Promue directrice juridique d’Axa en 2016, Helen Browne s’est entourée d’une équipe d’experts internationaux tournés vers le transactionnel, le regulatory et l’innovation. Cette Irlandaise amoureuse de Paris retrace son parcours chez Axa.

Décideurs juridiques. Vous avez pris la tête de la direction juridique du groupe à la suite du renouvellement de direction en septembre 2016. Pouvez-vous rappeler le contexte?

Helen Browne. Le changement de direction générale d’Axa entraînait nécessairement la restructuration de la direction juridique puisque celui qui était à sa tête a été promu secrétaire général. Nous étions à l’époque peu nombreux dans la confidence. Nous avons travaillé sur la restructuration du groupe tout entier et anticipé ses conséquences juridiques. Depuis, notre activité s’est particulièrement développée (innovation, investissements...) et l’effectif a grandi de 30 % environ. Aujourd’hui, l’équipe M&A est impliquée sur des projets à hauteur d’environ un milliard d’euros par an, dont 200 millions dédiés aux projets innovants.

Comment s’est traduite cette restructuration pour l’équipe juridique ?

Nous avons fait évoluer notre façon de travailler : l’open space, les liens hiérarchiques moins formels ne sont pas forcément nécessaires pour que les juristes soient compétents et efficaces. Grâce à nos stages de deux mois, les experts des directions juridiques internationales du Groupe peuvent échanger leurs bonnes pratiques et développer leurs compétences Axa. Surtout, j’insiste sur la diversité au sein de notre équipe, notamment un grand nombre de nationalités, un large panel de compétences. Il n’y a que comme cela qu’on peut être performant.

« Un grand nombre de nationalités, un large panel de compétences. Il n’y a que comme cela qu’on peut être performant »

Vous vous êtes particulièrement illustrée lors de l’acquisition d’XL aux États-Unis. Comment avez-vous vécu ce deal ?

Notre cible était une société cotée. Cela induit surtout l’implication de la direction juridique dans la négociation. Nous avons su être rapides et ainsi dépasser plusieurs de nos concurrents sur le rachat. Je suis convaincue que nous étions d’une efficacité redoutable parce que toutes les équipes (Finance, Fiscale, Communication) se connaissent très bien et se font mutuellement confiance. Et à ceux qui disent que nous avons acheté cette compagnie américaine trop cher, nous répondons simplement que nous sommes heureux de l’avoir remportée dans une négociation très serrée et que personne ne peut se prononcer sur le prix avant d’en tirer un bilan dans plusieurs années. L’important est que notre stratégie soit très claire.

Quelles sont vos priorités pour l’année à venir ?

Nous travaillons aujourd’hui à la bonne intégration d’XL, nous finalisons la vente d’Axa Life Europe réalisée cet été pour un milliard d’euros et préparons quelques projets très intéressants en lien avec l’innovation. Nous avons d’ailleurs deux juristes dédiés à ces projets et ils sont particulièrement enthousiasmants !

Ancienne avocate, vous semblez animée par la diversité des projets, des personnes, des idées. Pourquoi avoir choisi une carrière en entreprise ?

Pour sa diversité justement ! Lorsque j’étais avocate (chez Linklaters, ndlr), je travaillais sur des dossiers d’acquisition ou d’introduction en Bourse. Mais j’ai compris que je ne souhaitais pas devenir associée. J’ai fait une pause du droit de deux ans pour réfléchir à ce que je voulais vraiment faire, avant d’être approchée par Axa. Et depuis, j’ai découvert une entreprise dont l’objet est d’aider les individus. Nous travaillons tous à l’amélioration de nos services. Ce que nous faisons a du sens. Par exemple, Axa a décidé de stopper ses investissements dans le charbon et le tabac. Cela me réjouit. Et, mariée à un avocat français, je confirme mon choix et suis certaine de ne vouloir quitter Paris pour rien au monde !


Propos recueillis par Marine Calvo et Pascale D'Amore

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter du Magazine Décideurs, merci de renseigner votre mail

GUIDE ET CLASSEMENTS

> Guide 2024