L'Elite 2020 : qui sont les références parmi les avocats d'affaires ?

Alexandra Neri, Emmanuelle Barbara, Stéphane Puel, Stéphanie Auféril, Noëlle Lenoir, Catherine Mateu, Arut Kannan, Emmanuelle Trombe et Sabrina Dougados sont les avocats sélectionnés par Décideurs Juridiques pour figurer parmi L'Elite, en qualité de références.

Alexandra Neri, Emmanuelle Barbara, Stéphane Puel, Stéphanie Auféril, Noëlle Lenoir, Catherine Mateu, Arut Kannan, Emmanuelle Trombe et Sabrina Dougados sont les avocats sélectionnés par Décideurs Juridiques pour figurer parmi L'Elite, en qualité de références.

Alexandra Neri, la redoutable

(Herbert Smith Freehills, propriété intellectuelle et technologies
de l’information)

Google, Twitter, Alibaba, Amazon… C’est vers elle que les géants de l’Internet se tournent lorsque tout est à faire, qu’il n’existe aucun précédent et que de leurs innovations surgit un problème de droit de propriété intellectuelle à l’origine d’un litige. Google Adwords face à l’Europe, c’est elle. Google Autocomplete, le système de saisie automatique de suggestion de recherches accusé d’amplifier les rumeurs, c’est encore elle. Les litiges relatifs au statut d’hébergeur de YouTube face aux producteurs de cinéma et les procédures contre Twitter après la diffusion de hashtags haineux, toujours elle. Cette femme de poigne à l’accent qui trahit ses origines grecques est à la tête d’une équipe de dix avocats à Paris qui intervient plus largement sur les dossiers nés dans d’autres bureaux de Herbert Smith Freehills, même lorsque le problème juridique n’a aucun lien avec la France. Alexandra Neri est une référence au sein de son cabinet, sur la place parisienne et plus globalement auprès des acteurs internationaux des technologies de l’information.

Diplômée de philosophie, de l’Institut de criminologie, en gestion audiovisuelle et de Paris 2 en droit, celle qui a débuté chez Gaumont regrette encore de n’avoir pas pu finir sa thèse relative aux crimes et à la folie dans le théâtre contemporain. Elle y a préféré son indépendance, financière à l’époque, intellectuelle aujourd’hui, valeur cardinale de son exercice professionnel qu’elle véhicule au travers du réseau qu’elle a créé : Femmes et culture. Une personnalité complète impossible à décrire brièvement, tout comme il est impossible de conter les multiples anecdotes qui illustrent son parcours.

 

Emmanuelle Barbara, la porte-voix

(August Debouzy, droit social)

Rien ne prédestinait Emmanuelle Barbara, avocate fiscaliste de formation, à devenir une référence en droit social. Pourtant, peu de temps après son entrée dans la profession, elle se passionne vite pour cette matière en perpétuel mouvement, au point de faire le choix de s’y consacrer avec ferveur. Au sein du cabinet August Debouzy, où elle exerce depuis plus de trente ans, elle a arboré la casquette d’associée-gérante du cabinet de 2001 à 2007 et est à la tête de l’équipe consacrée au droit social, qu’elle a créée, développée et qui rassemble aujourd’hui plus de 30 avocats, dont 8 associés. Pas de doute, Emmanuelle Barbara sait fédérer. Au-delà de sa pratique, elle participe à de nombreuses réflexions sur l’évolution du droit social.

Pour celle qui se qualifie de "médecin des relations sociales", être avocat revient aussi à porter une certaine forme d’engagement : "L’application de la règle de droit est vitale, mais elle est aussi un moyen de projeter les mutations que connaît notre société, où la place du travail est centrale et sa forme mise en question", explique-t-elle. Ce qui l’amène très régulièrement à écrire de nombreuses tribunes, publications juridiques ou grand public, à être consultée sur des questions auxquelles les livres de droit n’ont aucune réponse et à être reçue à l’Élysée. En 2017, elle a dirigé un rapport pour l’Institut de médecine sur l’avenir du travail. En pleine pandémie de covid-19, elle s’est penchée sur de nombreuses problématiques sociales, comme celle du travail hybride par exemple. Également membre du comité directeur de l’Institut Montaigne, cette avocate porte-voix de sa profession conclut : "Je vois mon métier comme un moyen d’agir." La conviction par l’action.

