Hollywood vs Bollywood : le match

Les États-Unis construisent leur puissance sur le soft power dont Hollywood est la locomotive. Avec Bollywood, l'Inde espère rivaliser à moyen-terme. Pour le moment, les Américains sont loin devant. La preuve en chiffres.

Les États-Unis construisent leur puissance sur le soft power dont Hollywood est la locomotive. Avec Bollywood, l'Inde espère rivaliser à moyen-terme. Pour le moment, les Américains sont loin devant. La preuve en chiffres.

1- Nombre de films tournés : Bollywood

Sur la période 2014-2019, Bollywood produit en moyenne 1 600 films chaque année. Un chiffre impressionnant qui correspond également au nombre de films tournés à Nollywood, les studios nigerians. Hollywood est loin derrière avec seulement 500 productions au compteur. Mais, les longs métrages américains sont distribués sur tous les continents. Accordons tout de même le point à l'Inde.

2 - Revenus : Hollywood

À la traîne au niveau de la production, Hollywood bat à plate-couture son concurrent en matière de revenus. En 2018, le cinéma américain a généré 96,8 milliards de dollars (40 milliards pour le cinéma, le reste dépendant de la vidéo à la demande et des produits dérivés), Bollywood, de son côté, ne peut se targuer que d'une recette de 2 milliards de dollars sur la même période. Avec un taux de croissance moyen de 10 % par an entre 2017 et 2018, le cinéma indien fait même moins bien que les États-Unis (16,5 %). 

Chennai Express, le film indien ayant généré le plus de revenus avec près de 100 millions de dollars arrive bien loin des 2,7 milliards de dollars de recettes d'Avatar, record de tous les temps. Soulignons également qu'à Hollywood, 37 films ont dépassé le milliard de dollards de recettes. Derniers en date : Black Panther et Avengers, Infinity War. Dans l'histoire du cinéma, les 50 films qui ont rapporté le plus d'argent sont tous américains.

3 - Internationalisation : Hollywood

Le succès du cinéma américain réside dans sa suprématie au niveau mondial. En Europe, les films américains représentent 82 % du marché. Par comparaison, les films de Bollywood ne dépassent pas les 1 %. En Inde, l’industrie cinématographique américaine équivaut à environ 14 % du marché. À l’inverse, Bollywood ne représente que 0,7 % du marché américain où les productions nationales font la loi avec 96 % du secteur. Les chiffres donnés ci-dessus datent de 2019.

4 - Marketing : Hollywood

Pour maintenir sa domination, Hollywood investit massivement dans la communication. En moyenne, la production d’un film américain coûte 27,3 millions de dollars en marketing. En comparaison, ce montant n’est que de 500 000 dollars pour chaque production indienne. 

5 - Salaire des acteurs : Hollywood

Désormais, les stars de Bollywood font mieux que se défendre. Mais cela ne suffit pas. Ainsi, selon Forbes, le top 10 des acteurs les mieux payés en 2020 compte un seul indien : Akshay Kumar, sixième. Les autres places sont toutes occupées par des acteurs qui doivent leur célébrité à Hollywood, même s'ils ne sont pas tous américains (Jackie Chan).

6 - Rentabilité : Hollywood

Le coût de production d’un film américain est de 50 millions de dollars en moyenne, contre seulement 1,5 million de dollars en Inde. Les films au budget moyen n’arrivent plus à percer face à la concurrence des superproductions. Dans ce domaine-là, Hollywood a toujours un net avantage. Sur les dix films les plus rentables de 2019, tous sont américains.

Résultat : Hollywood : 5 – Bollywood : 1

Reflet de la domination américaine, Hollywood est encore loin devant Bollywood. Grâce à sa mainmise à l’international, le cinéma américain génère des revenus que l’Inde, trop dépendante de son marché national, ne peut égaler. Pour autant, Hollywood a bien compris que le marché indien pouvait être source d’opportunités. Depuis 2010, la Motion Picture Association of America (MPAA), qui réunit les principaux studios, multiplie les accords pour augmenter le nombre de films indiens tournés à Hollywood. Et si Hollywood réussissait à rendre Bollywood bankable à l’étranger ?

Lucas Jakubowicz et Vincent Paes

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

Deals de l'année : les opérations qui ont marqué 2021

Deals de l'année : les opérations qui ont marqué 2021

Qu'elles prennent la forme de rachats, de fusions, d'IPO ou de levées de fonds, les opérations sélectionnées dans ce dossier racontent une période de...

Altarea Primonial : le nouvel ensemble immobilier

Altarea Primonial : le nouvel ensemble immobilier

Juin 2021, coup de tonnerre, le géant Altarea annonce l’entrée en négociations exclusives avec les actionnaires de l’ogre Primonial. L’ambition est cl...

Cegid : le crack dont les Américains se toquent

Cegid : le crack dont les Américains se toquent

Cet été, le fonds new-yorkais KKR prenait une participation dans l’éditeur de logiciels lyonnais, sur la base d’une valorisation de 5,5 milliards d’eu...

F. Chauviré (SAP) : "La croissance du cloud en France est supérieure à celle de l’Allemagne "

F. Chauviré (SAP) : "La croissance du cloud en France est supérieure à celle de l’Allemagne "

Directeur général de SAP France depuis le début de l’année 2020, Frédéric Chauviré revient sur sa feuille de route et les grands chantiers de SAP en F...

Marché du M&A : bilan d'une année folle

Marché du M&A : bilan d'une année folle

Le marché des fusions-acquisitions n’a jamais été aussi florissant que depuis le deuxième semestre 2020. Même si ce dynamisme peut paraître incongru d...

Une étude décode les impacts de l’IA en médecine

Une étude décode les impacts de l’IA en médecine

Des économies de plus d'un milliard d'euros par an, des procédures techniques réduites de 90%, des délais de dépistage divisés par deux ou encore une...

Gérald Karsenti (SAP) : "Nous voulons recruter 3000 experts SAP sur les trois prochaines années"

Gérald Karsenti (SAP) : "Nous voulons recruter 3000 experts SAP sur les trois prochaines années"

À la tête de la filiale française du géant allemand SAP, le spécialiste de l’ERP, Gérald Karsenti revient sur le plan d’investissement et de dépenses...

Y.Le Gélard (Engie) : "Ce qui tire le digital dans l’énergie aujourd’hui, c’est le temps réel donc l’IoT"

Y.Le Gélard (Engie) : "Ce qui tire le digital dans l’énergie aujourd’hui, c’est le temps réel donc l...

En charge du digital et des systèmes d’information du groupe Engie, Yves Le Gélard revient sur les effets de la crise sanitaire, la stratégie multi-cl...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte