L'art du je ne sais quoi et du presque rien

EDITO : Rester droit dans ses bottes sur la forme, tout en étant défaillant sur le fond, c'est tout un art. Que maîtrise parfaitement le gouvernement et le Giec.

EDITO : Rester droit dans ses bottes sur la forme, tout en étant défaillant sur le fond, c'est tout un art. Que maîtrise parfaitement le gouvernement et le Giec.

C’est donc bien entendu : on cède du terrain, mais conformément à la formule consacrée « on ne lâche rien. On infléchit la trajectoire, mais « on maintient le cap ». Tel est en substance, l’exercice de haute voltige auquel se livre l’exécutif depuis que contraint par des semaines de mobilisation de gilets jaunes et une facture qui ne cessait de s’alourdir, il a dû se résoudre à lâcher du lest.

Problème, non seulement la réponse apportée n’a convaincu qu’une partie des frondeurs (confortant les autres dans l’idée que ce n’était qu’un début justifiant de continuer le combat), mais elle a surtout eu pour effet d’ouvrir une brèche dans la posture présidentielle. Celle de la figure d’autorité, inflexible dans sa détermination à mener à bien ses réformes et insensibles aux sondages d’opinion. Brèche dans laquelle se sont engouffrées d’autres revendications catégorielles (policiers, personnel hospitalier, fonctionnaires…). Avec un effet boule de neige aussi prévisible qu’idéal pour faire passer la position gouvernementale d’inconfortable à intenable. Mais qu’importe puisque, on vous le répète, on ne lâche rien.

Cela, conformément à une sorte de méthode Coué visiblement répandue chez les puissants puisque ; quelques jours plus tard, la COP24, ce grand rendez-vous des dirigeants mondiaux d’où devaient émerger des mesures drastiques en faveur du climat, se concluait par une séance d’autocongratulation de nature à forcer l’admiration. Les participants, visiblement rompus à l’exercice, se félicitaient d’avoir accueilli favorablement les conclusions du Giec, dont le dernier rapport faisait état d’une urgence absolue et en appelait à des décisions radicales.

De quoi en effet faire trembler les derniers climatosceptiques et imposer le respect quant à la capacité des politiques à convertir leurs échecs en victoire relatives et leurs enlisements en actes de résistance.

En 2019, nous vous souhaitons de parvenir à maîtriser, vous aussi, cet art du Je-ne-sais-quoi et du Presque-rien lorsqu’il s’agit de se dire droit dans les bottes, même en flagrant délit de défaillance.

Caroline Castets

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