La mode gagne ses galons sur le marché de l’art

Engouement pour le vintage, essor de l’économie circulaire, désir de se distinguer stylistiquement… Les raisons de chercher à s’habiller dans les salles de ventes ne manquent pas. Au-delà des pièces d’exception inabordables pour le grand public, les critères justifiant de la valeur d’une pièce sont nombreux.

© Christie’s

Veste Tournesols, Yves Saint Laurent, collection printemps-été 1988, vendue 382 000 euros le 27 novembre 2019 chez Christie’s

Engouement pour le vintage, essor de l’économie circulaire, désir de se distinguer stylistiquement… Les raisons de chercher à s’habiller dans les salles de ventes ne manquent pas. Au-delà des pièces d’exception inabordables pour le grand public, les critères justifiant de la valeur d’une pièce sont nombreux.

"La mode n’est pas un art", se plaisait à asséner Pierre Bergé. À constater les prix parfois mirobolants qu’atteignent certaines pièces lors de ventes de prestige, le doute est permis. Et ce d’autant plus que, depuis quelques années, la mode s’est imposée dans les galeries des musées. Consacrées à Christian Dior au Musée des arts décoratifs en 2017, à Jean-Paul Gaultier au Grand Palais en 2015 ou plus récemment à Gabrielle Chanel au palais Galliera, les rétrospectives font salle comble. Plus personne ne s’étonne de voir exposés robes, smoking, tailleurs et autres accessoires de luxe dans les salles muséales. Ni dans les hôtels des ventes.  

Pièces iconiques  

Preuve que la couture s’est forgé une place de choix sur le marché de l’art : toutes les grandes maisons de ventes disposent aujourd’hui d’un département dédié, au même titre qu’il en existe pour l’art impressionniste, l’art contemporain ou la sculpture. Il faut dire que le filon semble prometteur. C’est tout du moins le cas pour les ventes haute couture rassemblant des pièces iconiques. C’est le cas de vêtements emblématiques signés de créateurs mythiques comme Dior, Saint Laurent ou Chanel. Récemment, les vestes modèle Iris et Tournesols, toutes deux imaginées en 1988 comme un hommage d’Yves Saint Laurent à Vincent Van Gogh, se sont respectivement envolées pour 175 000 euros et 380 000 euros. Hormis ces modèles d’exception dont la valeur intrinsèque suffit à justifier des batailles d’enchères impressionnantes, la valeur d’un vêtement tient à la combinaison de plusieurs critères. Le premier, qui vaut en mode comme en art, tient à la rareté de la pièce. Ensuite, son état de conservation est évidemment crucial pour qui souhaite arborer sa trouvaille en société. L’adéquation avec le goût du jour et la taille du vêtement comptent également beaucoup pour sa valorisation. Comme le note Le Monde, "le vestiaire de la danseuse poids plume Zizi Jeanmaire – taille 34 – n’a pas fait le carton espéré" chez Christie’s, au début de l’année.  

Les accessoires, "raisonnable" entrée en matière ? 

Dans la mode peut être plus qu’ailleurs, la provenance est reine. Ainsi, une robe issue de la collection particulière d’une amie du couturier, d’une de ses muses ou d’une star de renommée mondiale suffit à affoler les collectionneurs. Ce fut le cas, en 2019, lors de la vente d’une partie de la collection de vêtements griffés Yves Saint Laurent de Catherine Deneuve … et un peu moins quelques heures plus tard lors de la dispersion du vestiaire de la femme d’affaires libanaise Mouna Ayoub, pourtant signé du même couturier. 

Pour se lancer dans la collection avec un budget plus serré, mieux vaut se concentrer, donc, sur des pièces en bon état, portables et pas forcément rares. Il est tout à fait possible par exemple de trouver une petite robe Courrèges, un tailleur-pantalon Saint Laurent, une veste en tweed Chanel pour quelques centaines d’euros. Les accessoires offrent également des opportunités intéressantes pour marquer un style. Sacs, lunettes, ceintures et autres pièces de maroquinerie sont devenus des éléments centraux dans la composition d’une tenue. Avec la multiplication des sites de revente, l’offre est pléthorique et les prix relativement bas. De quoi commencer sereinement et à plus petit budget une collection.   

Sybille Vié

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Sommaire H. Felbacq (Maison Cornette de Saint Cyr): "Oui, la mode est objet de collection" Bandes dessinées : un investissement pour les nostalgiques E. Leroy (Artcurial) : "Acheter Tintin ou Astérix, c’est comme acheter du Van Gogh ou du Picasso" Le street art sort de la rue O. Guillerot (Aguttes): "Le grand avantage du street art, c’est que l’on peut rencontrer les artistes"
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