« Le nouveau bien que les gens veulent acquérir c’est la connaissance »

Première enseigne à investir le territoire de la naturalité, Nature & Découvertes appuie aujourd’hui sa croissance sur la force de sa marque et sur un contexte mondial porteur. Entretien avec Antoine Lemarchand, P-DG de Nature & Découvertes.

Première enseigne à investir le territoire de la naturalité, Nature & Découvertes appuie aujourd’hui sa croissance sur la force de sa marque et sur un contexte mondial porteur. Entretien avec Antoine Lemarchand, P-DG de Nature & Découvertes.

Décideurs. Comment résumeriez-vous le concept Nature et Découvertes??

Antoine Lemarchand. Au départ, il consistait à faire venir les gens à la nature. Cela a très bien fonctionné pendant dix ans avant de s’essouffler lorsqu’ils ont souhaité que la nature vienne à eux. On est alors entré dans la vague du bien-être avec l’aromathérapie, les cosmétiques bio, etc. Aujourd’hui, on se situe dans une troisième tendance?: celle de l’autonomie avec un consommateur qui veut davantage maîtriser sa consommation. Il ne s’agit pas d’écolos hardcore mais de ce qu’on appelle les « créatifs culturels »?: une population en forte croissance en Europe qui souhaite consommer de façon raisonnée et investit beaucoup dans l’éducatif, la santé, l’alimentation saine, le voyage intelligent… Nature & Découvertes a évolué autour de ces attentes.

 

À l’exception de la Suisse, votre réseau est constitué exclusivement de magasins en propre. Pourquoi??

D’une part parce que Nature & Découvertes repose sur un concept assez complexe puisque fondé sur six univers produits – l’enfant, le bien-être, le jardin, l’outdoor, le bio et la déco. D’autre part parce que l’investissement de départ dans les magasins est particulièrement élevé. Le retour sur investissement est très bon, tous étant rentabilisés au bout d’un an et demi voire deux ans, mais leur aménagement est coûteux. Ces deux caractéristiques font de Nature & Découvertes un modèle difficile à franchiser.

 

Pourquoi une telle importance accordée aux magasins??

L’aménagement spécifique des points de vente a toujours été au cœur de notre business model, le parti pris consistant, depuis le départ, à ne consacrer aucun budget à la communication mais à user des magasins comme de vecteurs de communication à part entière.  C’est pourquoi leur aménagement est si stratégique?: chaque site est pensé pour représenter une oasis de nature, aménagée avec des éléments bruts naturels et éco-conçus, afin de devenir une page de pub. Et au vu de notre taux de notoriété très élevé, cela fonctionne.

 

Une stratégie qui fait de vous l’une des premières enseignes à avoir capitalisé sur l’expérience client…

Effectivement, l’ambition ayant toujours été de créer une parenthèse de nature au cœur des villes, la logique « expérientielle » est omniprésente, dans les magasins mais aussi à travers le Club Nature & Découvertes qui contribue à renforcer l’engagement de nos clients. Il s’est fortement développé au cours des dernières années et compte aujourd’hui 1,3 million de membres régulièrement sollicités sur le choix des projets de la fondation, la refonte de certains produits, le lancement de nouveautés…

 

Quels axes de croissance comptez-vous privilégier désormais ?

Nos principaux leviers de développement sont l’international et le digital qui progresse au rythme annuel de 20 % à 25 %. Aujourd’hui, on y réalise 7 % de notre chiffre d’affaires et nous visons 18 % à fin 2020. Le fait que la conscience environnementale gagne du terrain dans le monde entier dope évidemment la demande. Pour y répondre, nous envisageons de renforcer notre présence à l’international, notamment en Suisse, en Allemagne et en Autriche. En France, il nous reste une importante marge de progression mais notre emblème est la tortue?: c’est celui d’un développement durable, humainement gérable et toujours très qualitatif. C’est pourquoi notre enseigne n’est pas conçue pour croître au rythme de quinze ouvertures par an.

