L'éthique en entreprise: un enjeu stratégique

Intégrité, responsabilité, transparence ... Les acteurs de l'économie s'engagent à veiller davantage au respect de ces valeurs en adoptant de multiples chartes et en élaborant des programmes spécifiques pour sensibiliser leurs salariés.

Intégrité, responsabilité, transparence ... Les acteurs de l'économie s'engagent à veiller davantage au respect de ces valeurs en adoptant de multiples chartes et en élaborant des programmes spécifiques pour sensibiliser leurs salariés.

Á l’heure de la moralisation de la vie politique et de la vie économique, l’éthique revient au cœur de la stratégie des entreprises. Les codes de bonne conduite fleurissent, les journées de l’éthique se multiplient… Tout est fait pour soigner son image, aussi bien auprès des consommateurs que des collaborateurs. Mais cela n’empêche pas certains de pointer du doigt la négligence des dirigeants.

D’après une étude de PwC ­publiée en mai 2017 et réalisée dans les 2 500 plus grandes entreprises cotées en Bourse à travers le monde, le nombre de dirigeants démis de leurs fonctions suite à un manquement à l’éthique aurait augmenté de 36 % depuis 2007.

Ces chiffres ne sont pourtant pas étonnants : les experts affirment que cette augmentation n’est pas due à un accroissement des mauvaises conduites en entreprise mais au fait que les P-DG sont désormais soumis à un niveau plus élevé de responsabilité. Plusieurs raisons sont ainsi mises en avant : la méfiance de l’opinion publique, le durcissement de la réglementation, le niveau élevé des risques éthiques sur les marchés émergents, l’essor des communications numériques, l’accélération de l’information sur les réseaux sociaux et, enfin, l’exigence croissante de transparence des entreprises.
À voir maintenant si avec toutes les nouvelles réglementations nationales ces chiffres baisseront d’ici à 2021, date de publication de la prochaine étude.

Un avantage compétitif

« L’éthique sert à prévenir certains comportements qui risquent de porter atteinte à l’image et à la notoriété d’une entreprise », a déclaré ­Dominique Lamoureux, président du Cercle éthique des affaires. La bonne réputation d’une entreprise est un élément essentiel dans la poursuite de ses activités économiques puisqu’elle sécurise aussi bien les clients que les fournisseurs et les salariés. Catherine Coppo, déontologue du groupe La Poste, partage ce sentiment : « L’éthique est un atout pour le business et un levier de performance important. » Les acteurs de l’économie ont donc tout à gagner en mettant en œuvre une démarche éthique : crédibilité, qualité du climat ­social, notoriété, image, confiance des tiers, résultats économiques… Mais une chose est sûre, « en élevant le niveau d’exigence de l’ensemble des ­acteurs, la reconnaissance de critère d’éthique des affaires élimine de facto les concurrents qui ne seraient pas au niveau des standards sociétaux attendus », ­explique le Cercle d’éthique des affaires dans son manifeste.

Emmanuel Lulin, directeur général de l’éthique de L’Oréal, révèle quant à lui que d’après une étude publiée par CEB/Gartner, les entreprises avec une culture d’intégrité élevée ont un rendement global sur dix ans supérieur de 7 points à celui des entreprises dont le score est faible. Trois groupes français (Capgemini, Schneider Electric et L’Oréal) figurent d’ailleurs dans le classement 2017 des entreprises reconnues à l’échelle mondiale pour leurs pratiques exemplaires établi par l’Institut Ethisphere1.
À noter toutefois qu’il est nécessaire de déposer un dossier pour espérer figurer dans cette liste.

Le code de conduite : la solution ?

Depuis le début des années 2000, de nombreuses entreprises françaises se sont dotées d’un code rappelant les principes fondamentaux qui doivent animer les salariés dans l’exercice de leurs fonctions au quotidien afin de prévenir toute dérive. Xavier ­Dedullen, directeur juridique et de la compliance de LafargeHolcim, confirme l’importance pour une entreprise d’avoir un tel ensemble de règles : « Le code de conduite est la pierre angulaire du programme de conformité. » La pression des consommateurs, des ONG et du ­législateur encourage notamment les acteurs de l’économie à respecter leurs engagements en matière d’éthique. Tout est question d’image et de réputation, et mieux vaut en ­effet ne pas se mettre les clients à dos pour espérer prospérer sur la durée.

Margaux Savarit-Cornali

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retrouvez l'intégralité du dossier Compliance en entreprise: Combats & conquêtes

•	Adopter un code éthique 
•	Prévenir les comportements à risque 
•	Se préparer à un contrôle 
•	Envisager une transaction
Sommaire Édito: Le plus dur est passé Directeur de la conformité: des profils d'exception Catherine Delhaye (Valeo): « Les JO 2024 engendrent un vrai risque de corruption » Jean-Baptiste Siproudhis (Atos): « Impliquer les salariés dans une culture d’intégrité » Transparence en Europe: une évidente fracture entre le nord et le sud Jean-Baptiste Carpentier (Veolia) : « Le défi de la compliance: changer les comportements ! » Convention judiciaire d’intérêt public : une nécessaire révolution intellectuelle Charles Duchaine (AFA) : « Les entreprises ne sont pas suffisamment préparées»
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