L'État dégaine un plan de 8 milliards d'euros pour l'automobile

Mardi 26 mai, Emmanuel Macron détaillait le dispositif. Celui-ci mêle mesures d'urgence et plan ambitieux à plus long terme de production plus verte en France. Les constructeurs commencent déjà à annoncer leurs intentions et adaptations.

Mardi 26 mai, Emmanuel Macron détaillait le dispositif. Celui-ci mêle mesures d'urgence et plan ambitieux à plus long terme de production plus verte en France. Les constructeurs commencent déjà à annoncer leurs intentions et adaptations.

Quelques heures à peine après l’annonce du plan de soutien à l’automobile par le gouvernement, l’industrie en question distillait déjà ses premières mesures d’adaptation à la nouvelle donne économique. Ce mercredi 27 mai, Renault publiait un communiqué de presse intitulé : « L’Alliance adopte un nouveau busines model de coopération afin d’améliorer la compétitivité et la rentabilité de trois de ses entreprises membres. » En clair : le constructeur se réorganise face à la crise. Une décision qui fait suite à des informations parues la veille dans Le Figaro, qui indiquait que Renault s’apprêtait à supprimer 5 000 postes en France.

Sur le plan organisationnel, les membres de l’Alliance vont adopter un système "leader-follower" pour les projets véhicules sur lesquels ils vont coopérer, avec une standardisation renforcée et dans chaque segment de produits. Ainsi, dès 2025, près de 50 % des modèles de l’Alliance devraient être développés et produits sous ce système. Ce qui permettrait de « réduire les coûts et les dépenses d’investissements par modèle jusqu’à 40 % ».

Les annonces se multiplient sur le terrain économique puisque mardi 26 mai, le président de la République, Emmanuel Macron lui-même présentait un plan de soutien de 8 milliards d’euros à destination de la filière automobile. Une enveloppe qui comprend notamment un prêt garanti par l’État (PGE) de 5 milliards d’euros promis à Renault. Ce montant reste toutefois conditionné à l’issue d’une table ronde entre le constructeur, les syndicats et les élus concernés par l’avenir des sites du groupe au losange.

"Les constructeurs ont pris en contrepartie une série d’engagements forts qui consistent à relocaliser la production à valeur ajoutée en France"

Urgence et long terme

Le dispositif s’articule autour de plusieurs aides. Tout d’abord, la prime à la conversion, mécanisme d’aide au remplacement d’un véhicule ancien par un véhicule moins polluant, sera désormais accessible à l’ensemble des ménages dont le revenu est inférieur à 18 000 euros par an, soit aux trois quarts des Français. Cette prime exceptionnelle restera cumulable avec le bonus écologique. Celle-ci est fixée à 3 000 euros pour un véhicule thermique et 5 000 euros pour un véhicule électrique. Disponible à partir du 1er juin, elle concernera les 200 000 achats à venir. Concernant le bonus écologique accordé pour l’achat d’un véhicule électrique, son montant sera porté à 7 000 euros, contre 6 000 euros précédemment pour les particuliers et à 5 000 euros contre 3 000 pour les entreprises. Par ailleurs, un bonus de 2 000 euros est mis en place pour les véhicules hybrides rechargeables (VHR).

Valeo a réagi dans le sillage des annonces. Le groupe « accompagnera le plan de relance automobile en localisant en France de nouvelles technologies comme le 48V », indique Jacques Aschenbroich, PDG de l’équipementier automobile.

Sur le long terme, le gouvernement vise une production plus verte et plus propre. « Les constructeurs ont pris en contrepartie une série d’engagements forts qui consistent à relocaliser la production à valeur ajoutée en France et à consolider et maintenir la production industrielle sur nos sites », précise Emmanuel Macron. La filière s’est engagée à produire au moins un million de véhicules électriques dans l’Hexagone d’ici cinq ans.  Cette transition va notamment être permise par l’installation de bornes de recharge ou encore par la création d’un fonds d’investissement abondé à hauteur de 400 millions d’euros par l’État, Bpifrance ainsi que PSA et Renault (100 millions d’euros chacun). Des annonces sont attendues dans les prochains jours pour d'autres secteurs, que ce soit au niveau français ou européen. Les questions de souveraineté productive, de numérique et d'écologie devraient rester centrales.

Olivia Vignaud

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