J. Francine (WeMaintain) : "Notre nouvelle offre IoT répond aux besoins actuels des propriétaires"

WeMaintain vient d'annoncer le déploiement d’un boîtier intelligent dans son parc d’ascenseurs. La pépite française de la PropTech souhaite équiper 50 % de ses clients d’ici 2021. Jade Francine, cofondatrice et COO, présente les spécificités de cette offre et fait le point sur la stratégie de développement de la start-up.
Jade Francine (©D.R.)

WeMaintain vient d'annoncer le déploiement d’un boîtier intelligent dans son parc d’ascenseurs. La pépite française de la PropTech souhaite équiper 50 % de ses clients d’ici 2021. Jade Francine, cofondatrice et COO, présente les spécificités de cette offre et fait le point sur la stratégie de développement de la start-up.

Décideurs. Près de 3 ans après le lancement officiel de WeMaintain, quel premier bilan tirez-vous ?

Jade Francine. Nous avons répondu à un réel besoin dans le monde immobilier, aussi bien dans le tertiaire qu’au niveau des copropriétés. Nous avons rapidement délivré notre proposition de valeur. En règle générale, nous commençons par être testé sur quelques actifs puis les propriétaires nous confient une part de plus en plus importante de leur parc immobilier. Nous sommes désormais systématiquement sollicités pour répondre à des appels d’offres. Notre business model a aussi fait ses preuves du côté des techniciens car nous attirons des profils experts. Dernier point révélateur, le taux de turn-over est proche de zéro chez WeMaintain, ce qui est extrêmement rare dans l’univers des start-ups et montre l’adhésion de nos équipes à la stratégie de l’entreprise.   

Quels ont été les principaux temps forts de cette aventure jusqu’à maintenant ?

Tout a commencé avec notre levée de fonds initiale d’1,8 M€ en février 2018. Vient ensuite la gestion de notre premier immeuble tertiaire d’envergure : le siège social d’AG2R La Mondiale. Le groupe a fait savoir au marché que notre proposition de valeur était au rendez-vous et cela nous a grandement aidé dans notre développement. Nous avons réalisé un deuxième tour de table de 7 M€ auprès de nos investisseurs historiques et d’Idinvest Partners et Raise Ventures en avril 2019, ce qui a envoyé un signal positif supplémentaire à nos équipes et à nos clients. Puis nous avons remporté en fin d’année la maintenance des ascenseurs d’Ile-de-France de tout le portefeuille d‘Allianz Real Estate géré par BNP Paribas Real Estate Property Management en fin d’année dernière. En parallèle, nous avons déménagé au 12 rue Vivienne à Paris 2e. Ces nouveaux bureaux reflètent bien notre ADN, renforcent encore un peu plus la confiance des clients dans WeMaintain et nous permettent de faire grandir l'équipe.

Que représente la start-up aujourd’hui ?

Nous avons levé 8,8 M€ depuis notre lancement et comptons aujourd’hui 51 collaborateurs. Nous avons un peu plus de 350 immeubles sous gestion, dont 70 % en tertiaire, qui nous ont été confiés par 120 clients. Et nous comptons une vingtaine de techniciens opérationnels.

Comment avez-vous traversé le confinement ?

Benoît Dupont (CEO de WeMaintain) et moi-même ayant travaillé en Asie au cours de notre carrière, nous avons rapidement compris que le virus allait se propager et nous nous sommes préparés à son arrivée en France. Nous avons ainsi généralisé le télétravail dès fin février. Du côté des services rendus par WeMaintain, nous avons réussi à réduire le taux de panne des ascenseurs dans les nouveaux immeubles qui nous ont été confiés. Nos techniciens ont appliqué les gestes barrière et nous avions constitué un stock suffisant de pièces détachées pour passer la période du confinement. Au niveau du volet commercial, nous avons poursuivi notre croissance et avons ainsi pu garder nos vendeurs en activité sans avoir recours au chômage partiel. Nous avons par ailleurs accompagné nos clients dans la préparation du déconfinement, notamment avec la mise en place de la signalétique nécessaire pour organiser les flux de personnes dans les ascenseurs. Enfin, le confinement a été l’occasion pour nous de nous interroger sur certains aspects de notre activité et d’avoir des échanges de fonds avec nos partenaires. Suite à cette phase de réflexion, nous avons décidé de déployer notre offre IoT.

Dans cette logique, vous venez d’annoncer le déploiement d’un boitier intelligent dans votre parc d’ascenseurs. En quoi ce nouveau service marque une étape supplémentaire dans votre développement ?

Dans le monde technique des ascenseurs, 75 % de la valeur est créée par le technicien et seulement 25 % peut-être automatisée grâce à la technologie. Au bout de deux ans d’existence, notre modèle a fait ses preuves et nous avons donc décidé d’ajouter la brique technologique à notre prestation. Nous avions déjà installé quelques boîtiers ces derniers mois mais nous voulions améliorer encore le produit avant de passer à son déploiement à grande échelle. Nos équipes dédiées à l’Iot et aux datas ont travaillé pendant dix-huit mois sur le projet. Nous lançons notre nouvelle offre à la sortie du confinement car elle répond aux besoins actuels des propriétaires. En effet, le boîtier sert à détecter en amont les anomalies et à introduire de la maintenance prédictive mais aussi à faciliter la prise de décision financière, notamment pour les travaux, et à approfondir la connaissance du parcours et suivi de l’expérience usagers. Concrètement, l’analyse des flux liés à la cabine permet aux propriétaires et gestionnaires d’optimiser et d’affiner leur compréhension de la consommation d'espace.  

Quelles sont vos ambitions pour les mois et années à venir ?  

Nous allons continuer à développer notre offre de services liée à l’IoT. Et nous ambitionnons de nous déployer à l’international. Cette stratégie a été décalée à cause du confinement mais elle reste d’actualité car plusieurs de nos clients détenant des immeubles dans d’autres pays nous ont demandé de les accompagner hors de France. Notre offre est facilement transposable car les besoins des clients sont les même partout dans l’univers des ascenseurs.

Propos recueillis par François Perrigault (@fperrigault)

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