L’âge d’or de la création d’entreprise

Les chiffres publiés par l’Institut National de la statistique et des études économiques (INSEE) sont sans appel : les créations d’entreprises sont au plus haut niveau depuis 2010. Une croissance qui reste fragile tant les freins au développement sont nombreux.

Les chiffres publiés par l’Institut National de la statistique et des études économiques (INSEE) sont sans appel : les créations d’entreprises sont au plus haut niveau depuis 2010. Une croissance qui reste fragile tant les freins au développement sont nombreux.

En France, 591 000 entreprises ont été créés en 2017, c’est 37 000 de plus que l’année précédente soit une hausse de 7 %. Une tendance due en grande partie au régime du micro-entrepreneur qui bénéficie de 19 000 immatriculations supplémentaires en augmentation de 9 %.  Sa part dans la création d’entreprise s’élève ainsi à 41 %. Mais les créations d’entreprises classiques ne sont pas en reste puisqu’il y en a eu 349 000 en 2017, le plus haut niveau jamais enregistré par l’INSEE. Parmi elles, les entreprises individuelles classiques en hausse de 6 % (152 000 contre 142 000 en 2016) et les créations de sociétés, 5 % de plus soit 198 000 contre 189 000 l’année passée.

Les secteurs porteurs

Tous les secteurs ont profité de cette croissance à l’exception de la construction, en baisse d’1 % soit 600 créations de moins qu’en 2016. Le secteur le plus dynamique est celui des transports et entreposages, 25 % de plus pour 8 300 créations, poussé notamment par la part des activités de poste et courrier : + 64 % pour 8 700 créations. Contribuant aussi à cette hausse globale, le secteur des activités immobilières dont les créations ont été au nombre de 3 400 soit 18 %, première hausse constatée depuis 2008. En cause les activités des agences immobilières avec 2 000 créations ainsi que la location de terrains et autres biens, avec 800 créations. Mais 2017 a offert, malgré ces quelques axes de croissance plus faibles, 2017 a offert un environnement favorable aux créateurs d’entreprises qui sont toujours plus nombreux.

Un nouveau souffle

Pour Guillaume Gibault, fondateur de Slip français et ambassadeur du Salon des Entrepreneurs, un « changement de mentalité qui fait du bien et qu’il faut encourager haut et fort » est en train de se produire, boosté par l’attirance grandissante des français pour l’entrepreneuriat. L’échange constant d’expériences, le partage et la réussite ont favorisé cette croissance en termes de création : il y a 25 ans la France ne créait que 220 000 entreprises par an. Aujourd’hui, c’est un français sur quatre qui souhaite créer, reprendre une entreprise ou bien se mettre à son compte et 2,6 millions d’entre eux qui ont d’ores et déjà un projet mûri. La grande nouveauté de l’année 2017 c’est la parité parfaite de cette donnée : autant d’hommes que de femmes pour la première fois. Mais cette égalité des sexes n’est pas le seul paramètre a attiré l’attention : 56 % nourrissent une volonté d’avancer et se débrouiller seul donc de se tourner vers l’auto-entreprise, un « pourcentage colossal » d’après François Hurel, président de l’Union des auto-entrepreneurs. Une ambition grandissante et dynamique insufflée en partie par la jeunesse de ses acteurs. En 2015, l’âge moyen des créateurs d’entreprises était de 38 ans, 37 ans l’année suivante. En 2017, il est dorénavant de 36 ans. Dans le secteur des transports et entreposages il descend même à 28. Il y a également 2 % de plus de créateurs d’entreprises individuelles classiques de moins de 30 ans. Pourquoi cet intérêt grandissant ? Le phénomène de starisation, c’est-à-dire la naissance d’icônes, découlant de l’expansion du numérique, a introduit le rêve entrepreneurial chez les jeunes : une mode qui débuta notamment avec Bill Gates, puis via le phénomène Facebook. Plus étonnant, et contrairement aux idées reçues, lorsque l’INSEE pose la question des motivations, seulement 38 % le sont par l’argent, autant par l’envie de « donner un sens à sa vie » et seulement 23 % veulent « relever un challenge », la majorité d’entre eux, soit 46 % se lancent ou souhaitent le faire afin d’être autonomes.

Des freins au développement

Cet enthousiasme ne doit pas cacher les freins qui demeurent au développement des entreprises françaises. Seules 50 % d’entre elles ont un site internet, pourtant 67 % des créateurs d’entreprises trouvent qu’internet, les réseaux sociaux et l’utilisation de logiciels, est indispensable. Un constat qui montre la nécessité d’accompagner la création d’entreprises en France. Pour la 25ème année consécutive, c’est d’ailleurs l’objectif du Salon des Entrepreneurs qui se déroulera début février. 65 000 visiteurs sont attendus dont 51 % de futurs dirigeants. Cette année un Marathon Pitch est organisé au cours duquel 100 start-up pitcheront durant les deux jours du Salon. À la clé : 25 millions d’euros de levée de fonds.

Morgane Al Mardini 

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