L'Élite 2020 : qui sont les avocats entrepreneurs ?

Pascale Lagesse, Thomas Clay, Marianne Schaffner, David Rigaud, Patricia Le Marchand, David Gordon-Krief, Alain Decombe et Jérôme Barré sont les avocats sélectionnés par Décideurs Juridiques pour figurer parmi L'Elite, en qualité "d'entrepreneurs".

Pascale Lagesse, Thomas Clay, Marianne Schaffner, David Rigaud, Patricia Le Marchand, David Gordon-Krief, Alain Decombe et Jérôme Barré sont les avocats sélectionnés par Décideurs Juridiques pour figurer parmi L'Elite, en qualité "d'entrepreneurs".

Pascale Lagesse, la virtuose 

(Bredin Prat, droit social)

Pourquoi Pascale Lagesse est-elle devenue incontournable en droit social ? Parce que, au-delà de sa haute technicité, l’associée de Bredin Prat encadre une équipe qui travaille aussi bien sur les transactions majeures en France comme la fusion Fiat/PSA, en provenance des équipes corporate ou restructuring du cabinet, que sur des dossiers "stand alone", c’est-à-dire les purs contentieux de droit du travail et le conseil quotidien aux grandes entreprises en matière de gestion juridique du capital humain. Révélée lors de la vente des Échos à LVMH en 2007, qui a entraîné le blocage des organes de représentation du personnel, mais aussi lors la défense de Hewlett Packard accusé de "forced ranking" en 2013, elle est entourée aujourd’hui d'une équipe de 20 avocats.

Pascale Lagesse s’est rodée chez Gide aux côtés de Hubert Flichy, envers lequel sa reconnaissance est sans limites. De collaboratrice elle devient son associée avant de se laisser séduire par sa bande de copains chez Freshfields. Elle en dirigera le pôle social pendant huit ans avant de retrouver celui qu’elle avait croisé chez Gide, Didier Martin, patron de Bredin Prat. Un parcours également parsemé d’engagements pour ses confrères – elle a été élue au Conseil national des barreaux en 2005 – et de consolidation de son profil international : "C’est encore grâce à Hubert Flichy que j’ai connu l’International Bar Association : alors que j’étais jeune collaboratrice , il m’a demandé de le remplacer sur un panel employment de la conférence annuelle qui se tenait à Paris en présence de plusieurs milliers d’avocats", se souvient celle qui est aujourd’hui au management board de l’institution et vient d’être nommée assistant treasurer. Bien sûr, comme si les journées étaient extensibles, l’avocate mauricienne avoue mille et une passions. Jusqu’où ira Pascale Lagesse ?
 

Thomas Clay, l'inépuisable

(Clay Arbitration, arbitrage)

Le petit monde de l’arbitrage a retrouvé l’une de ses figures : Thomas Clay vient de rendre les clés de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne après six mois intenses à la tête de plus de 43 000 étudiants et de leur administration. Une mission qui mêle politique, juridique, finance et éthique, tout ce qui le passionne. "Mon organisation est quasi chirurgicale", confie ce père de trois enfants qui n’a pas renoncé à ses engagements pour la société civile malgré ses deux métiers de professeur d’université et d’avocat. Ce dernier se divise en deux activités distinctes : le conseil d’une part, le rôle d’arbitre d’autre part. Parfois même comme expert. C’était le cas lors de l’examen de la validité de l’arbitrage Tapie/CDR, au cours duquel il dénonce la fraude. La Cour de cassation lui donnera raison après huit ans de combat judiciaire en mai 2017.

Celui qui avait créé en 2011 son propre cabinet avec Robert Badinter, Corpus Consultants, décide en 2018 de fonder sa boutique assise sur ses interventions remarquées lors d’arbitrages commerciaux ou d’arbitrages d’investissement majeurs : il été nommé arbitre par Sergueï Pougatchev dans la procédure à 12 milliards de dollars qui l’a opposé à la Russie, il a assuré la défense de Michel Platini contre la Fifa, il travaille en Afrique sur l’affaire de l’Aeropuerto de Guinea Ecuatorial… L’homme de la primaire de la gauche en 2017 (il a dirigé la haute autorité des primaires) est aussi chroniqueur sur France Info sans pour autant abandonner ses publications doctrinales ni son rôle de pédagogue auprès des étudiants et de ses jeunes collaborateurs. De quoi inspirer toute une génération.
 

Marianne Schaffner, la négociatrice

(Reed Smith, droit de la propriété intellectuelle)

Elle s’amuse à lister ses dossiers et constate que chacun s’est clôturé par une transaction. Marianne Schaffner s’est inspirée des pratiques américaines pour élaborer ses propres méthodes de négociation. "Je transige la plupart du temps mes dossiers. Ma marque de fabrique : trouver le petit trou de souris par lequel passer pour trouver un accord ou une décision judiciaire favorable, si la transaction n’est pas possible", constate cette ancienne de ­Linklaters, Dechert et Dentons. Plus jeune, cette avocate venue du Nord voulait travailler dans la recherche pharmaceutique, un univers qu’elle retrouve avec passion dans sa pratique du droit des brevets et des marques. Engagée dans des contentieux de dimension internationale, elle parsème sa carrière de batailles juridiques : elle représente seule le CEA et LG Electronics contre Samsung en 2004, récupère en appel le contentieux opposant Gucci et Guess, "à l’époque le plus important litige de droit des marques, en nombre de pièces et de procédures, que la cour d’appel ait connu", qu’elle transigera et s’oppose à plusieurs opérateurs télécoms dans un conflit relatif à la 3G.

