes par an. Il s’agit de la première maladie disparue grâce à la volonté humaine. La vaccination n’est aujourd’hui plus appliquée que dans les forces armées et les laboratoires.

Après plusieurs années de lutte, l’OMS changea de stratégie en 1967, pour mettre en œuvre la "stratégie de surveillance et d'endiguement", qui consiste à isoler les cas et à vacciner tous ceux qui vivaient aux alentours de foyers d'épidémie.

Le 12 septembre 1978

Cette date marque la déclaration d’Alma-Ata, ancienne capitale du Kazakhstan. Ce texte réaffirme les grandes missions de l’OMS. Il met l’accent sur la responsabilité des individus et des communautés à toutes les échelles. Le document a pour particularité de définir les soins de santé primaire qui "reflètent les conditions économiques et les caractéristiques socio-culturelles et politiques du pays et des communautés dont ils émanent".

2005

Le 23 mai de cette même année, le Règlement sanitaire international (RSI), document de référence de l’institution est mis à jour. Il n’entrera en vigueur qu’en juin 2007.

Contrairement aux versions antérieures qui visaient certaines maladies comme la fièvre jaune ou le choléra, le texte prend cette fois en compte "toute pathologie humaine". Il a pour objet d’établir un ensemble de règles et principes à appliquer par les États signataires dans un contexte de montée de la mondialisation et des voyages.

Le 4 janvier 2007

Prise de fonction de Margaret Chan, chinoise et médecin, à la tête de l’institution qu’elle dirigea pendant dix ans. Son élection à la tête de l’organisation s’inscrivit dans une stratégie d’influence de la Chine. Proche du pouvoir, elle contribua à la reconnaissance institutionnelle de la médecine traditionnelle chinoise.

Son premier mandat fut marqué par l’épidémie de grippe H1N1 en 2009, au cours de laquelle son action fut controversée. L’OMS poussera les gouvernements à se fournir en larges quantités de vaccins, qui ne seront finalement pas utilisés. Fin janvier 2010, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe auditionnait l'OMS, suspectée "d'avoir exagéré la menace de la grippe "ous la pression des laboratoires". Le dernier décompte officiel faisait état de 18 318 morts dues à cette grippe. Or d’après une étude publiée dans The Lancet en 2012, des chercheurs ont estimé que cette grippe avait provoqué la mort de près de 280 000 personnes.

Le 12 mars 2020

Un mois et demi après avoir déclaré l’état d’urgence sanitaire internationale, le 30 janvier, l’OMS attribue le statut de pandémie à l’épidémie de Covid-19. À cette date, une centaine de pays ont déjà déclaré des cas sur leur territoire. Sa gestion est mise en cause par divers acteurs internationaux au premier rang desquels Donald Trump, qui accuse l’institution d’avoir dissimulé la vitesse de propagation du virus.

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retrouvez l'intégralité du dossier Enquête OMS : succès, échecs et réformes nécessaires

À chaque nouvelle crise sanitaire mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé est montrée du doigt. À chaque fois, elle doit apprendre de ses erreurs et amorcer des changements. La nouvelle pandémie du Covid-19 entraînera-t-elle une réforme en profondeur de l’organisation pour, notamment, renforcer son pouvoir vis-à-vis des États ? Décideurs revient sur l'histoire de l'OMS, en plusieurs épisodes, pour décrypter les rouages de cette organisation, son fonctionnement, ses échecs mais aussi ses succès.
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