J-M. Palhon : "Extendam devrait compter entre 250 et 300 hôtels en portefeuille d’ici 4 ans"

Extendam, société spécialisée dans le capital investissement dédié à l’hôtellerie d’affaires en Europe, a dépassé la barre des 2 milliards d'euros de valeurs d'actifs à l’issue du premier semestre 2019. Jean-Marc Palhon, son président, nous présente sa stratégie d’investissement et ses ambitions.
Jean-Marc Palhon (©Juliette de Monicault)

Extendam, société spécialisée dans le capital investissement dédié à l’hôtellerie d’affaires en Europe, a dépassé la barre des 2 milliards d'euros de valeurs d'actifs à l’issue du premier semestre 2019. Jean-Marc Palhon, son président, nous présente sa stratégie d’investissement et ses ambitions.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter Extendam ?

Jean-Marc Palhon. Extendam est une société de gestion qui investit pour le compte de tiers dans l’hôtellerie d’affaires. Au 30 juin 2019, Extendam totalise 136 prises de participation depuis sa création en 2012 dans 186 hôtels en Europe continentale. Nous intervenons en France, dans la péninsule ibérique, en Allemagne, au Benelux et en Italie. Au cours des six derniers mois, nous avons initié douze nouveaux investissements et avons franchi la barre des deux milliards d’euros de valeurs d’actifs en portefeuille. Extendam investit également de manière opportuniste et minoritaire dans des PME qui ont une activité connexe à l’hôtellerie pour rester au fait des tendances et pouvoir accompagner efficacement les leaders du secteur. Nous détenons actuellement 35 participations.

Quelle est votre stratégie d’investissement ?

Nous nous concentrons sur le segment économique et milieu de gamme car il est particulièrement résilient. Nous aimons reprendre des actifs existants qui sont rentables mais sous-performent le marché et qui nécessitent donc de nouveaux investissements. La valeur d’entreprise de nos hôtels varie entre 15 et 50 millions d’euros. Dans ces dossiers, nous accompagnons de grandes familles hôtelières en co-investissant à leurs côtés. Nous travaillons à l’heure actuelle avec 45 partenaires. Ces derniers figurent parmi les franchisés les plus importants des grands groupes hôteliers mondiaux et nous amènent un deal flow qui échappe au radar des grands investisseurs immobiliers. En règle générale, nous apportons deux tiers des fonds nécessaires à la réalisation de l’opération. Nos capitaux sont levés auprès des gestionnaires privés, des gestionnaires de fortune, de family offices et de plus en plus auprès d’acteurs institutionnels. Nous collectons entre 100 et 200 millions d’euros par an. Nous avons recours à un effet de levier de la dette compris entre 30 et 50 % en moyenne dans chaque opération.

Concernant la géographie, nous ne raisonnons pas en termes de territoires mais d’emplacements pour nos investissements. Nous nous concentrons sur des adresses sûres et stratégiques pour accueillir des flux de clients professionnels. Nous regardons ainsi les centres-villes des grandes agglomérations, des zones d’activités fortes et des bâtiments à proximité d’aéroports ou de gares. Nous pouvons aussi bien acquérir un hôtel situé sur la Promenade des Anglais à Nice qu’un établissement référent sur une zone d’activité économiquement intéressante plus distante du cœur de ville. Et nous déclinons cette approche dans tous les pays où nous intervenons. Autre point important, nous choisissons avec attention l’enseigne qui va opérer chaque nouvel établissement pour être en totale adéquation avec la demande. Dans la même logique, nous apportons beaucoup de modernité dans nos établissements et mettons l’accent sur les critères RSE afin de proposer une expérience optimisée au client et lui donner envie de revenir. Au final, nous allons chercher une moyenne de 12 % de TRI brut par opération.

Quelles sont vos ambitions ?

D’ici quatre ans, nous devrions compter entre 250 et 300 hôtels en portefeuille avec un maillage européen élargi. Nous avons des projets à l’étude au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède, en Autriche, en Pologne… La valeur de nos actifs sous gestion devrait également doubler car nous prendrons positions sur des dossiers de taille plus importante. La collecte accompagnera cette ambition de manière équilibrée entre la gestion privée et la partie institutionnelle.

Propos recueillis par François Perrigault (@fperrigault)

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