Actuellement, elle coordonne, pour une société qui fournit 90 % du haut débit américain, des contentieux en brevets télécoms dans plusieurs juridictions d’Europe. Depuis, cette militante de la méritocratie cherche à montrer l’exemple. Fière de la diversité de son équipe, elle travaille au renforcement des effectifs en propriété intellectuelle des bureaux de Reed Smith en France et en Europe, puisqu’elle dirige le groupe brevets au niveau européen. Amoureuse de la ville, des automobiles et passionnée par l’art chinois des dynasties Han et Tang, elle consacre beaucoup de temps à l’animation de l’Intellectual Property Law Association lorsqu’elle ne passe pas son temps libre en balade ou dans les musées Guimet et Cernuschi.
 

David Rigaud, le bâtisseur

(Rigaud avocats, droit social)

Pionnier du droit de la rémunération, David Rigaud mène son activité auprès des dirigeants et des entreprises. Conseil d’une bonne partie du CAC 40, mais aussi d’établissements publics, il intervient lors de changement de gouvernance ou lors de la mise en place d’une succession postérieure au départ en retraite de dirigeants. Parmi ces cas de figure, certains sont plus singuliers, comme le dossier Renault contre Carlos Ghosn. David Rigaud et son équipe interviennent alors sur les questions de retraite dans ce dossier. La chaîne de contentieux menant jusqu’à une QPC en 2015 en matière de sécurité sociale adossée aux retraites chapeaux est également un exemple de ce que Rigaud Avocats sait faire. "Notre cabinet agit sur tout le spectre des rémunérations, qui sont devenues un enjeu essentiel pour les grandes entreprises", souligne ce Montpelliérain qui développe également une activité prospectrice auprès des acteurs institutionnels. Il participe ainsi à la rédaction de la réforme du Code des mutualités ou à celle du contrôle de l’Urssaf : "Nous sommes à la fois créatifs et techniques, dans la construction d’une matière récente qui nécessite une sécurité juridique absolue compte tenu de ses conséquences", résume-t-il.

L’ancien associé de Fromont Briens a célébré cette année les 10 ans de son cabinet. Entouré d’une équipe fidèle de quinze avocats, le fondateur prévoit d’entamer une nouvelle phase de développement de son cabinet : "Pour la prochaine décennie, nous devrions au minimum doubler nos effectifs, rien que dans notre niche." Cet amateur de gastronomie tient cependant à garder les valeurs d’intégrité, de loyauté et de transmission au cœur de son quotidien.

Patricia Le Marchand, des chiffres et du droit

(PLM Avocats, restructuring)

"L'avocat spécialiste des restructurations est souvent le premier confident du chef d’entreprise." Ce que sous-entend Patricia Le Marchand, c’est que tous dossiers sont différents, et varient au gré des personnalités. La fondatrice de la boutique de référence en procédures collectives PLM Avocats parvient tout de même à les qualifier. Ils sont "de cœur", comme la restructuration de Fursac, qu’elle prend en charge dès l’ouverture de son cabinet, "techniques" comme les plans de SFA de Monceau Fleurs et Cybergun ou de prepack cession de William Saurin par Cofigeo, ou "d'engagement, lorsque seule contre tous", elle défend des causes apparemment perdues, souvent gagnées tout de même à force de bataille judiciaire et de ténacité. Parmi ces dernières, la sauvegarde de Rallye, celle du groupe Du Pareil Au Même ou encore de la start-up M2i Life Sciences, devenue l’une des plus belles agro-techs françaises avec l’une des levées de fonds les plus importantes en 2019. "Je suis rapidement tombée dans la marmite des entreprises en difficulté, se souvient l’avocate. C’est un droit innovant à la croisée de toutes les branches."

"Je suis rapidement tombée dans la marmite des entreprises en difficulté, se souvient l’avocate. C’est un droit innovant à la croisée de toutes les branches." Initiée à la matière par la professeure Corinne Saint-Alary-Houin, Patricia Le Marchand met à profit sa double compétence en droit et en finance dès le début de sa carrière : "Les chiffres chez Arthur, le droit chez Archibald." Formée aux côtés des meilleurs (Jean-Louis Borloo et Jean-Dominique Daudier de Cassini), elle crée son propre cabinet en 2007, par souci de liberté et pour pouvoir être proche des chefs d’entreprise. Depuis, elle n’est pas en manque d’émotions fortes aux côtés de ses clients pour lesquels elle gravit des sommets, ce qu’elle sait faire aussi en pleine nature en pratiquant l’alpinisme de haute montagne.


