La haute joaillerie américaine en ligne de mire du géant LVMH

Le leader mondial du luxe confirme son intérêt pour l’un des grands joailliers américains, Tiffany & Co, avec une offre de 14,5 milliards de dollars.

Le leader mondial du luxe confirme son intérêt pour l’un des grands joailliers américains, Tiffany & Co, avec une offre de 14,5 milliards de dollars.

LVMH poursuit son ascension. La première capitalisation boursière européenne a pris en chasse la marque de luxe américaine qui fait tant rêver les futures mariées de l’autre côté de l’Atlantique, Tiffany & Co. Le groupe de l’homme d’affaires Bernard Arnault a en effet soumis une offre préliminaire non contraignante d’environ 14,5 milliards de dollars (13 milliards d’euros) pour racheter le joaillier new yorkais, numéro deux mondial après Cartier. Une acquisition de 100 % du capital au prix de 120 dollars par action, soit une prime de 22 % par rapport au cours de clôture de Tiffany le 25 octobre. Le groupe coté a enregistré une hausse de 6,5 % à 4,4 milliards de dollars de son chiffre d’affaires lors de son dernier exercice fiscal et capitalise 12 milliards de dollars à la Bourse de New York. Une perspective alléchante pour Bernard Arnault qui entend doubler la taille de son pôle montres & joaillerie, même si, pour l’instant, aucun accord ne se profile.

D’une pierre deux coups

L’enseigne, fondée en 1837, par Charles Lewis est l’incontournable spécialiste des bagues de fiançailles et des diamants sur le marché américain. Fidèle à son mode opératoire stratégique, le leader mondial du luxe a bien choisi sa cible et surtout le moment pour lancer son offre. Sa proposition intervient en effet dans une période où l’industrie du luxe redoute les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, et où, Tiffany & Co subit les conséquences des droits de douane sur les exportations. Cette transaction permettrait à LVMH de faire d’une pierre deux coups. D’une part, en affirmant son rayonnement aux États-Unis, et d’autre part, en positionnant le groupe face aux leaders du secteur de la joaillerie. Un objectif qui se dessine depuis le rachat de Bulgari en 2011, qui a permis d’assoir la position du géant face à Cartier et Van Cleef & Arpels, toutes deux détenues par le groupe suisse Richemont. Parvenu à redresser l’italien Bulgari en difficulté, LVMH a des arguments de poids qui pourraient bien séduire Tiffany & Co avec ses perspectives de rentabilité.

Une ascension sans limites ?

Rien ne semble inaccessible pour LVMH, propriétaire notamment de Louis Vuitton, Chaumet et Dior qui est devenu un spécialiste des opérations d’envergure. Mais cela ne va pas sans son revers puisqu’il finit par attirer l’attention et une surveillance rapprochée des autorités. Son leadership appelle à jouer stratégique pour éviter les obstacles et les freins à son développement. Comment poursuivre la croissance d’une entité comme LVMH ? En continuant d’investir. Sa diversification sectorielle est devenue sa signature. Bernard Arnault choisit soigneusement chaque acquisition afin de balayer une à une les menaces à son ascension. Une stratégie qui porte ses fruits pour rester dans la course, tous secteurs confondus. Tiré par ses deux marques phares, Christian Dior et Louis Vuitton, sa valorisation ne cesse de rebondir confortant sa première place au CAC 40.

Inès Giauffret

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