Pour la cinquième année consécutive, HSBC a rendu publique son étude sur l’état de la finance durable. Un panel représentatif d’investisseurs et de sociétés émettrices sur les marchés de capitaux ont été interrogés afin de dégager des tendances régionales et mondiales. Si l’orientation générale de ces acteurs tend vers un intérêt croissant de ces enjeux, la région européenne se détache du reste du monde.

Le mouvement mondial d’adhésion des acteurs des marchés de capitaux à la finance durable s’affirme. Sociétés émettrices et investisseurs européens en sont le fer de lance. À l’échelle mondiale, plusieurs facteurs peuvent expliquer cet engouement et mettre en lumière les raisons de ce phénomène sur le Vieux Continent. En effet, en s’intéressant en priorité aux régions de l’Europe et de l’ensemble du continent américain (Amérique du Nord, Centrale et Sud) – les plus impliquées – trois facteurs incitent particulièrement les différents protagonistes à se tourner vers une finance durable.

Les raisons de l’essor de la finance durable

Tout d’abord, de part et d’autre de l’Atlantique, les acteurs européens et ceux du supercontinent des Amériques souhaitent mieux prendre soin de l’environnement et de la société. Pour les seconds, c’est près de 74 % des sociétés émettrices et 57 % des investisseurs qui l’affirment contre respectivement plus de 85 % et 64 % pour leurs homologues européens. Au-delà du souhait d’améliorer une situation globale, ces mêmes acteurs se tournent également vers la finance durable, estimant qu’elle pourrait permettre de réduire les risques et d’augmenter les  retours sur investissements. Un dernier facteur, celui des obligations des régulateurs, semble influencer les choix des acteurs européens pour  52 % des sociétés émettrices et 65 % des investisseurs contre respectivement 24 % et 40 % pour ceux du supercontinent.

Outre ces trois premières raisons de s’impliquer dans une finance durable, partagées par ces deux régions du monde, l’étude HSBC révèle aussi la prise en compte renforcée, en Europe, de l’avis des salariés et des clients. Dans le cas de la clientèle, la différence avec les Amériques est d’ailleurs flagrante, où moins de 10 % des entreprises émettrices déclarent s’orienter vers ce type de finance sur ce fondement, contre près de 63 % pour les sociétés européennes. Un constat similaire pour les investisseurs.

L’implication européenne soutient le changement de cap

L’accélération de ce changement d’orientation des acteurs de la finance se traduit par des prises de position et des actions concrètes. En Europe, qui détient le plus haut taux régional sur la question, ce sont près de 39 % des investisseurs et 24 % des sociétés qui annoncent s’engager dans une démarche "zéro carbone". Dans une moindre mesure, près de 72 % d’entre elles déclarent envisager de réduire ou de se retirer d’activités non vertes. Il s’agit du niveau le plus élevé au monde.

Également, toujours sur le Vieux Continent, la transparence des informations relatives aux questions environnementales et sociales des sociétés émettrices est considérée comme "correcte" pour 69 % d’entre elles. De plus, 20 % de celles-ci s’attendent à ce que ce niveau d’exigence augmente, l'envisageant comme un changement positif. Côté investisseurs européens, 63 % estiment que les informations fournies sont "adéquates" ou "excellentes" et pour seulement 37 % d’entre eux comme "inadéquates". L’accélération du changement des mentalités et des méthodes devrait réduire encore plus ce dernier chiffre et permettre davantage de transparence.

Des investisseurs concernés mais pas encore convaincus

Si près d’un quart des investisseurs, dans leur ensemble, déclarent souhaiter se dessaisir des investissements réalisés dans des entreprises qui ne s’impliquent pas dans une démarche de transition crédible, ces acteurs s’inquiètent également d’un potentiel "greenwhasing". Ainsi, pas moins de 69 % d’entre eux déclarent être préoccupés par ce phénomène, qualifié de "grave problème" par 64 % des investisseurs aux Amériques où la situation est la plus préoccupante.

Afin de limiter de potentiels abus, les investisseurs souhaiteraient que les critères de transparence soient mieux encadrés et le recours aux labels rendu systématique. Une démarche qui permettrait d’inciter à davantage de communication de la part des entreprises afin de bénéficier desdits labels et, par voie de conséquence, de la confiance des investisseurs. Un cercle vertueux qui doit donc être amélioré mais qui pourrait bien conditionner le cheminement vers une meilleure protection environnementale et sociale.

David Glaser

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