Hervé Henry (Siléane) : « S’entourer pour concrétiser l’acquisition la plus pertinente possible »

Siléane est une entreprise stéphanoise spécialisée dans la robotique, la vision et l’intelligence artificielle avec la création de machines adaptatives et de gestuelle 3D. Innovante, l’entreprise dirigée par Hervé Henry investit chaque année près de 15 % de son chiffre d’affaires en R&D.
Hervé Henry

Siléane est une entreprise stéphanoise spécialisée dans la robotique, la vision et l’intelligence artificielle avec la création de machines adaptatives et de gestuelle 3D. Innovante, l’entreprise dirigée par Hervé Henry investit chaque année près de 15 % de son chiffre d’affaires en R&D.

Décideurs. En 2018, vous avez réalisé un chiffre d’affaires de 12 M€. Votre ambition est de franchir la barre des 30 M€ d’ici 2025. Quelle est votre stratégie pour y parvenir ?

Hervé Henry. Nous avons aujourd’hui une gamme de produits mature qui s’adresse à de multiples acteurs industriels, aussi bien dans le secteur de l’agroalimentaire, de la cosmétique, de l’automobile, de l’environnement ou encore du nucléaire. Notre principal objectif est de mieux vendre nos produits à l’international. Siléane reçoit déjà de nombreuses demandes venant de l’étranger, en particulier de pays frontaliers tels que l’Allemagne ou la Suisse, bien qu’il soit par nature, très compliqué de se développer en Allemagne ou en Suisse. En effet, il n’est pas dans leur culture d’importer leurs outils industriels. Cela nous a permis de nous éduquer à une clientèle exigeante. Nous travaillons également avec des clients au Japon et aux Etats-Unis.

« Des discussions avec des partenaires à l’étranger qui seraient des relais de croissance »

Votre plan de développement passe donc par une hausse de vos exportations, avec un objectif de 50 % de votre activité à l’international à l’horizon 2025, contre 20 % actuellement. Comment comptez-vous vous y prendre ?

Nous avons entamé des discussions avec des partenaires à l’étranger qui seraient des relais de croissance. Comme nous livrons des équipements qui répondent à une augmentation de la productivité, nous ciblons aujourd’hui des pays fortement industrialisés en Europe ainsi qu’au Japon et aux Etats-Unis. Notre développement à l’international est en voie d’accélération.

Pourquoi avoir créé Newcob, une filiale dédiée à la prestation de service ?

Le marché de la robotique se démocratise. Nous avons donc créé Newcob dans le but d’accompagner nos clients dans leur montée en puissance. Nous pouvons intervenir ponctuellement par des prestations ou de façon pérenne par la formation.

« Notre marché est en forte mutation »

La croissance externe peut-elle être une solution pour partir à la conquête de nouveaux marchés ?

Notre marché est en forte mutation. Nous pourrions effectivement nous appuyer sur des opérations de croissance externe pour atteindre nos objectifs. Cela passerait par des acquisitions pures et simples ou des partenariats. Pour être tout à fait transparent, toutes les hypothèses sont ouvertes.

Comment financeriez-vous cette éventuelle acquisition ?

Là aussi, toutes les solutions sont sur la table. Par fonds propres, par un emprunt bancaire ou l’arrivée de nouveaux actionnaires, industriels ou fonds d’investissement, aucun moyen n’est écarté.

Quels sont les profils des entreprises ciblées ?

Nous nous focalisons sur des entreprises plus petites, capables de nous apporter de nouvelles compétences techniques ou une présence sur des zones géographiques que l’on ne couvre pas actuellement. Nous sommes en train de nous entourer pour concrétiser l’opération la plus pertinente possible.

« La matière humaine est la plus complexe qui soit »

Pourriez-vous revenir sur votre partenariat avec le laboratoire de l’Ecole Centre de Lyon (Liris) ?

Depuis deux ans, Siléane dispose d’un laboratoire commun avec celui de l’École Centrale de Lyon autour des technologies et des nouvelles intelligences artificielles. Cela bonifie nos équipes en termes de compétences. Notre logique est de travailler du terrain à la science et de la science au terrain, en boucle fermée. Autrement dit, nous souhaitons faire collaborer les personnes de terrain et les scientifiques. Le but est que chacun puisse se parler et s'enrichir mutuellement.

Une entreprise de croissance comme la vôtre connait-elle des difficultés à recruter ?

La matière humaine est la plus complexe qui soit. Être situé à Saint-Etienne présente à mon sens de multiples avantages. Même s’il est plus difficile d’y faire venir les collaborateurs, une fois dans l’entreprise ces derniers sont souvent plus fidèles. Nous sommes en recrutement permanent. Siléane compte 96 salariés et une dizaine de postes sont ouverts au recrutement.

Propos recueillis par Aurélien Florin

 

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