Legrand : Numérisation en cours

En progression continue depuis son retour en Bourse en 2006, Legrand résiste à la crise du bâtiment. les acquisitions et l’élargissement de son catalogue font partie de ses priorités. L’objectif : croître en gagnant du terrain sur les nouveaux segments ouverts par le numérique.

En progression continue depuis son retour en Bourse en 2006, Legrand résiste à la crise du bâtiment. les acquisitions et l’élargissement de son catalogue font partie de ses priorités. L’objectif : croître en gagnant du terrain sur les nouveaux segments ouverts par le numérique.

«?Nos performances démontrent la robustesse de notre modèle économique?», assure Gilles Schnepp, le P-DG de Legrand. Malgré l’atonie du marché de la construction, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 8,4?% au premier semestre 2015. Porté par un effet de change favorable et un périmètre élargi par de nouvelles acquisitions, il s’établit à plus de 2,4?milliards d’euros sur ces six mois. Le spécialiste des infrastructures électriques est sur les rails pour réaliser ses ambitions?: élargir son offre d’équipements numériques et croître au rythme de 10?% par an à l’horizon 2020.

 

Un catalogue aligné sur les nouveaux besoins

 

«?Legrand est au carrefour de profondes révolutions sociétales et technologiques.?» Gilles Schnepp en est convaincu. En 2014, il réorganise le groupe autour de sept business units (interface utilisateur, distribution d’énergie, systèmes du bâtiment, cheminement de câbles, infrastructures numériques, alimentation sans interruption et composants d’installation) pour se positionner sur les segments du marché des infrastructures électriques les plus dynamiques. Bâtiment intelligent, efficacité énergétique ou assistance à l’autonomie, «?notre nouvelle organisation nous permet d’être plus pertinents pour chacun de ces nouveaux besoins?». L’offre dont l’industriel dispose pour y répondre représente déjà 29?% de son chiffre d’affaires et cette part est appelée à croître.

Une croissance qui passe par l’élargissement du catalogue. Si Legrand propose déjà quatre-vingts familles de produits représentant au total quelque 215?000 références, le groupe compte atteindre cent familles d’ici à 2020. En plus des 220?millions d’euros qu’il investit en R&D chaque année, les dernières acquisitions visent donc des technologies que le groupe ne possède pas. En juin, les équipes de Gilles Schnepp ont ainsi été rejointes par celles de Raritan, l’un des principaux fabricants américains d’unités de distribution électrique intelligentes. Résultats?: ses ventes sur les nouveaux segments progressent de 12?% au premier semestre.

 

Eliot

 

Depuis l’été, Legrand concentre son développement sur une technologie?: l’Internet des objets. «?Dans une vingtaine d’années, la connectivité sera devenue la norme?», anticipe le P-DG. Pour ne pas se laisser distancer sur ce segment promis à 20?% de croissance par an, le spécialiste de l’appareillage vient de lancer le programme Eliot pour Electricity & Internet of Things. Objectifs?: une croissance des ventes d’objets connectés à deux chiffres et une quarantaine de familles au catalogue proposant ce type de produit au lieu de vingt actuellement.

 

Pour faire évoluer l’offre du groupe, le programme s’appuiera autant sur les nouveaux produits que sur les références existantes. Legrand prévoit en effet de convertir celles nécessitant une maintenance ou pouvant intégrer une commande à distance. Ses tableaux électriques par exemple : grâce à la technologie de mesure de l’italien IME acquis en mai dernier, ils sont désormais équipés pour fournir des informations sur leur consommation d’électricité aux habitants et à leur électricien. De quoi séduire la clientèle professionnelle – avec laquelle le groupe réalise déjà 92?% de ses ventes – qui générera 60?% de la demande d’objets connectés en 2020. Et les perspectives sont immenses pour Legrand. Les nouveaux segments de marchés et l’Internet des objets ont élargi son potentiel de cinquante à quatre-vingts milliards d’euros.

 

Branché sur les émergents

 

L’expansion internationale est l’autre levier de croissance de l’équipementier électrique, déjà présent dans quatre-vingts pays. «?La qualité de nos positions est l’un des fondamentaux du groupe?», explique le P-DG. Leader ou challenger dans une vingtaine de pays en 2003, Legrand occupe aujourd’hui la pole position dans quarante-cinq pays. La stratégie de conquête internationale de l’industriel est bien huilée : il tire déjà 80?% de ses revenus hors de France. Aux États-Unis, en moins d’une décennie, huit acquisitions ont permis de doubler le chiffre d’affaires local. Au point de hisser le groupe parmi les fournisseurs des grands noms du Web comme Amazon, Adobe, Bloomberg ou Linkedin dont il équipe les data centers. Côté pays émergents, s’ils ne pèsent que 40?% du chiffre d’affaires, ils restent l’un de ses principaux réservoirs de croissance selon Gilles Schnepp?: «?Chaque année, vingt millions de personnes s’installent dans les villes de ces pays et 20?% de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité.?» Récemment, l’équipementier a mis un pied aux Philippines, au Burkina Faso, au Pakistan et au Bangladesh.

 

Cette internationalisation rapide a des conséquences. En 2014, les fluctuations des taux de change ont joué sur les niveaux de la croissance?: le chiffre d’affaires a pâti d’un impact négatif de 2,4?% soit 107?millions d’euros. Cette situation ne semble pas inquiéter les marchés financiers. Si le CAC 40 est encore à son niveau de 2006, année du retour en Bourse de Legrand, son action, elle, a gagné près de 120?%. Preuve que les investisseurs croient à son avenir.

 

J.-H. F.

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