 

Stéphane Puel, le capitaine de navire

(Gide Loyrette Nouel, droit bancaire et financier)

Stéphane Puel peut se targuer d’avoir trouvé la voie qui lui correspondait. C’est par hasard qu’il a commencé des études de droit, mais c’est par goût qu’il les a poursuivies. Au sein du cabinet français Gide, qu’il rejoint en 1998, ce spécialiste du droit bancaire et financier gravit les échelons jusqu’à devenir managing partner en 2012, un poste qu’il occupe encore aujourd’hui. Nommé associé en 2006, il est le fondateur et dirigeant de la pratique fonds d’investissement et gestion d’actifs de la firme, un groupe qui réunit aujourd’hui une quinzaine d’avocats. Le début de sa carrière est marqué par une mission de droit financier de neuf mois en Suisse, une importante affaire de comptes en déshérence, aux côtés de Jean Loyrette. "Au-delà du droit, il m’a beaucoup appris", confie ce grand amateur de navigation. Au fil des années, il a su s’adapter à une matière en constante évolution afin de structurer juridiquement des fonds d’investissement pour des acteurs français et internationaux.

Par sa pratique et de nombreux travaux institutionnels, Stéphane Puel a toujours à cœur de rendre Paris plus attractive en tant que place financière. Si son métier d’avocat le captive, il admet que la profession de journaliste politique lui aurait beaucoup plu, car directement liée à son double cursus en droit et sciences politiques. Plus jeune, il est même passé en stage dans les rédactions du Monde, de L’Express, du Parisien ou encore du Figaro.

 

Stéphanie Auféril, l’humaniste

(Arkwood, fiscalité du patrimoine)

Aujourd’hui à la tête du cabinet fiscaliste Arkwood, qu’elle a cofondé en 2015 avec Marine Dupas, Michaël Khayat et Julien Riahi, Stéphanie Auféril a débuté en tant qu’avocate corporate et tax. Bien qu’elle ne se considère pas comme une "matheuse", elle combine avec habileté le droit des affaires à la fiscalité depuis plusieurs années. Son expérience chez Baker McKenzie, où elle dirigeait le département wealth management, marque son passage définitif vers la gestion de patrimoine, de familles ou de particuliers fortunés. Le cœur de son activité est tourné vers l’international, puisque de nombreuses problématiques patrimoniales et fiscales concernent une clientèle franco-américaine, désireuse de s’installer ou d’investir en France.

Au cours de ces derniers mois, elle a notamment accompagné un client américain lors d’un investissement immobilier dans un bien de prestige en France. Si le côté "carré" de sa matière l’a séduite, l’aspect humain lui plaît tout autant et lui apparaît comme indispensable, "pour le bien-être de nos clients, mais aussi celui des collaborateurs de notre cabinet", explique cette fervente amatrice de plongée sous-marine. L’un de ses plus beaux succès restera l’annulation du registre public des trusts par le Conseil constitutionnel en 2016 pour le compte d’un client américain, puisque cette décision a fait jurisprudence. Parfois, lorsqu’elle ne planche pas sur ses dossiers, Stéphanie Auféril s’évade devant son piano.

 

Noëlle Lenoir, l’inlassable

(Noëlle Lenoir Avocats, droit public des affaires)

À regarder son parcours, nul doute que Noëlle Lenoir fait partie de ces personnes aux mille vies qui ne sont pas près de s’arrêter : sénatrice, ministre des Affaires européennes, membre de l’ancienne Cnil, maître des requêtes au Conseil d’État, juge constitutionnelle et enfin avocate. Elle a d’ailleurs lancé son cabinet au mois de juillet dernier pour se consacrer à la responsabilité sociale des entreprises, qui regroupe plusieurs spécialités comme le droit de la concurrence, la conformité, le droit public des affaires ou encore la régulation économique. L’une des plus belles reconnaissances de sa carrière reste cependant pour elle sa nomination au Conseil constitutionnel, alors qu’elle est âgée de 41 ans seulement. Elle devient ainsi la première femme et plus jeune membre nommée au sein de l’institution.

