J.-F. Bouillé : "Le changement de statut de la MAIF induira plusieurs sujets pour la direction immobilière"

La MAIF a choisi de s’engager sur la voie de l’entreprise à mission comme le propose désormais la loi PACTE. Jean-François Bouillé, directeur immobilier et moyens généraux du groupe, nous détaille les conséquences de cette transformation sur les activités dont il a la responsabilité.
Jean-François Bouillé (©D.R.)

La MAIF a choisi de s’engager sur la voie de l’entreprise à mission comme le propose désormais la loi PACTE. Jean-François Bouillé, directeur immobilier et moyens généraux du groupe, nous détaille les conséquences de cette transformation sur les activités dont il a la responsabilité.

Décideurs. Pourquoi la MAIF a-t-elle décidé de devenir une entreprise à missions ?

Jean-François Bouillé. L’impulsion a été donnée par notre président Dominique Mahé et notre directeur général Pascal Demurger. La MAIF porte depuis son origine des valeurs d’entraide, de mutuelle et de soutien aux parties prenantes. Nos dirigeants ont souhaité amplifier cette approche et entrer dans une démarche de preuves et d’engagements. Ces derniers sont partagés avec la société, ce qui rend le mouvement irréversible. De plus, des parties prenantes internes et externes vont nous évaluer. Une fois le changement de statut entériné par notre assemblée générale au printemps prochain, nous agirons encore plus en faveur de l’environnement et de la société pour contribuer à la performance de la MAIF. Ces trois piliers sont indissociables.

Quel sera l’impact de ce changement de statut pour la direction immobilière de la MAIF ? 

Tous les services de l’entreprise seront impactés. Au niveau de la direction immobilière et des services généraux, porter une attention sincère à l’autre et au monde pour aller dans le sens du bien commun induit des sujets patrimoniaux, sur la gestion de l’énergie, sur la qualité de vie au travail, sur notre offre de restauration d’entreprise… En parallèle, nous devrons être encore plus vigilants avec nos parties prenantes externes. Si nous apprenons par exemple qu’un prestataire de la direction immobilière a recours à des pratiques qui ne sont pas en phase avec nos valeurs, nous devrons agir. Le passage à une entreprise à missions nous expose donc davantage.

Comment allez-vous joindre les actes à l'esprit ? 

Quand la raison d’être « Convaincus que seule une attention sincère portée à l’autre et au monde permet de garantir un réel mieux commun, nous la plaçons au cœur de chacun de nos engagements et de chacune de nos actions » a été énoncée, les collaborateurs ont été très émus car ce sont les valeurs qui nous animent au quotidien. De nombreuses actions ont donc déjà été déployées en ce sens. Nous avons par exemple réalisé un travail extraordinaire au niveau de notre offre de restauration d’entreprise il y a quelques années en mettant l’accent sur les circuits courts, les aliments biologiques… Nous avons décidé en de candidater à la garantie « Mon Restau Responsable » créée par la Fondation Nicolas Hulot et le réseau Restau’Co. Nous l’avons obtenue en novembre dernier lors d’une cérémonie à laquelle participaient également l’hôpital de Niort, les collectivités, des écoles… Par notre dynamisme et notre volonté, nous avons lancé une mobilisation massive du territoire des Deux-Sèvres et de ses acteurs en faveur d’une alimentation plus durable. La certification de nos bâtiments constitue un autre sujet intéressant. Nous avons déjà engagé cette démarche depuis plusieurs années. Mais, avec le statut d’entreprise à missions, nous passerons de l’intention à la conviction.

Propos recueillis par François Perrigault (@fperrigault)

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retrouvez l'intégralité du dossier Les raisons d'être des acteurs immobiliers

Promulguée en mai 2019, la loi PACTE s’est notamment donnée pour objectif de penser autrement la place des compagnies dans la société à travers les notions de raison d’être et d’entreprise à mission. Plusieurs acteurs immobiliers n’ont pas tardé à se saisir de ces nouveaux concepts. Tour d’horizon des précurseurs du secteur.
Sommaire F. Bonnifet (C3D) : "Toutes les entreprises se saisiront des concepts de raison d’être et de société à mission dans les années à O. Wigniolle : "La raison d’être sera un fort moteur de développement et de performance économique pour Icade dans les dix ans à Y. Marque : "Notre raison d’être exprime ce que Covivio est déjà et le renforce" M. Oppenheim (Crédit Agricole Immobilier) : "Nous avons construit un projet de groupe autour de trois piliers" B. Lièvre-Thery : "Nous avons réfléchi à notre propre raison d’être pour nous inscrire pleinement dans celle de Société Générale M. Sissoko : "La raison d’être représente la colonne vertébrale de la stratégie de Citallios" A. Mollet (Perl) : "L’entreprise à mission, une troisième voie entre business classique et ESS"
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