Hugo Sallé de Chou (Pumpkin) : « Notre communauté double tous les six mois »

En juillet 2017, Pumpkin, plate-forme de remboursement instantané, s’est faite racheter par le Crédit Mutuel Arkea. Objectif : amener cette fintech au statut de néo-banque. Hugo Sallé de Chou, un des fondateurs revient sur la stratégie adoptée pour y arriver.
Hugo Sallé de Chou, Constantin Wolfrom et Victor Lennel - fondateurs de Pumpkin

En juillet 2017, Pumpkin, plate-forme de remboursement instantané, s’est faite racheter par le Crédit Mutuel Arkea. Objectif : amener cette fintech au statut de néo-banque. Hugo Sallé de Chou, un des fondateurs revient sur la stratégie adoptée pour y arriver.

Vous venez d’être racheté par le Crédit Mutuel Arkea (CMA). Comment s’est déroulé ce rapprochement ?

Pour être très clair, à cette période-là, c’est-à-dire en avril 2017, nous commencions notre troisième road show. Avec pour objectif de lever cinq millions d’euros. Plusieurs start-ups comme kisskissbankbank ou Compte nickel se sont fait racheter par des acteurs historiques. Ce n’est pas un hasard, il y a eu un effet de maturité du marché. Plusieurs entités sont venues nous voir. De manière générale, nous avons toujours eu des relations étroites avec le secteur bancaire, nous avons rencontrés plusieurs comex de banques, mais nos relations avec Arkéa ont commencé différemment. Ils sont très présents donc on les connaissait depuis longtemps. Nos rapports plus proches ont commencé au moment du deuxième road show en 2016. En 2017, plusieurs banques nous faisaient des « appels du pied » assez forts, c’est vrai que nous étions vraiment dans une logique de levée de fonds et Arkéa étaient les seuls à comprendre notre vision. Pour nous, continuer le peer to peer était primordiale. Notre croissance est forte : la communauté double tous les mois. Nous avons dépassé les 300 000 utilisateurs. En plus, Arkéa était un acteur prêt à investir plus que ce qu’on aurait imaginé au premier abord.

Quelles sont désormais vos marges de manœuvre en termes de stratégie ?

Totales. CMA a pour objectif de nous laisser autonome et indépendant dans notre gestion de l’entreprise, tout en leur partageant nos plans d’actions et stratégie à moyen et long terme. Nous leur avons présenté un projet et c’est ça qu’ils ont acheté.

Quelle est votre stratégie afin de vous imposer comme néo-banque ?

Néo-banque, ça n’est qu’un terme. L’objectif est d’étoffer notre offre, d’accompagner nos utilisateurs dans la gestion de leur argent au quotidien et en communauté : une famille, un couple, une collocation, des amis par exemple. Répondre et apporter une nouvelle proposition de valeur sur des usages. D’ailleurs, notre cœur de cible évolue en même temps que Pumpkin puisque la moyenne d’âge à augmenter de trois ans en trois ans.

Le modèle économique arrive dans un second temps pour nous, la priorité c’est la croissance.

Pour quand visez-vous la rentabilité ?

Le modèle économique arrive dans un second temps pour nous, la priorité c’est la croissance. On reste en BtoC et le modèle se développera naturellement en même temps que l’offre. Nous ne mettons pas la charrue avant les bœufs et ne pensons pas à la rentabilité ou au modèle économique qui encore une fois viendra naturellement, même si nous sommes en train de tester des business model innovants.

Pensez-vous qu’une fintech puisse grandir sans se faire racheter par une banque ?

Je pense oui, mais il faut être réaliste, peu de fintechs remplissent les critères nécessaires. Les prises de participations majoritaires restent souvent le meilleur moyen pour les fintech de croitre rapidement et avec ambition.

Propos recueillis par Vincent Paes et Morgane Al Mardini

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retrouvez l'intégralité du dossier Les fintechs à l'assaut des banques

Pumpkin, rachetée par Crédit mutuel Arkéa, Compte Nickel par BNP Paribas ou encore KissKissBankBank & Co par la Banque postale. 2017 aura été marquée par une vague de rapprochement sans précédent entre fintechs et banques. Qui sort vraiment gagnant de ces opérations ? Analyse et entretiens.
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