Ces expériences aussi riches les unes que les autres, ponctuées par des rencontres inspirantes avec Simone Veil ou encore la juge américaine Ruth Bader Ginsburg, l’incitent à se tourner vers l’avenir en se préoccupant du futur de sa profession. L’avocate porte un regard bienveillant sur les avocats qui lui succéderont, auxquels elle s’applique autant que possible à transmettre son savoir : "Je souhaite leur donner des armes pour appréhender au mieux leur vie professionnelle future. Grâce au métier d’avocat, on apprend sans cesse et on forme aussi chaque jour, ce qui est très gratifiant", explique-t-elle, plein d’espoir quant à la future unité que devra trouver la profession, encore si hétérogène.

 

Catherine Mateu, défendre les inventeurs

(Armengaud Guerlain, propriété intellectuelle)

Élevée en Espagne et formée en Angleterre, Catherine Mateu est l’atout international de son cabinet. "Jacques-Eugène Armengaud, l’ancêtre de notre fondateur Jacques Armengaud, a créé l’un des instruments les plus internationaux du droit de la propriété intellectuelle, le droit de priorité", rappelle celle qui a constitué un réseau de confrères partout dans le monde ainsi qu’un desk ibéro-américain chez Armengaud Guerlain. Cabinet au sein duquel elle arrive en 2001 pour y affiner ses tactiques de défense dans des contentieux majeurs de propriété intellectuelle comme ceux opposant Esso à Greenpeace, Wiko à Phillips ou encore le Samsung au CEA. Selon cette self-made woman, une "mosaïque d’inspirations" ont forgé sa propre vision du métier et de citer le professeur Philippe Le Tourneau, Robert Saint Esteben, Jacques Armengaud, décédé en 2015, l'Américaine Dee Ann Weldon Wilson et Stéphane Guerlain bien sûr. Aujourd’hui, c’est elle qui transmet son savoir à ses jeunes confrères, leur suggérant la lecture du Curmudgeon’s Guide to Practicing Law de Mark Herrmann.

Catherine Mateu ne laisse rien au hasard, quitte à faire plusieurs choses à la fois, car "diluer un message dans le temps, c’est en perdre la force". Elle mobilise cette maxime dans sa vie professionnelle, pour une clientèle de multinationales, mais aussi de PME et d’inventeurs. Cette hyperactive qui considère qu’"il faut s’affirmer pour défendre les causes qui vous tiennent à cœur", est aussi une grande lectrice de romans - Alamut de Vladimir Bartol est son préféré –, et aime laisser filer ses pensées à vélo.

 

Arut Kannan, le mouton à cinq pattes

(Spitz Poulle Kannan, regulatory financier)

Arut Kannan est la figure internationale de Spitz Poulle Kannan. L’ancien trader singapourien est membre du barreau de Paris depuis 2004. Depuis, ce spécialiste de la réglementation financière conseille les banques, les fonds d’investissement et les institutions, aussi bien français qu’étrangers, parmi lesquels Goldman Sachs, Morgan Stanley ou encore Visa. Il est l’atout qui manquait aux jeunes prodiges du regulatory Jean-Baptiste Poulle et Nicolas Spitz lorsqu’ils fondent leur boutique en 2011. Le trio d’associés, formé en juin 2014, ajoute à sa clientèle historique constituée des principales institutions financières de jeunes entrepreneurs de la fintech. Forte de cette fine connaissance de tout un secteur en constante évolution, l’équipe s’implique également dans les affaires publiques, dialoguant avec les régulateurs et les législateurs lors de l’application et de l’évolution des textes.