 

Et votre offre, est-elle appelée à évoluer??

Le nouveau bien que les gens veulent acquérir c’est la connaissance. C’est pourquoi je pense que l’avenir consistera à mettre l’usage des objets à leur disposition, mais pas nécessairement leur propriété. Cela peut se traduire par une offre de coaching, par des ateliers… La nouvelle attente c’est apprendre, se former. à nous d’y répondre.

 

Propos recueillis par Caroline Castets.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

retrouvez l'intégralité du dossier Les conseils de cinq dirigeants pour réussir

Selon l'Insee, la croissance du PIB français devrait s'élever à seulement 1,3 % en 2016. Dans cet environnement morose, des entreprises hexagonales réussisent pourtant à prospérer : recrutant, innovant, investissant à l'international ou dans le digital...
Sommaire Le monde des possibles Nicolas Pelletier (Decathlon) : « Rendre le sport plus facile » Nature & Découvertes : du produit à l’expérience La Redoute, sûre de ses atouts « Une refonte totale de notre offre commerciale » Les histoires d’amour d’Adopte un mec « Nous adapter aux tendances et aux particularités régionales » Nuxeo rêve en américain « Une division sépare la France des États-Unis »
P.-O. Bernard et A. Chartier (Opleo Avocats) : "Le digital est une invitation à franchir la porte du marché de l’art"

P.-O. Bernard et A. Chartier (Opleo Avocats) : "Le digital est une invitation à franchir la porte du...

Si le digital ne peut remplacer les liens indéfiniment, c'est un moyen efficace pour démocratiser l’art et inciter les collectionneurs dans l’âme à pa...

Teleperformance renforce sa présence aux États-Unis

Teleperformance renforce sa présence aux États-Unis

Teleperformance, un des leaders mondiaux de la gestion de l'expérience client externalisée décide d’acquérir Health Advocate pour un montant de 690 mi...

P. Ganansia (Herez) : "Le monde de l’art bascule un peu plus dans le digital"

P. Ganansia (Herez) : "Le monde de l’art bascule un peu plus dans le digital"

Le confinement s’annonçait critique pour le marché de l’art. Il en fut tout autrement grâce aux initiatives digitales de ces derniers mois. Entretien...

Marc Bertrand nommé directeur général d’Amundi immobilier

Marc Bertrand nommé directeur général d’Amundi immobilier

Amundi a annoncé ce lundi l’arrivée de Marc Bertrand en qualité de directeur général d’Amundi immobilier, succédant à Jean-Marc Coly.

N. Duneau (Volvo) : "La digitalisation a un impact sur tout le parcours du consommateur"

N. Duneau (Volvo) : "La digitalisation a un impact sur tout le parcours du consommateur"

Après une quinzaine d’années en agence de publicité en charge de divers secteurs, Nathalie Duneau change de cap et s’oriente vers les deux domaines qu...

Fraikin reprend Via Location

Fraikin reprend Via Location

Le groupe français Fraikin, leader européen de la location longue durée de véhicules industriels et commerciaux, vient d’annoncer, le 21 octobre, l’ac...

C. Heydemann (Schneider Electric) : "Nous avons réalisé que ce qui n’était pas encore digitalisé pouvait devenir une faiblesse"

C. Heydemann (Schneider Electric) : "Nous avons réalisé que ce qui n’était pas encore digitalisé pou...

Accélération digitale, 5G, effets de la crise sanitaire ou encore place de la data dans l’industrie, la présidente de Schneider Electric pour la Franc...

J-P. Sbraire (Total) : "Notre ambition est d’atteindre la neutralité carbone en 2050"

J-P. Sbraire (Total) : "Notre ambition est d’atteindre la neutralité carbone en 2050"

Les groupes pétroliers ont dû affronter à la fois la crise sanitaire de Covid-19 et la crise des marchés pétroliers. Jean-Pierre Sbraire, directeur fi...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte