Avec le label "relance", l’exécutif veut flécher l’épargne vers les entreprises

Dans le cadre du plan de relance, Bruno Le Maire a annoncé plusieurs mesures visant à faciliter le financement des PME et ETI hexagonales. Parmi elles, la création du label "relance" doit permettre de reconstituer et de renforcer les fonds propres des entreprises. Plusieurs fonds ont déjà obtenu le précieux sésame.

Dans le cadre du plan de relance, Bruno Le Maire a annoncé plusieurs mesures visant à faciliter le financement des PME et ETI hexagonales. Parmi elles, la création du label "relance" doit permettre de reconstituer et de renforcer les fonds propres des entreprises. Plusieurs fonds ont déjà obtenu le précieux sésame.

"Les effets de la crise de la Covid-19 pèsent lourdement sur nos entreprises depuis plus de six mois", a crû bon de rappeler Bruno Le Maire, le 19 octobre. Il faut dire que malgré la batterie de mesures d’urgences rapidement adoptées par le gouvernement pendant le confinement – PGE, chômage partiel, reports de charges fiscales et sociales –, difficile aujourd’hui pour les entreprises de reprendre leurs marques. La dette pèse très lourdement sur les bilans et le climat d’incertitude ne leur permet pas de se projeter à long terme. "Dans ce contexte, le risque est grand que notre tissu productif se contracte, par peur de l’avenir et faute de pouvoir mener les plans d’investissement et d’embauche qui s’imposent", redoute le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance.

Mobiliser des ressources nouvelles pour les entreprises

Pour éviter ce scenario catastrophe, Bercy a annoncé, dans le cadre du plan de relance, deux mesures en faveur du financement des entreprises. Ces annonces "viennent compléter les mesures fiscales du projet de loi de finances pour 2021, notamment la baisse des impôts de production", tient à préciser le Ministre. Outre un programme de prêts participatifs et d’obligations subordonnées soutenus par l’État, c’est un label "relance" qui a été mis en place. Son objectif est simple : mobiliser l’épargne des Français pour apporter de nouveaux financements aux TPE et PME nationales. Ce label, dont les conditions d’attribution sont vérifiées par la direction générale du Trésor, permet aux épargnants d’identifier les placements collectifs apportant une réponse aux besoins de financements en fonds propres et quasi-fonds propres des sociétés, cotées ou non. Parmi les supports susceptibles d’être labellisés "relance" figurent par exemple les fonds de capital-investissement ou les fonds investis dans des actions françaises et européennes.

Cahier des charges précis

Pour obtenir ce nouveau label, les fonds d’investissement (OPCVM ou FIA) doivent remplir plusieurs critères. Tout d’abord, il leur faut logiquement investir en fonds propres ou quasi-fonds propres dans les PME/ETI. Ensuite, une partie au moins de leur collecte doit s’effectuer auprès d’investisseurs particuliers (en direct ou par le biais d’une assurance-vie, d’un PEA d’un plan d’épargne retraite ou d’épargne salariale). Enfin, et toujours dans l’idée de faire de la transition écologique une priorité, Bercy exige que le fonds respecte un cahier des charges minimal en matière ESG. "Il importe en outre que l’épargne mobilisée contribue à la promotion de bonnes pratiques ESG dans les entreprises financées. L’ensemble de ces critères doit permettre d’apposer le label "relance" sur des fonds assez variés pour répondre au mieux aux différents profils de risque des épargnants.

Déjà plusieurs fonds labellisés

Agissant comme un point de repère pour tous les épargnants désireux se contribuer à la relance et de donner du sens à leur épargne, le label devrait rapidement se faire un nom dans le paysage des produits d’épargne. C’est en tout cas ce sur quoi table l’exécutif qui n’a pas attendu pour joindre le geste à la parole en dévoilant la liste de la première dizaine de fonds ayant obtenu le label. Parmi eux, se trouvent notamment certains fonds des sociétés de gestion Mirova, Amundi, Épopée Gestion, IdInvest Partners ou Financière Abervel. Avec ce label, le gouvernement espère parvenir à flécher une partie de l’épargne forcée constituée par les Français depuis le confinement qui représente environ 87 milliards d’euros. L’objectif, pour le label "relance" serait d'en mobiliser entre 10 et 20 milliards d’euros. 

S.V.

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