HEC Paris ambitionne de lever 200 millions d’euros

À travers sa fondation, HEC, la grande école de commerce parisienne a lancé hier sa campagne de levée de fonds 2019-2024 intitulée « Impact Tomorrow ». Lors de la phase silencieuse de ce fundraising, HEC Paris a déjà reçu 70 millions d’euros de promesses de dons.

© Bruno Delessard

À travers sa fondation, HEC, la grande école de commerce parisienne a lancé hier sa campagne de levée de fonds 2019-2024 intitulée « Impact Tomorrow ». Lors de la phase silencieuse de ce fundraising, HEC Paris a déjà reçu 70 millions d’euros de promesses de dons.

Ce fundraising devrait permettre à HEC de lever 200 millions d’euros via sa fondation. Celle qui, selon les mots de Peter Todd, directeur général d’HEC, garantit « la marge d’excellence » de l’école, contribue en effet au financement des grands axes stratégiques de cette grande école depuis sa création en 1972. « Impact Tomorrow », deuxième fundraising de la Fondation HEC, a été dévoilé hier au ministère des Affaires étrangères, qui n’est pas sans rappeler la dimension internationale de l’école où quatre élèves sur dix sont étrangers et où plus de cent nationalités sont représentées. Pour cette nouvelle campagne, la première business school de France a déjà reçu 70 millions d’euros de promesses de dons. Des dons qui proviendront des entreprises et des alumnis, présents en nombre dans les salons du Quai d’Orsay.

La campagne précédente, sur la période 2008-2013, avait permis à HEC de récolter plus de 112 millions d’euros. Ces fonds avaient notamment permis de financer 2 000 bourses sociales. La fondation a aussi œuvré auprès de 3 700 élèves boursiers CROUS de CPGE les encourageant à tenter les plus grandes écoles de commerce. Une approche désintéressée « qui profite à l’ensemble de l’écosystème et qui permet de lever l’autocensure qui existe parfois chez des jeunes ayant des parents aux revenus modeste », rappelle Olivier Sevillia, président de la Fondation HEC. Avec la baisse drastique des subventions publiques, l’école basée à Jouy-en-Josas souhaite aujourd’hui consolider son financement tout en restant en première ligne sur toutes les transformations de la société et les besoin des entreprises.  Olivier Sevillia précise : « Alors que nos ambitions montent en puissance, en corrélation étroite avec les enjeux sociétaux, la question de la pérennité du modèle économique d’HEC se trouve au cœur de cette campagne de levée de fonds.[…] Notre objectif est de mobiliser plus fortement et plus largement les alumni et les entreprises à participer à l’évolution de leur école, à l’instar de ce dont bénéficient les business schools internationales. »

Nouveau modèle d'école 

Ce fundraising, le plus important jamais réalisé par HEC, révèle la nécessité pour les grandes écoles de trouver d’autres modèles de financement. Dans le budget 2019 d’HEC, qui représente près de 155 millions d’euros, seuls 5 millions proviennent des subventions. En 2018, celles versées par la CCI ne constituaient plus que 5 % des sources de revenu de l’école. D’ici trois ans les écoles rattachées Chambres de commerce et d’industrie devront s’autofinancer intégralement. Ainsi, afin de pouvoir rivaliser avec les meilleures business schools mondiales, ce type de campagne est désormais essentiel à leur financement. Dans cette compétition, les professeurs-chercheurs sont des gages d’excellence et HEC souhaite investir massivement. Cette année, la grande école accueille déjà onze nouveaux enseignants. L’un des principaux objectifs est d’obtenir un taux d’encadrement similaire à celui des business schools anglo-saxonnes avec un professeur pour quinze élèves contre un pour trente actuellement à HEC. Jacques Olivier, doyen de la faculté et de la recherche précise : « La différence principale entre les meilleures universités au monde et les autres est l’impact de la connaissance qui y est produite : change-t-elle l’enseignement, les business model, les politiques publiques ou la société ? Les chaires sont un véhicule essentiel pour attirer ou conserver à HEC les enseignants chercheurs qui produisent et transmettent de la connaissance à ce niveau d’impact. » Grâce à cette dernière levée de fonds, HEC souhaite créer 15 chaires supplémentaires.
 

© Jean Marc Biais

Quête de sens

En plus d’avoir des têtes bien pleines sur ses bancs, HEC souhaite former des têtes bien faites. Au programme, de nombreuses innovations pédagogiques avec pour objectif de former une génération de dirigeants responsables, capables d’affronter les défis sociaux et de « porter des modèles inclusifs et soutenables au niveau environnemental. » Une chaire « purposeful leadership » a par ailleurs été créée en 2018, faisant de la quête de sens une priorité stratégique que l’ensemble des étudiants basés à Jouy-en-Josas expérimentera. Le campus historique situé à quelques kilomètre de la capitale va aussi faire peau neuve. D’ici 2030, celui-ci sera digital et accueillera un nouveau centre de vie, l’Agora, qui doit contribuer au bien-être des élèves, autre sujet primordial pour Peter Todd. En plus de développer plusieurs pans stratégiques comme l’entrepreneuriat, la transformation digitale et la RSE, cette levée de fonds financera le programme Égalité des chances. La business school met un point d’honneur à ce que tous les avantages de son école soient accessibles à tous les étudiants talentueux. Hélène Bermond, déléguée à l’égalité des chances témoigne : « Ingrédient essentiel du progrès et de l’innovation, valeur fondatrice de notre école, nous continuerons à laisser la place à chaque talent, quelle que soit son origine sociale, géographique ou culturelle. Le nombre d’élèves recevant une bourse sur critères sociaux sur le programme grande école est passé de 5 % à 18 % ces dix dernières années. » HEC ne compte pas en rester là, près la moitié des fonds récoltés par la fondation seront par ailleurs alloués à ces bourses d’excellence.

Sandy Andrianabiby

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