David Gordon-Krief, le chef de file

(UGGC Associés, private equity, contenteux et immobilier)

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Une maxime qui résume la carrière de ce dealmaker, parsemée de campagnes politiques et institutionnelles, de prises de risques et de réussites entrepreneuriales, dont le fil rouge se résume à ses valeurs familiales et déontologiques. "Je ne suis pas Maradona ni le premier violon de l’opéra de Paris, concède David ­Gordon-Krief. En revanche, je suis un bon capitaine ou un chef d’orchestre. " Ce qui explique pourquoi ce pater familias est sur des dossiers majeurs. De la restructuration d’Histoire d’Or (la reprise de Marc Orian par Bridgepoint puis la fusion de deux enseignes de la joaillerie) jusqu’au conseil de Carrefour, Casino ou Eurazeo… Pour cet avocat de 56 ans, la maîtrise du contentieux vient au service de la réalisation des transactions, essentielle pour établir une bonne stratégie de négociation. Une règle à laquelle il ajoute sa fibre publique, celle d’un homme qui écoute et cherche à comprendre avant d’entamer une action. "La complexité du droit et des situations fait que l’horloge de l’avocat ne peut pas être celle de l’immédiateté, mais la réactivité doit être au cœur de nos actions. Il nous faut surtout construire une relation de confiance, nous n’avons pas le droit de décevoir. Je tiens cet enseignement de mon grand-père." Celui-là même qui avait bâti le cabinet SBKG que David Gordon Krief s’est attaché à faire grandir jusqu’au moment où l’appel d’UGGC Avocats s’est montré irrésistible. Pour son plus grand bonheur, à observer la liste infinie des opportunités qui s’offrent à lui, tant pour ses clients que pour son épanouissement personnel, grâce au collectif. Encore l’une de ses valeurs cardinales.
 

Alain Decombe, l'entrepreneur

(Dechert, M&A)

"Rien n’est jamais acquis, tout reste à faire". Tel est le credo d’Alain Decombe, qui affiche un riche parcours marqué par son passage chez Linklaters, Andersen Legal via Archibald, et son arrivée chez Dechert en 2005. Managing partner du bureau parisien, il a été membre du board mondial de la firme pendant treize ans et assure la fonction de vice-chairman chargé des opérations internationales. Des fonctions prestigieuses que cet avocat ne doit qu’à lui-même. Dès le début de sa carrière, Alain Decombe enchaîne les opérations de joint-venture d’ampleur. Il est notamment choisi pour être conseil dans la dissolution de Clintec Nutrition, filiale du suisse Nestlé et de l'américain Baxter. C’est aussi à ce moment-là qu’il met un pied dans les sciences de la vie et qu’à force de travail, il en maîtrise dorénavant les arcanes.

Partageant sa vie entre la France et les États-Unis, il jongle habilement entre ses dossiers corporate liés au droit de la santé. Récemment, il a travaillé, avec son équipe, à l’augmentation de capital de 28 millions d’euros d’Abivax, société de biotechnologie en phase clinique qui mobilise le système immunitaire pour développer de nouveaux traitements contre les maladies inflammatoires, le cancer et les maladies virales. Aux côtés d’ArchiMed, le premier fonds d'investissement indépendant exclusivement consacré au secteur de la santé, il a planché sur la cession partielle de Polyplus Transfection. Ce passionné de nature, de Provence et de voitures de collection trouve un sens à son métier dans la richesse de ses dossiers.
 

Jérôme Barré, le singulier

(Barré & Associés, droit fiscal)

Au mois de mars dernier, le monde des avocats fiscalistes frémissait : Jérôme Barré quittait Franklin, accompagné de son associé Laurent Gabaud, pour cofonder sa boutique, Barré & Associés. Avant de devenir un poids lourd dans sa spécialité et de revêtir la robe, Jérôme Barré a d’abord fait ses armes en entreprise : à la direction juridique et financière du groupe AXA, de la Confédération nationale du Crédit mutuel ou encore à la direction juridique de Rothschild & Co, où il crée le département d’ingénierie patrimoniale. Ces expériences l’ont doté d’un pragmatisme juridique et fiscal qui se retrouve aujourd’hui dans sa pratique d’avocat et jusque dans la composition de son équipe, qui compte des avocats, mais aussi de juristes. Aux côtés de clients nationaux, internationaux, d’entreprises et de groupes familiaux, il intervient dans le cadre d’opérations de transmission et de restructuration de patrimoine.

Jérôme Barré compare son métier à celui d’un "médecin du portefeuille". Une grande partie de son activité est consacrée aux opérations transfrontalières, avec les États-Unis, l’Angleterre, l’Italie, la Suède, l’Argentine ou encore la Nouvelle-Zélande, tandis qu’il s’adonne de plus en plus à la fiscalité corporate. Pour ses dossiers portant sur des contrôles et contentieux fiscaux, il s’engage dans un long travail de dialogue avec l’administration fiscale, la clé de la réussite pour ces sujets si techniques. Lorsqu’il s’éloigne de ses problématiques juridiques quotidiennes, ce grand amateur d’automobile met le cap sur les grands espaces naturels.

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