L. de Swarte (Club MFO) : "Nous invitons les nouveaux family offices à bien réfléchir à leur business model"

Le métier de family officer connaît un engouement croissant depuis
plusieurs années. Laurent de Swarte, cofondateur d’Agami Family Office et président du Club du Multi Family Office, n’est pas surpris par cet intérêt pour la profession et accueille avec bienveillance la nouvelle génération de professionnels émergente.
Laurent de Swarte

Le métier de family officer connaît un engouement croissant depuis plusieurs années. Laurent de Swarte, cofondateur d’Agami Family Office et président du Club du Multi Family Office, n’est pas surpris par cet intérêt pour la profession et accueille avec bienveillance la nouvelle génération de professionnels émergente.

Décideurs. Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de family offices ?

Laurent de Swarte. Nous regardons avec bienveillance l’arrivée des nouveaux concurrents, il n’est d’ailleurs pas rare qu’ils viennent nous demander quelques conseils en amont de leur création. En effet, nous sommes aujourd’hui et certainement pour quelques années encore dans un océan bleu : le métier du multi-family office connaît un potentiel grandissant qui est loin d’être couvert.

Nous estimons d’ailleurs que le taux de couverture actuel est inférieur à 10 % du marché potentiel en France.

En quoi ces nouveaux acteurs se différencient- ils des précédentes générations ?

Ils ne se différencient pas nécessairement des précédentes générations car l’objectif de notre métier reste identique, à savoir coordonner, dans l’intérêt du client, ses différents acteurs autour d’une projection globale et à long terme, de son patrimoine. Phénomène récent, nous observons parfois une segmentation de la clientèle : certains revendiquant les entrepreneurs de la Tech, d’autres les Millennials ou encore les Français à l’étranger.

Concernant Agami Family Office, nous avons pris le parti d’accompagner volontairement des clients très variés, car nous estimons que cette différence leur apporte beaucoup en matière de vision et de mutualisation.

Comment expliquez-vous l’attrait pour la profession de family officer ?

C’est un formidable métier, culturellement très riche, qui nécessite une grande autonomie et la maîtrise d’une stratégie à long terme pour traiter les problématiques et anticiper les besoins. D’ailleurs, les bases techniques s’apprennent mais le secret d’un bon family officer tient avant tout dans son empathie, son écoute, et sa capacité de projection et de coordination…

"Le métier du multi-family office connaît
un potentiel grandissant qui est loin d’être couvert"

Quels sont les écueils à éviter lorsque l’on crée son propre family office ?

Il est nécessaire de structurer rapidement une équipe qui ne repose pas que sur les associés fondateurs, afin d’éviter une approche trop pyramidale qui serait risquée pour les clients et frustrante pour les équipes.

Nous invitons également les nouveaux entrants à bien réfléchir à leur business model [NDLR : honoraires au temps passé ou forfait ou pourcentage des actifs supervisés] car certains modèles peuvent avoir de forts biais qui impacteront rapidement leurs capacités de développement et leur structuration interne.

Dans la plupart des cas, ces nouveaux family offices ont été lancés par des professionnels issus de grandes banques privées. En développant leur structure, peuvent-ils avoir rapidement le sentiment de se sentir « isolés » ?

C’est peu probable car le family office est un métier d’échanges et de contacts au quotidien : avec les clients, ses partenaires historiques, tout l’écosystème du patrimoine, les équipes internes… et pour certains, avec les membres du Club MFO que nous avons créé en 2019.

Autour du Club MFO, vous avez fédéré cinq family offices pour créer un espace d’échanges et de représentation entre les membres. Comment votre club peut-il accompagner ces nouvelles structures ?

Le Club du MFO a été créé car il manquait en France un espace d’échanges neutre, bienveillant et proactif pour favoriser le développement de la profession de multi-family officer. Il a vocation à faire connaître le métier aux utilisateurs finaux et à l’écosystème du patrimoine afin que tout le monde gagne en efficacité au bénéfice du client. Faire partie du Club MFO, c’est aussi un label de qualité en matière de bonnes pratiques, de transparence et d’éthique.

Propos receuillis par Aurélien Florin et Émilie Zana

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

retrouvez l'intégralité du dossier Family office : La relève

Un vent nouveau souffle dans le monde des multi-family offices. De nombreux professionnels reconnus du patrimoine, principalement issus de grands établissements bancaires, ont choisi ces dernières années d’exercer leur activité en tant qu’indépendants. Une décision motivée par leur envie de conseiller leurs clients avec un maximum de liberté et d’objectivité.
Sommaire Multi-family-offices : la nouvelle vague Les family offices misent sur l’alternatif et le durable Family offices : la profession s’organise par-delà les frontières Family office : La relève (1/5) Family office : La relève (2/5) Family office : La relève (3/5) Family office : La relève (4/5) Family office : La relève (5/5)
L. Le Maux (Aqua Asset Management) : "La stratégie d’Aqua Asset Management va se focaliser sur les actifs "Infratech""

L. Le Maux (Aqua Asset Management) : "La stratégie d’Aqua Asset Management va se focaliser sur les a...

Partenaire des entreprises actives dans la transition écologique, Aqua Asset Management a fait le choix de se focaliser à 100 % sur cette thématique....

La maison Hermès attaque l'artiste Mason Rothschild pour contrefaçon sous forme de NFT

La maison Hermès attaque l'artiste Mason Rothschild pour contrefaçon sous forme de NFT

En janvier 2021, l’artiste numérique Mason Rothschild collaborait avec le peintre Eric Ramirez créant, sous forme de NFT, une œuvre intitulée Baby Bir...

Plasseraud IP et Vittoz se rapprochent

Plasseraud IP et Vittoz se rapprochent

Depuis le 1er janvier 2022, le cabinet parisien de conseil en propriété industrielle Vittoz a rejoint le groupe Plasseraud IP, spécialiste de la propr...

Kramer Levin nomme une associée en droit social

Kramer Levin nomme une associée en droit social

Counsel chez Kramer Levin depuis presque trois ans, Clémentine de Guillebon accède à l’association au sein du département droit social de l’enseigne i...

Benoît Cœuré, nouveau président de l’Autorité de la concurrence

Benoît Cœuré, nouveau président de l’Autorité de la concurrence

L’économiste Benoît Cœuré, passé par la Direction du Trésor et la Banque centrale européenne, et qui succède à Isabelle de Silva, a reçu le feu vert d...

Taliens accueille un spécialiste de la propriété intellectuelle

Taliens accueille un spécialiste de la propriété intellectuelle

Un expert du droit des brevets et des marques pour un cabinet spécialisé en propriété intellectuelle. Après plus de trente ans passés ailleurs, Grégoi...

La banque centrale chinoise renforce son soutien à l'économie

La banque centrale chinoise renforce son soutien à l'économie

Après un essoufflement de la croissance, la banque centrale chinoise a abaissé ce jeudi l’un des taux d’intérêt de référence destiné aux entreprises e...

H. Rodarie (Af2i) : "C’est sans doute le moment de regarder s’il n’y a pas un animal qui traverse l’écran"

H. Rodarie (Af2i) : "C’est sans doute le moment de regarder s’il n’y a pas un animal qui traverse l’...

L’Association française des investisseurs institutionnels s’apprête à fêter ses vingt ans en 2022. L’occasion de faire un point sur les grands chantie...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte