Le Covid-19 met en lumière les avantages et les limites du télétravail

Alors que de nombreuses questions se posent sur le développement du télétravail après le confinement forcé, une étude d’Odoxa pour Adviso Partners apporte un éclairage intéressant sur les conditions dans lesquelles cette activité est actuellement exercée. Décryptage.

Alors que de nombreuses questions se posent sur le développement du télétravail après le confinement forcé, une étude d’Odoxa pour Adviso Partners apporte un éclairage intéressant sur les conditions dans lesquelles cette activité est actuellement exercée. Décryptage.

« Le télétravail sortira grand vainqueur de cette crise sanitaire ». C’est un des principaux enseignements tirés par Gaël Sliman, président de l’institut de sondages Odoxa, de la deuxième édition du baromètre des économies régionales d’Adviso Partners.

Selon l’étude, le télétravail permet de réduire la pollution (91 % des Français, 91 % des actifs, 93 % des télétravailleurs), d’équilibrer vie familiale et vie privée (64 %, 65 % et 62 %), ne rend pas pour autant le travail moins intéressant (55 %, 56 % et 61 % ne le pensent pas) et permet aux salariés de mieux se concentrer et d’être plus efficace (les Français sont partagés à 49 % vs 49 % à ce sujet, mais les télétravailleurs qui, eux, l’ont expérimenté sont 55 % à en être convaincus). Et même s’il tend à diminuer le sentiment d’appartenance à l’entreprise (57 % des Français, 55 % des actifs et 53 % des télétravailleurs en conviennent) et isole les salariés (73 %, 73 % et 74 %), 76 % des Français et des actifs et 80 % des télétravailleurs sont persuadés qu’il devrait être plus développé en France.

Toutefois, des freins structurels restent à lever. Près d’un télétravailleur sur deux dit avoir été perturbé, soit (49 %) par des tentations qu’il n’avait pas au travail (télé, internet, jardinage, etc.), soit (46 %) par des soucis d’organisation de sa vie de famille (enfants, courses, ménage), soit (43 %) par la promiscuité (bruit des enfants notamment). « Si l’on cumule les trois types de gênes identifiées, 7 télétravailleurs sur 10 (69 %) disent avoir été perturbés par au moins l’un de ces facteurs », observe Gaël Sliman. Le principal frein tient à la difficulté matérielle à bien pouvoir organiser son travail à distance, et notamment à des aspects de promiscuité avec des enfants ou encore d’impossibilité de s’isoler des autres membres du foyer. L’enquête montre ainsi que si la majorité des télétravailleurs (56 %) de ces dernières semaines ont pu s’isoler dans une pièce bien à eux (bureau, chambre, etc.) pour télétravailler, une minorité importante (43 %) de télétravailleurs ont dû travailler dans une pièce qu’ils partageaient avec d’autres membres de leur foyer (conjoint et enfants). A cet égard un indicateur est éclairant : la taille du logement. 54 % des personnes disposant d’un logement inférieur ou égal à 50 m² ont dû travailler dans la même pièce que d’autres membres de leur foyer alors que 63 % des personnes disposant d’un logement supérieur à 80 m² ont pu s’isoler pour travailler.

Une différenciation géographique ressort également de l’étude. Si l’Ile de France est très « pratiquante », les autres régions le sont beaucoup moins. Odoxa constate un écart de 1 à 2 entre « Paris » et la province (43 % vs 19 %). Pire, certaines régions semblent totalement sinistrées en termes de télétravail. C’est le cas notamment de la région Normandie où seulement 11 % des actifs sont en télétravail, soit 4 fois moins qu’en région parisienne.

Le potentiel de développement du télétravail est donc indéniable mais les inégalités sociales et territoriales semblent devoir en limiter la portée.

Par François Perrigault (@fperrigault)

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