La course au « trillion-dollar club » des gestionnaires d’actifs s’intensifie

Face à la hausse des coûts ainsi qu’à la pression relative aux frais, la course à la taille critique devient un élément clé du secteur de la gestion d'actifs.

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Face à la hausse des coûts ainsi qu’à la pression relative aux frais, la course à la taille critique devient un élément clé du secteur de la gestion d'actifs.

Les gestionnaires d’actifs mondiaux avaient déjà de nombreuses raisons de croire que « big is better », mais les signes indiquant que la tendance pourrait s’inverser sur les marchés mondiaux en deviennent une supplémentaire.

Consolidation à grande échelle : c'est parti ?

Les 5,7 milliards de dollars investis par Invesco sur le fonds Oppenheimer mettent en exergue cette volonté affirmée des sociétés de gestion. Selon bon nombre d’observateurs, cette démarche pourrait bien s’avérer nécessaire afin de naviguer dans un univers à l’avenir toujours plus incertain.

Invesco affichait près de 938 milliards de dollars d’actifs sous gestion fin 2017, ce qui plaçait l’asset manager au dix-huitième rang des gestionnaires d’actifs au regard des encours gérés. La récente acquisition du fonds Oppenheimer propulse la société dans le club convoité des grands gestionnaires d’actifs mondiaux gérant plus de 1 000 milliards de dollars… Cette acquisition permet à la firme d’Atlanta de s’asseoir à la table des Pimco, Fidelity, BlackRock ou BNY Mellon IM.

Il n’y a pas si longtemps, avoir 100 milliards de dollars sous gestion aurait été suffisant pour financer une importante équipe d’investissement, assurer un back-office conséquent, et une qualité de service optimale auprès d’une large palette de clients institutionnels. Jusqu’à récemment, les marchés, en progression, ont stimulé le secteur. En effet, les gestionnaires d’actifs américains cotés en Bourse ont une moyenne de marge bénéficiaire de plus de 25 %, un niveau à peine inférieur au record atteint à la veille de la crise financière. Néanmoins, ce n’est pas la tendance qui se dessine pour l’avenir à court ou à moyen terme.

L’indice S&P 500 est peut-être encore en hausse pour l’année mais les plus petites entreprises américaines, les actions européennes, les marchés émergents et toutes les grandes catégories marchés obligataires à l’exception du high yield américain, sont dans le rouge pour 2018. Il en résulte que les gestionnaires se préparent dès à présent à une marée basse. En plus de la transaction Invesco-Oppenheimer, le secteur a récemment vu Standard Life et Aberdeen Asset Management, ainsi que Janus Capital et Henderson Global Investors unir leurs forces, ou encore Amundi acquérir l’italien Pioneer Investments. Ce n’est peut-être que le début du mouvement de « consolidation des géants », selon les prévisions de PwC. D’après une récente étude, un cinquième des 400 principaux gestionnaires d’actifs mondiaux feront l’objet d’un rachat ou d’une fusion d’ici à 2025.

Taille critique : quid de la flexibilité ?

Être important peut être considéré comme un désavantage dans de nombreuses industries où l’agilité est plus importante que le simple poids. Cependant, on constate que les groupes d’investisseurs ayant moins de 100 milliards de dollars sous gestion ont souffert d’une sortie de fonds d’environ 6 % au cours de ces trois dernières années, contre 2 % pour ceux en ayant plus de 500 milliards de dollars - malgré des performances similaires selon Morgan Stanley. Dans le même temps, la combinaison de marges relativement saines et de menaces concurrentielles croissantes signifie que les acheteurs et les vendeurs rencontrent des difficultés à conclure un accord acceptable pour les deux parties. La consolidation de masse prédite par de nombreux acteurs du secteur devra donc probablement attendre jusqu’au prochain mouvement de marché significatif.

Yacine Kadri et Tiphanie Cliche

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