Jean-Luc Choplin (La Seine musicale) : « Créer un parc à thème musical »

Après avoir dirigé le théâtre du Châtelet pendant dix ans, Jean-Luc Choplin se lance dans une nouvelle aventure. Ce passionné de musique est désormais président du comité de programmation de la nouvelle salle de concert de l’ouest parisien : La Seine musicale.

© Bertrand Guay

Après avoir dirigé le théâtre du Châtelet pendant dix ans, Jean-Luc Choplin se lance dans une nouvelle aventure. Ce passionné de musique est désormais président du comité de programmation de la nouvelle salle de concert de l’ouest parisien : La Seine musicale.

Décideurs. Vous arrivez à la présidence artistique de La Seine musicale après avoir quitté le Châtelet. Comment envisagez-vous cette nouvelle aventure ? 

Jean-Luc Choplin. Lorsqu’on découvre un lieu comme celui-là, cette architecture absolument magnifique, pour moi d’inspiration cistercienne et en même temps totalement futuriste, on se dit qu’il faut une grande ambition. La Seine musicale n’est pas une salle parmi les autres et il est nécessaire de la resituer dans le cadre du projet de vallée de la culture du département des Hauts-de-Seine et de l’aménagement global de l’île Seguin. Dans cinq ans, on y trouvera un centre d’art contemporain, des cinémas, des bars, des restaurants, des boutiques, un musée et même peut-être la Manufacture de Sèvres. C’est une île internationale, complètement dédiée au spectacle, au divertissement et à la culture avec une grande ambition : celle d’être un lien de diffusion et de création. Je souhaite qu’elle soit un lieu unique, à la fois sophistiqué et populaire, un lieu qui permet une rencontre entre les arts de la scène et le concert. Nous avons une salle de 4 000 places et un auditorium de 1 150 places.

Nous sommes d’autre part sur une île. Nous sommes donc prêts à l’utopie, à l’uchronie, à quelque chose qui nous fait rêver, qui nous emmène loin en voyage. Nous sommes inspirés par les muses de la musique que nous imaginons comme des sirènes autour de l’île. La Seine musicale est une formidable proposition donnée à l’ouest parisien, à condition d’avoir l’ambition d’y faire quelque chose de fort et d’unique.

 

« L’ouest parisien ne disposait pas de salle de concerts jusqu’à présent »


La Seine musicale se situe sur les vestiges des usines Renault. Tel un phœnix, l'île Seguin renaît de ses cendres. Pensez-vous que la localisation de la salle soit un atout pour attirer le public ?

Il faut resituer la structure dans le contexte du Grand Paris. L’ouest parisien ne disposait pas de salle de concerts jusqu’à présent. C’est maintenant chose faite avec La Seine musicale sur l’île Seguin et la « U Arena » à Nanterre. La Seine musicale est donc à même de répondre à un très large bassin de population qui manquait d’un équipement prestigieux qui soit une véritable référence et une fierté pour les habitants. La structure accueille de très belles institutions : Insula Orchestra dirigé par Laurence Equilbey, la maîtrise des Hauts-de-Seine de Gaël Darchen et l’Académie musicale de Philippe Jaroussky. Ce lieu vivra en permanence avec la présence de ces artistes. Nous allons créer un parc à thème musical, un lieu magique qui permet à la fois la culture et le divertissement, même si je ne sépare que rarement ces deux mots. En tout cas quelque chose qui s’applique aussi bien à l’esprit qu’aux émotions simples.

 

Vous êtes en charge de la programmation. Quelle place occupera La Seine musicale par rapport aux autres grandes salles parisiennes ?

Je souhaite que la programmation y soit une fête, un dialogue entre toutes les musiques, qu’elles soient classique, pop, électro, jazz ou encore des musiques du monde. Je veux montrer qu’il y a des passerelles et des dialogues entre tous les styles de musique. On peut dire que la Philharmonie est le temple de la musique classique avec des portes ouvertes sur le monde. À La Seine musicale, nous sommes le monde. Nous proposons toutes les musiques avec un dialogue entre le scénique et le concert. On a pu ainsi y voir danser les chevaux de Bartabas sur le Requiem de Mozart. Nous pouvons faire des expériences que nulle autre salle ne peut faire.

« Nous proposons toutes les musiques avec un dialogue entre le scénique et le concert »

Tentez-vous de séduire les jeunes ?

C’est là qu’est la rencontre : entre tous les publics. Nous voulons programmer tous les styles de musiques afin d’attirer un public beaucoup plus jeune que celui qui vient traditionnellement aux concerts de musique classique. La multiplicité des programmations, des œuvres présentées et des différentes musiques célébrées fera de la Seine musicale un lieu pour les jeunes, un lieu de fêtes.

 

Bob Dylan a inauguré La Seine musicale le 21 avril dernier. Était-ce un choix de votre part ?

Il ne s’agissait pas d’un choix personnel mais d’une opportunité qui s’est présentée à nous. C’est plus une rencontre entre un lieu et un producteur. Bob Dylan est un compositeur et un poète. Il a même reçu un prix Nobel de littérature ! Il possède le « sophistiqué-populaire » si cher à mon cœur. J’étais donc ravi qu’on puisse l’accueillir, même si je regrette qu’il n’ait pas été plus en interaction avec le public.


Propos recueillis par Margaux Savarit-Cornali

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