La legaltech a sa boutique

La legaltech a sa boutique

© Pascale D'Amore

Thomas Saint-Aubin, fondateur de Seraphin Legal et du Legal Tech Store, et sa collaboratrice Maud Gilet qui a dirigé la création de la boutique en ligne.

Les consommateurs de technologies juridiques peuvent désormais faire leur shopping sur une unique plateforme : le Legal Tech Store. Une boutique attendue à la fois par les juristes et les start-up du droit elles-mêmes.

Pas facile de s’y retrouver parmi les quelque 300 acteurs de la legaltech existant à ce jour en France. Les services qu’ils proposent sont si variés et leur efficacité tellement irrégulière qu’un directeur juridique, un professionnel libéral (avocat, notaire, huissier, etc.) ou un entrepreneur aura du mal à identifier quelle solution est celle qui répondra à ses besoins. Afin de faciliter la vie de ces consommateurs de droit, Seraphin Legal a créé une boutique en ligne : le Legal Tech Store.

User centrique

Le service voit le jour après un an de préparation et se veut centré sur l’utilisateur. Un robot, conçu spécialement pour la plateforme, guide le futur acheteur dans son choix jusqu’à la constitution de son panier et la réalisation des prestations. « Le bot est le principal investissement du projet, explique Thomas Saint-Aubin, fondateur de Seraphin Legal à l’origine de la création du Legal Tech Store. Aujourd’hui, c’est un salarié de plus dans l’équipe », ironise celui qui regroupe ainsi tout un écosystème, intégrant même ses propres concurrents.

Sauf que toute start-up du droit n’a pas vocation à être proposée sur la plateforme. Pour prétendre figurer dans la liste des prestataires, il faut que les services proposés correspondent à une liste de critères élaborée par un board (ou comité scientifique) composé des fondateurs des plus anciens acteurs de la legaltech. Parmi ces critères, l’adhésion à la charte éthique de la profession, un premier bilan financier et une activité depuis au moins douze mois, quelques références de clients, un site internet et un organigramme, des managers formés à la réglementation en matière de protection des données personnelles et l’existence d’un data protection officer (DPO), une politique de sécurisation du système informatique, un service numérique en mode SaaS ou API marchand, etc. La boutique exige également des conditions générales de vente et une grille tarifaire précise, excluant de fait les outils vendus sur devis. Un numéro Siret et un siège social en France sont également requis afin de promouvoir la legaltech française, même si le site a vocation à s’internationaliser. « Grâce à nos legaltech lawyers, nos ambassadeurs, nous sommes déjà très présents en Afrique, en Belgique et en Pologne, mais aussi à Hong Kong et Singapour, se réjouit Thomas Saint-Aubin. Celui d’entre eux qui voudra développer cet écosystème dans un pays étranger pourra dupliquer le site et gérer les marques qui l’intégreront. » Encore un moyen de mettre en avant les produits français puisque les start-up du droit qui ont leur siège en France et dont l’activité s’étend à l’international pourront intégrer différentes versions du site.

La boutique, qui a ouvert le 12 mars, se rémunère grâce à une commission de 10 % sur l’ensemble des prestations vendues. Un accord avec les enseignes exclut tout tarif préférentiel hors du store. « Nous partons du principe que chaque juriste a des besoins particuliers, ajoute le fondateur. Nous lui proposons donc un service au meilleur prix et sur mesure grâce à un assemblage de solutions. » Ces dernières ont un accès au back-office pour créer et faire vivre la présentation de leur enseigne. « Nous y voyons un intérêt indéniable à y être référencés », réagit Philippe Laurence de Doctrine. Même les plus gros acteurs ont toujours besoins de nouveaux clients.

Quant aux plus petits, notamment ceux qui sont encore en cours de développement, la plateforme offre un accompagnement avec l’accès à une page web de lancement et aux technologies du Legal Tech Store. Une dizaine de projets conçus par des élèves avocats de l’école des avocats du grand Est, l’Erage, ont d’ores et déjà été sélectionnés.

Pascale D’Amore (@PascaleDAmore)

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