Jour du dépassement : la planète à crédit

Depuis le 1er août, les 7,5 milliards d'habitants de la planète ont consommé plus que ce que la Terre peut produire en un an. L'occasion de comprendre comment l'on détermine cette date et ce que l'on entreprend pour la retarder.

Depuis le 1er août, les 7,5 milliards d'habitants de la planète ont consommé plus que ce que la Terre peut produire en un an. L'occasion de comprendre comment l'on détermine cette date et ce que l'on entreprend pour la retarder.

C'est désormais un rituel. Chaque année, on parle en termes apocalyptiques du « jour du dépassement », date à laquelle l'humanité aurait consommé plus de ressources que notre planète ne pourrait en créer en douze mois : on estime qu'il faudrait, en 2018, 1,7 Terre pour couvrir la consommation mondiale de ressources renouvelables. L'humanité vivrait donc écologiquement à crédit depuis le 1er août, creusant ainsi notre déficit écologique durant près de cinq mois. Ce fameux jour de dépassement cache en réalité plusieurs dates, car s'il n'est atteint que le 21 décembre pour un Vietnamien, le Qatari moyen a déjà consommé tout ce que la planète est censée pouvoir lui offrir dès le 9 février ! Cette échéance est tombée le 5 mai sur le calendrier des Français, alors qu'aux USA, à l'image des habitudes financières locales, on vit à « crédit écologique » depuis le 15 mars. Fait inquiétant, cette date symbolique intervient toujours un peu plus tôt : en 1971, ce seuil calculé par l’ONG Global Footprint Network était atteint le 24 décembre, en 1980, le 4 novembre, en 2000, le 23 septembre, en 2010, le 9 août, en 2017, le 3 août et l'an prochain très certainement fin juillet…

Une méthode de calcul qui fait débat

À première vue, le calcul paraît simple et se résume à une équation : (biocapacité de la planète/empreinte écologique) × 365 = jour du dépassement. En macroéconomie, la biocapacité correspondrait à l’offre de la nature tandis que l’empreinte écologique équivaudrait à la demande humaine. Global Footprint Network s’appuie pour cela sur les milliers de données de l’ONU, notamment celles du Fonds des Nations unies pour l’alimentation (FAO), de l’Agence internationale de l’énergie et du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Pourtant, la méthode reste controversée : Leo Hickman, ancien patron du WWF au Royaume-Uni, la dénonçait en 2010 « Comment pouvez-vous coller ensemble des faits concernant, par exemple, les gaz à effet de serre, la destruction des forêts tropicales et le rendement du maïs, pour arriver à un seul chiffre ? »

Une mobilisation timide

Seule éclaircie à l'horizon, ces dernières années ont vu un ralentissement de la progression du jour du dépassement, les habitudes de consommation tendant à évoluer vers un modèle plus soutenable, ou en tout cas légèrement moins mortifère. Global Footprint Network, avec près de trente partenaires à travers le monde, a lancé l'initiative #movethedate en incitant à relever des défis individuels. Dernier partenaire en date, Schneider Electric a rejoint l'initiative cet été. Xavier Houot, directeur environnement monde du groupe, affirme chercher « le modèle de croissance adapté aux ressources de notre planète ». L’entreprise estime ainsi que, « si tous les bâtiments, industries et centres de données étaient équipés de technologies d’efficacité énergétique et que tous les réseaux électriques bénéficiaient des technologies existantes et disponibles, la date du dépassement mondial pourrait être repoussée de vingt-et-un jours ». Un bon début, reste encore quatre mois d'économies à dénicher.

Boris Beltran

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