L’ambitieux

En nommant, le jeune Gérald Darmanin à l’un des postes les plus importants de son gouvernement, Emmanuel Macron en a surpris plus d’un. Si son parcours plaide pour lui, certains y voient plutôt une manœuvre politique du nouveau Président.

En nommant, le jeune Gérald Darmanin à l’un des postes les plus importants de son gouvernement, Emmanuel Macron en a surpris plus d’un. Si son parcours plaide pour lui, certains y voient plutôt une manœuvre politique du nouveau Président.

À seulement 34 ans, Gérald Darmanin devient ministre de l’Action et des Comptes publics. Avec cette nouvelle appellation, qui regroupe les attributions du Budget, de la Sécurité sociale, de la Fonction publique et la Réforme de l’État, il hérite des sujets les plus brûlants de ce quinquennat. Son principal chantier sera d’équilibrer les comptes ou du moins de limiter les pertes à 3 % du produit intérieur brut, comme la France s’y est engagée auprès de l’Europe. Un défi qui n’a jamais été relevé par ses prédécesseurs.

 

Ascenseur social

 

Son parcours plaide pour lui. Né à Valenciennes, cet homme du Nord, comme il se qualifie lui-même, a tout connu. Petit, sa mère, femme de ménage, l’emmenait au siège de la Banque de France dans le 1er arrondissement. C’est là qu’il découvre son goût prononcé pour le pouvoir. Il tente le concours de Sciences Po Lille qu’il réussit haut la main alors que la fille de l’un des employeurs de sa mère échoue. Gérald Darmanin se pose alors en symbole de l’ascenseur social et gravit tous les échelons politiques. Élu à 29 ans député de la dixième circonscription du Nord puis maire de Tourcoing à 32 ans, ce spécialiste des campagnes électorales réussit tout ce qu’il entreprend.

 

Lors de son retour à la vie politique en 2014, Nicolas Sarkozy, charmé par sa fougue et sa jeunesse, le nomme porte-parole de sa campagne pour la présidence de l’UMP. Gérald Darmanin se fait ensuite remarquer en soutenant Xavier Bertrand lors des élections régionales du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Rebaptisée Hauts-de-France, il en devient vice-président. Il finit par céder de nouveau aux appels de Nicolas Sarkozy et devient coordinateur de la campagne pour la primaire de la droite. Un échec. Mais, en saisissant la main tendue par Emmanuel Macron, il n’a pas attendu beaucoup pour rebondir.

 

Manœuvre politique…

 

Certains voient dans la décision du nouveau Président un moyen de tuer la concurrence. D’un côté, il fera porter les mesures impopulaires par la droite et de l’autre, il prive le parti Les Républicains d’une de ses plus belles pépites. Seules ombres au tableau, ses prises de position anti Macron et son opposition au mariage pour tous. Dans une tribune publiée par L’Opinion le 25 janvier dernier, il dénonçait « le bobopulisme de M. Macron. (…) Loin d’être le remède d’un pays malade, il sera au contraire son poison définitif. Son élection, ce qu’au diable ne plaise, précipiterait la France dans l’instabilité institutionnelle et conduira à l’éclatement de notre vie politique. » Avec un tel revirement, le voilà définitivement rentré dans la cours des grands.

 

Vincent Paes

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

retrouvez l'intégralité du dossier Présidence Macron : décideurs & influenceurs

Qui sont ceux qui, depuis quelques jours pour certains , quelques années pour d'autres, épaulent, conseillent, accompagnent Emmanuel Macron au quotidien ?  La rédaction du Magazine Décideurs passe au crible la garde rapprochée du Président.
Sommaire Nicole Belloubet : une femme de droit et de gauche à la Justice Le revenant Le conciliateur La business partner Édouard Philippe, un choix stratégique Emmanuel Macron s’entoure d’énarques Emmanuel Macron : la révélation Travail détaché : une victoire en demi-teinte pour Emmanuel Macron
Édouard Philippe, 2027 pour horizons

Édouard Philippe, 2027 pour horizons

Non, avec la création de son propre mouvement politique, l’ancien premier ministre ne compte pas trahir Emmanuel Macron à qui il doit beaucoup. Son ob...

Stéphane Le Foll, le poil à gratter du PS

Stéphane Le Foll, le poil à gratter du PS

Lors de la primaire du PS, qui s’est volontairement déroulée en catimini, l’ancien ministre de François Hollande a réalisé un score plus qu’honorable...

Anne Méaux, la femme qui murmure à l'oreille des puissants

Anne Méaux, la femme qui murmure à l'oreille des puissants

Le plafond de verre ? Anne Méaux l’a crevé dès l’âge de 20 ans à une époque où les femmes influentes se comptaient pratiquement sur les doigts d’une m...

Enquête. Syndicats : où sont les femmes ?

Enquête. Syndicats : où sont les femmes ?

Les entreprises déploient de nombreux dispositifs afin de réduire les inégalités hommes-femmes. Pourtant, certains secteurs restent hermétiques à cett...

Comment les dirigeants politiques nous manipulent… avec des animaux !

Comment les dirigeants politiques nous manipulent… avec des animaux !

Quel est le point commun entre Emmanuel Macron, Kim Jong-un, Vladimir Poutine ou Joe Biden ? Tous utilisent une puissante technique de manipulation de...

LGBT, un vote convoité

LGBT, un vote convoité

Une gauche qui reste dominante mais déclinante, une droite classique à la peine. Et une extrême droite en pleine ascension qui surfe sur les agression...

30 milliards d’euros pour la France de 2030

30 milliards d’euros pour la France de 2030

Mardi 12 octobre, Emmanuel Macron présentait un programme de dix objectifs pour garantir à la France une croissance pérenne et gagner en souveraineté....

Les journalistes Dmitry Muratov et Maria Ressa remportent le prix Nobel de la paix

Les journalistes Dmitry Muratov et Maria Ressa remportent le prix Nobel de la paix

Ces deux défenseurs de la liberté d’expression succèdent au programme alimentaire mondial (PAM). Un sacre qui déjoue les pronostics.

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte