J. Guénot (Axa XL) : "Nous avons un devoir d’innovation dans un monde où les risques évoluent"

Née de l’acquisition par Axa du groupe XL, Axa XL occupe une place de leader mondial sur le marché de l’assurance dommages des entreprises. Julien Guénot, directeur pour la France de la nouvelle entité, dévoile pour Décideurs ses ambitions et décrypte les nouveaux risques auxquels sont confrontés les sociétés.

© Franck Dunouau 336

Née de l’acquisition par Axa du groupe XL, Axa XL occupe une place de leader mondial sur le marché de l’assurance dommages des entreprises. Julien Guénot, directeur pour la France de la nouvelle entité, dévoile pour Décideurs ses ambitions et décrypte les nouveaux risques auxquels sont confrontés les sociétés.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter Axa XL ?

Julien Guénot. Axa XL est née du rachat du groupe XL, spécialiste de l’assurance-dommages, par Axa en 2018. Cette nouvelle division fait désormais partie des piliers du groupe Axa qui était davantage orienté sur l’assurance-vie avant de prendre un virage stratégique sur le métier du IARD. La France est le troisième plus pays le plus important pour Axa XL, derrière les marchés américain et britannique, et regroupe plus de 900 collaborateurs.

Selon vous, pour quelles raisons avez-vous été choisi pour prendre la tête d’Axa XL France ?

J’ai commencé ma carrière au sein d’Axa Corporate Solutions comme souscripteur de grands comptes, il y a 17 ans. J’ai ensuite été envoyé par le groupe à Singapour pour ouvrir un bureau en Asie afin de créer toute l’expansion de l’Asie pacifique. J’ai ensuite passé près de sept ans en Italie où j’étais directeur général pour l’Europe du Sud, et particulièrement en charge du marché italien. Je pense avoir été retenu au poste de directeur pour la France grâce à l’ouverture culturelle que j’ai acquise au cours de mes expériences à l’étranger. Par exemple, lorsqu’on est chargé de l’Asie pacifique, on ne gère pas un pays, mais une région tout entière composée d’États ayant chacun leurs particularités. C’est très marquant d’un point de vue technique et commercial.

Qu’est-ce qui vous anime ?

Ce qui est passionnant lorsqu’on travaille dans l’assurance des grands risques c’est qu’on entre dans le cœur des activités des entreprises ainsi que dans leur vision stratégique. Nous les aidons à gérer des situations tendues, telles que des crises médiatiques par exemple. Nous ne travaillons pas que sur l’impact financier mais également sur des dimensions sociétales, sur des dimensions de valeur.

Quelles sont vos ambitions à moyen terme en matière de positionnement ?

Il faut distinguer trois niveaux. Le premier concerne la vision stratégique globale du groupe qui vient de faire une acquisition significative et de former Axa XL, afin de créer de la valeur sur le long terme. Ensuite, en ce qui concerne la France, nous avons un positionnement fort depuis de nombreuses années et Axa XL est l’un des leaders du marché. Nous sommes identifiés comme un partenaire qui, le jour où se produit un incident, sera capable de gérer une situation de crise. Notre ambition est de pérenniser notre offre de manière à rétablir des équilibres économiques et techniques.

« Le rapport aux valeurs d’entreprise a une place très importante dans toutes nos démarches »

Enfin, nous regardons vers l’avenir. Nous avons un devoir d’innovation : les risques évoluent et nous devons apporter de nouvelles solutions, en amenant de nouvelles manières d’évaluer les risques, ou bien encore en tirant profit des nouvelles technologies.

Comment appréhendez-vous le risque cyber ?

Le cyber est un sujet très intéressant qui est arrivé sur le devant de la scène il y a maintenant quelques années. Désormais, tout le monde est sur ce créneau, Axa XL le premier. Les risques de demain ne seront pas forcément ceux d’hier et ceux d’hier ont tendance à évoluer. En Europe, on commence à matérialiser des sinistres cyber : ceux qu’on a imaginés et écrits dans nos contrats déclenchent aujourd’hui des garanties, ce qui pose deux problématiques. La première concerne notre capacité à indemniser. Comment évaluer la perte financière pour une entreprise lorsqu’une boîte mails a été piratée ? Cela est moins facilement quantifiable que lorsqu’une machine ne fonctionne plus. Néanmoins, ces événements cyber se matérialisent désormais, ce qui permet aux souscripteurs d’adapter leur vision sur le sujet.

« Les risques de demain ne seront pas forcément ceux d’hier  »

La seconde problématique se rapporte aux risques systémiques, tels qu’avec les rançongiciels Petya ou Wannacry, qui ont permis de matérialiser la capacité de réaction en chaîne. Les grands risques ne sont plus ultra-localisés, à la différence des catastrophes naturelles, par exemple. Ils peuvent frapper rapidement de nombreuses régions du monde en même temps. Nous travaillons beaucoup sur ces sujets chez Axa XL.

Et quid des risques géopolitiques et réglementaires ?

De nombreux événements sur le plan mondial nous poussent à nous intéresser de près à ces sujets. Les risques géopolitiques et réglementaires peuvent avoir des conséquences importantes, ce qui n’est pas simple pour nous car nous ne pouvons ni les contrôler ni les réduire. En revanche, notre rôle en tant qu’assureur est d’accompagner nos clients lorsqu’un évènement ou une décision politique quelque part dans le monde impacte leur activité.

Quelle est la place de la RSE dans votre gouvernance ?

Le rapport aux valeurs d’entreprise a une place très importante dans toutes nos démarches et le groupe est très engagé sur la RSE. Je pense notamment aux valeurs environnementales. Nous cherchons des partenaires-fournisseurs qui partagent les mêmes valeurs que nous, d’autant plus que maintenant, dans un appel d’offres sur deux, il y a une case « RSE ». La remplir n’est pas une obligation, mais cela rapporte des points supplémentaires.

Propos reccueillis par Margaux Savarit-Cornali

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