Attaché à la conception anglo-saxonne de la law firm, qu’il juge "plus représentative de l’esprit de groupe nécessaire au succès que les structures françaises classiques qui ont tendance à être plus individualistes", Arut Kannan fonde sa réussite personnelle sur celle de son équipe. L’ancien de Linklaters et Latham & Watkins vante également les mérites des cabinets de niche, qui offrent "une indépendance permettant de ne collaborer qu’avec les meilleurs que nous avons pu identifier". Travailleur acharné, ce polyglotte trouve son inspiration dans la lecture du Thirukkural, recueil de couplets rimés contemplateurs de l’existence harmonieuse des personnes rédigés en tamoul, sa langue natale.

 

Emmanuelle Trombe, la scientifique

(McDermott Will & Emery, droit de la santé)

Lorsqu’un secteur d’activité est régulé comme l’est celui de la santé, ses acteurs ont tendance à se reposer tout particulièrement sur leurs conseils juridiques tant le droit est complexe. Cette place stratégique de l’avocat, Emmanuelle Trombe l’a perçue dès le début de sa carrière chez Archibald, alors qu’elle accompagnait déjà les industries pharmaceutiques au cours de leurs opérations corporate. Dorénavant associée chez McDermott après avoir exercé chez King & Spalding puis Dechert, l’avocate toulousaine s’anime quand elle et son équipe d’une quinzaine de personnes accompagnent des entrepreneurs lors du deal de leur vie, celui qui va permettre le développement d’un médicament ou d’un vaccin. Il faut dire que cette fille de scientifiques jouait déjà, petite, avec des tubes à essai.

Aujourd’hui, c’est elle qui est aux commandes d’accords de coopération, d’augmentations de capital, de cessions… auprès des principaux acteurs de la santé. Durant dix ans, elle a suivi la société autrichienne Themis, spécialiste des vaccins et des thérapies de modulation immunitaires, jusqu’à son rachat par Merck. Elle est aussi l’artisan de l’acquisition de la société danoise de biotechnologie Symphogen par Servier ou de l’alliance entre Egle Therapeutics, un spin-off de l’Institut Curie spécialiste de la recherche en oncologie, et Takeda. Derrière son caractère réservé, Emmanuelle Trombe cache des talents d’orfèvre pour les montages juridiques appliqués à la technologie médicale, qu’elle duplique en maniant l’argile, des sculptures visibles sur son compte Instagram.

 

Sabrina Dougados, le couteau suisse

(Fromont Briens, droit de la formation professionnelle)

"Un parcours atypique pour une matière atypique", résume Sabrina Dougados. Experte d’un droit particulièrement méconnu, celui de la formation professionnelle, l’associée de chez Fromont Briens conseille des acteurs et des organismes de formation, des écoles et des universités, des financeurs privés ou publics ou encore les régulateurs du secteur. "C’est un écosystème complexe qui nécessite de manier des notions de droit social, public, de la concurrence, fiscal ou encore des associations", résume-t-elle. Après plus de dix années passées "chez le client", c’est-à-dire au sein du centre professionnel de formation de la banque, le CFPB, cette sportive de haut niveau enfile la robe. "Le cabinet Fromont Briens a fait le pari de miser sur une matière nouvelle en recrutant une juriste d’entreprise." Une stratégie qui s’avère gagnante, puisque l’avocate est aujourd’hui à la tête d’une équipe de six personnes qui se consacrent entièrement à la matière, une singularité sur le marché.

Forte de sa formation en propriété intellectuelle et de son magistère en droit des activités économiques, l’avocate de 42 ans met son réseau de confrères et de professionnels du secteur de la formation au service de la reconnaissance de sa pratique. Elle aspire à faire du droit de la formation professionnelle, une matière en tant que telle, en formant des collaborateurs et en l’enseignant aux étudiants du master 2 droit social du Cnam de Bordeaux. Un bâton de pèlerin qui sied bien à cette mordue de course à pied, en marathon, en semi-marathon voire en trail.

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